Bruneaux, Louis, François, Marin
Biographie
Né vers 1778 au Havre (Seine-Maritime). Ancien officier de la cohorte urbaine du Havre en 1823. Ancien négociant en 1830. En janvier 1831, il relatait ainsi sa participation aux événements : « Il résidait à Versailles en juillet dernier lorsqu’il eut connaissance que le roi Charles X venait d’abolir la charte. Son indignation fut telle que le 27 juillet à 4 heures du matin il partit pour Paris, afin d’aider à la vengeance du peuple français. Il s’associa de tous ses moyens aux travaux des trois glorieuses journées et eut le bonheur, secondé par un petit nombre de braves qui le suivirent, de s’emparer de la caserne de la Pépinière, qui depuis deux jours vomissait la mort à ceux qui tentaient seulement de s’en approcher et où se trouvait un dépôt considérable de poudre. Il ne quitta Paris qu’après avoir fait acte de souveraineté en s’asseyant un des premiers sur le trône conquis du roi parjure. […] Blessé grièvement à la tête, il avait droit aux récompenses pécuniaires, il en a fait le généreux abandon à ses frères d’arme malheureux. » Il sollicitait la récompense honorifique. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons et certifions que le 29 juillet dernier nous vîmes le sieur Louis, François, Marin Bruneau (sic), à la tête d’une vingtaine de personnes armées, s’élancer dans la caserne de la Pépinière, située rue de ce nom à Paris, où se trouvait un dépôt de poudre considérable ; que peu d’instant après, ce dépôt fut enlevé, tant par lui que par les autres braves qui l’accompagnaient ; qu’il ressortit blessé à la tête, ce qui ne l’empêcha pas de faire opérer la distribution desdites poudres, qui furent placées en face de la caserne et confiées à son zèle par ses compagnons d’arme, poste qu’il garda jusqu’à l’entière distribution des poudres. » Signé à Versailles le 3 janvier 1831 : Deroubaix, demeurant 46, rue de la Paroisse ; Soullié, demeurant 53, rue de la Paroisse. Un autre certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, domiciliés à Versailles et patentés, certifions que le 26 juillet 1830 le sieur Bruneaux, Louis, François, Marin […] nous témoigna l’indignation qu’il venait d’éprouver en lisant les funestes ordonnances, nous disant que la charte était menacée et que son devoir, comme Français et comme ancien officier des gardes nationales du Havre, était de voler à sa défense. En effet, sans tenir aucun compte de nos amicales observations, il partit pour Paris le 27 juillet à 4 heures du matin et ne revint ici que le 30 et après avoir été blessé à la tête à la prise de la Pépinière. Sa blessure était si forte que deux mois après le sang extravasé s’apercevait encore et que sa cicatrice au front en sera toujours apparente. » Signé : Lefevre ; Despart illisible ; Duezin illisible ; Louis, Nicolas. Il joignait aussi un certificat de l’aubergiste qui l’avait accueilli pour la nuit du 29 juillet, à l’auberge 33, point du Jour à Auteuil et un autre de son tailleur versaillais qui lui avait raccommodé sa redingote, abîmée après les combats auxquels il avait participé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Il demeurait 15, rue des Fripiers à Versailles en 1830 ; 52, quai de la Mégisserie en 1831. Archives de Paris VK3 41. Il signe bien Bruneaux.