Bujon

Biographie


Elève de l’Ecole polytechnique. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il adressa, le 21 avril 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Pensant qu’en vous rendant compte de ce que j’avais fait pendant notre révolution, je semblerais solliciter une récompense que j’estime trop pour me flatter de l’avoir méritée, j’avais l’intention de ne pas me rendre à l’invitation que nous avions reçue du comité des récompenses nationales et de m’en tenir à la réponse que j’avais faite, le mois d’octobre dernier à Monsieur le ministre de l’Intérieur : mais la crainte d’être confondu avec les ennemis de notre révolution m’engage à rompre le silence. Sorti de l’Ecole avec tous mes camarades, je fus forcé de rester avec mon camarade Coulaux, au dépôt de la manufacture royale d’armes de Klingenthal, chez mon correspondant, pour distribuer des armes et empêcher des désordres, dont nous avions été plusieurs fois menacés ; je n’ai donc pas pu prendre une part bien active aux grandes opérations qui ont signalé les 28 et le 29 juillet. Arrivé aux Tuileries après leur reddition, j’y conduisis, le 30, des hommes pour renforcer ses postes et ceux du Louvre, qui étaient presque déserts. Je me rendis de là à l’Hôtel de ville, où je reçus du général Lafayette plusieurs missions importantes, entre autres choses je fus chargé d’organiser des ateliers de cartouches, rue Sainte-Avoye ; le 30 au soir, il m’envoya occuper les postes déserts de La Salpêtrière et de la poudrière. Plus tard, je fus chargé de faire enlever les barricades et de prévenir les désordres suscités par le général Dubourg que je conduisis auprès du général Lafayette. Le 4, je fis partie de l’expédition de Rambouillet. Enfin jusqu’au 8 août, je n’ai cessé de tâcher de me rendre utile pour rétablir l’ordre et empêcher le pillage. J’ai toujours montré le plus grand zèle à remplir les nombreuses missions dont j’ai été chargé et je ne suis parti qu’après qu’on a eu engagé le élèves à se retirer. Je regrette, Messieurs, de n’avoir pu mettre sous vos yeux de plus importants services rendus à une aussi belle cause mais les circonstances n’ont pas aidé autant que je l’eusse désiré la bonne volonté que j’avais de servir la cause de notre liberté. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, deux voix pour une mention et quatre voix pour rien. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 210 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants.

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