Burtaire, Pierre, Adolphe

Biographie


Né le 17 frimaire an VIII à Metz (Moselle), fils de Burtaire, Mathieu, instituteur (qui devait décéder le 18 janvier 1812), et de Prottoin, Catherine son épouse (qui devait décéder le 11 novembre 1824). Ancien sergent-major, clerc d’avoué en 1828, devenu typographe en 1830. Il fut grièvement blessé d’un coup de feu, le 28 juillet sur la place de la Grève et son cadavre fut transporté à la morgue. Son corps fut reconnu, le 9 août 1830 par Fristot, Joseph, chapelier, demeurant 85, rue Vieille-du-Temple et par Coullaud, Charles, Robert, rentier, demeurant 23, rue des Marmousets. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il laissait une veuve, Fristot, Eulalie, née le 15 vendémiaire an XIV à Metz (Moselle) (elle-même fille de Fristot, Joseph, né à Metz, chapelier, et de Jacqueray, Marguerite, née à Saint-Loup dans la Haute-Saône et qui devait décéder le 9 décembre 1824 à Metz), couturière, qu’il avait épousée le 26 juillet 1828, légitimant ainsi son enfant Victoire, née le 24 avril 1826 (par erreur le 25 avril 1826 in Archives nationales F/1dIII/38 B et deux fois in Archives nationales F/1dIII/82) à Metz ; Fristot, Eulalie fut pensionnée de cinq cents francs et reçut (sous le nom de veuve Burtaire, née Fristol, Eulalie) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; Victoire fut reconnue comme orpheline de Juillet, pensionnée et reçut (sous le nom de Burtaire, Victoire, Sara) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Burtaire, Nicolas (voir ce nom), chapelier, subrogé-tuteur, demeurant 4, rue du Plâtre-Saint-Jacques en 1831. Par la suite, la mère abandonna l’enfant sur la voie publique à Metz, et le subrogé tuteur, Burtaire, Nicolas, quitta Paris « sans laisser de trace précise de la route qu’il a tenue », selon le bureau de bienfaisance de Paris. Recueillie par le maire de Metz, l’enfant fut d’abord placée à l’hospice Saint-Nicolas. En avril 1833, jusque-là placée dans une commune de l’arrondissement de Metz, l’enfant atteint ses sept ans et la pension n’étant plus versée, plus personne ne voulut se charger de son entretien. Le maire de la ville de Metz fit valoir les droits de l’enfant à recevoir une éducation aux frais du gouvernement et la fit placer dans une maison d’éducation religieuse de Metz jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1834. Le 23 mars 1834, le maire du (ancien) VIIe arrondissement expliquait : « La Commission n’a pas cru convenable de faire venir à Paris cette orpheline. Elle a pensé que son éducation pouvait être faite à Metz de la même manière et plus économiquement que dans la capitale. Et que cette économie serait utilement employée à corriger la difformité des jambes de cette enfant. La conduite peu régulière de la mère a été aussi un motif déterminant pour ne pas en rapprocher la jeune Burtaire. » Les observations diverses du bureau de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet précisaient à son sujet : « La jeune Burtaire, douée d’un physique assez intéressant à la jambe fortement arquée. Le traitement qu’elle devra subir pour corriger autant que possible cette difformité ne lui laissera que bien peu ou point d’économie sur la pension que lui alloue le gouvernement. » En 1835-1836, Victoire était élève dans la pension Sainte-Catherine à Metz. La veuve, vers 1832, menait selon le bureau « une vie au moins douteuse ». Le 18 mars 1848, la veuve sollicita cependant devant la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. « […] Veuve de Juillet, n’ayant pour toutes ressources qu’une modique pension, n’étant point remariée pour cause d’une mauvaise santé et ayant avec moi mon enfant, jeune fille de vingt et un ans quatre mois, dont la constitution est délicate », elle demanda à participer aux dons qui seraient faits. Sa demande fut rejetée par la nouvelle Commission et même, selon une apostille inscrite sur le dossier, placée « au rebut ». En 1850, Victoire Sara Burtaire reçut ses comptes de tutelle de la part de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Elle remercia, en ces termes, le maire : « C’est d’un cœur bien ému que j’ai considéré l’attention et la prévoyance qui furent mises en usage par vous et par messieurs les membres de la Commission municipale pour me préparer un heureux avenir. Je désirerais beaucoup qu’il fût en mon pouvoir de vous le prouver dans toute son étendue. […] Puissé-je, Monsieur, par ma fidélité à suivre mes devoirs et à ne pas m’écarter des bons principes qui me furent inculqués pendant tant d’années, mériter votre bienveillance et celle de ces messieurs qui partagèrent avec vous la même sollicitude paternelle et me rendre digne ainsi d’être toujours considérée comme l’enfant de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et du noble titre qui me fut acquis par mon père en défendant les droits des libertés publiques. » Burtaire demeurait rue Chaplerin à Metz en 1828, 14, rue de Bercy-Saint-Jean en juillet 1830 ; Fristot, Eulalie demeurait 7, rue de l’Arsenal à Metz, quand elle partit à Paris solliciter une pension pour elle et son enfant ; 26, rue de la Tixeranderie (56, rue de la Tixeranderie in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et deux fois in Archives nationales F/1dIII/82) en 1831 ; 52, rue de la Tixeranderie au Cadran-Bleu vers 1832 ; 21 boulevard Beaumarchais près du théâtre en 1848 ; aussi 195, rue Saint-Antoine en 1848 dans son dossier à la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Le nom de Burtaire (A. Burtaire) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 58 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins, auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 22 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 371 n° 4 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) (sous le nom de Burtaire, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; année 1833, VIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 VIIe arrondissement ; année 1839 VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Boucot ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves et p. 4-5 état des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet ; Archives nationales F/15/2557 dont lettre en date du 23 mars 1834 et du 3 mai 1834 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Burtaire, Adolphe), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 375 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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