Bruneau, Pierre
Biographie
Né en 1792 à Chaussy (Loiret). Ancien militaire de l’Empire, ayant servi au 25e léger de 1812 à 1815, ayant fait les campagnes de Prusse, de Pologne, blessé d’un coup de sabre à la main droite et d’un coup de lance à l’œil à la prise de Dantzig, appartenant au corps d’armée du général Rapp, fait prisonnier par les Russes, rentré en France au bout d’un an « après des souffrances inouïes » et les pieds gelés en 1814, ayant fait les campagnes de Strasbourg et de Wissembourg, licencié en 1815. Ebéniste en juillet 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 1er mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, à la porte Saint-Martin, a chargé contre les cuirassiers à coups de pierres, à la porte Saint-Denis contre la garde avec un fusil. Le 29, au Louvre, place Saint-Germain-l’Auxerrois, vingt-six coups de fusil, entré au Louvre par la grille en face, embusqué, Tuileries, Palais-Royal. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 mars 1831, à cinq voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (par erreur sous le nom de Brunot, Pierre sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). En 1840, ouvrier facteur de pianos, « sans ouvrage et dans la plus affreuse détresse », n’ayant jamais rien touché en dix ans, il sollicita d’être compris sur les listes de personnes secourues à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet ; il reçut un secours de vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1841 et un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, « presque toujours sans travail, l’ouvrage de [sa] partie étant très difficile à se procure », « dans la misère », il sollicita un secours, ajoutant : « Pour comble d’infortune, un malheureux ouvrier, père de famille, atteint d’une affection de poitrine, s’est vu forcé de suspendre ses travaux et est venu, dans la plus affreuse misère, se réfugier chez moi, dans ma chambre, rue Sainte-Appoline n° 25, où je lui ai donné l’hospitalité, ainsi qu’à sa femme et à son jeune enfant âgé de sept ans, pour lesquels j’ai eu les égards dus au malheur. Mon malheureux camarade est mort dans mon lit, après quatre mois de souffrances cruelles et en pleine connaissance. Cet acte d’humanité, que j’ai été assez heureux de remplir a épuisé mes faibles et dernières ressources, les économies de plusieurs années de travail. » Il reçut un secours de quarante francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844. En 1858, sans ouvrage et sa vue ne lui permettant plus de travailler comme il le voulait, il sollicitait un secours, rappelant qu’il était décoré de Sainte-Hélène et de Juillet. La préfecture de police donnait alors sur son compte les renseignements suivants : « […] Ebéniste, il travaille chez lui ; il fait des réparations de meubles, ce travail lui rapporte deux francs par jour environ, il est souvent sans ouvrage. […] Il est veuf, sans enfant. Il a perdu sa femme il y a six ans. Il l’a gardée très longtemps malade. […] Il dit qu’il n’a jamais rien demandé, qu’il pouvait se suffire par son travail mais que depuis dix-huit mois la vue ne lui permet pas de travailler comme par le passé. Le sieur Bruneau ne paraît pas dans une position aisée. Son travail lui suffit à peine pour vivre, son intérieur est des plus modeste et annonce qu’il n’est pas heureux. Dans la maison et le quartier où habite Bruneau l’on donne de bons renseignements sur sa conduite et sa moralité. On le donne comme un honnête homme. » Il reçut un secours de quarante francs, puis un secours de quarante francs en 1859, et enfin un secours de cinquante francs en 1860. En 1861, ne pouvant plus travailler, il sollicitait un secours. Il demeurait 8, rue de Bretagne en 1831 ; 25, rue Sainte-Appoline en 1840-1843 ; 36, rue du Temple en 1843 ; 20, rue Charlemagne en 1852-1855 ; 56, rue Saint-Sébastien, un petit logement au loyer annuel de cent cinquante francs, en 1855-1858 ; 50, rue des Cendriers à Ménilmontant en 1860-1861. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Brunot, Pierre), idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 1er mars 1831 (sous le nom de Bruno, Pierre) et en date du 19 avril 1831 (sous le nom de Bruno, Pierre), idem (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaires de décorations ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Brunot, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres.