Buzenot, Claude
Biographie
Né le 1er mars 1813 à Ougney (Jura) de Buzenot, Jacques (lui-même né le 29 juin 1781 [par erreur le 29 mai 1781 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet] à Vitreux (Jura) fils de Buzenot, Pierre et de Jeannot, Françoise son épouse), cultivateur ou marchand, et de Perrin, Anne, Claude, née le 6 février 1782 à Vitreux (Jura) (fille de Perrin, Anatole et de Buzenot, Marie). Compositeur d’imprimerie chez Gaultier-Laguionie, 55, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Il combattait, armé de pierres, quand il fut blessé par les premières charges de mousqueterie, d’un coup de feu qui lui fracassa le genou, dans la rue Saint-Honoré, à côté de la pharmacie de M. Potard, au coin de la petite rue Saint-Louis-Saint-Honoré. Il fut soigné immédiatement par le pharmacien, et par Choquet, limonadier, 3, rue de l’Echelle. Il fut ensuite transporté dans un cabriolet à l’hospice Beaujon. Il y mourut de ses blessures le 3 août suivant. Son patron et le prote de son atelier rendirent hommage à sa conduite et à son travail. Le Courrier français, en date du 15 août 1830, donnait l’information suivante : « Les ouvriers de l’imprimerie de M. Gaultier-Laguionie se sont montrés avec énergie et courage dans les journées des 27, 28 et 29 juillet ; deux ont été tués, les nommés Lepas et Buzenou jeune homme de seize ans. » Sa famille reçut un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 25 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Potard, Jean-François (voir ce nom), pharmacien, demeurant 271, rue Saint-Honoré ; Rouillard, Jean, Raymond, Firmin (voir Rouillard, Firmin), limonadier, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Caron, Alphonse (voir ce nom), armurier, demeurant 24, rue de la Paix. Ils témoignèrent avoir parfaitement connu Buzenot et « savoir qu’il est sorti de son domicile le 28 juillet dernier et qu’il a été atteint d’une balle qui lui a fracassé le genou et ce dans la rue Saint-Honoré et que ledit Buzenot est mort le 3 août suivant ». Plusieurs certificats attestaient les conditions du décès de Buzenot. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné Alphonse Caron, arquebusier, âgé de vingt et un ans, demeurant rue de la Paix, hôtel du Mont-Blanc n° 24, certifie que le nommé Claude Buzenot, âgé de dix-sept ans, compositeur, a été blessé d’une balle au genou, à côté du magasin de M. Potard, pharmacien au coin de la petite rue Saint-Louis-Saint-Honoré. Il lui a été administré les soins les plus touchants par le médecin du quartier ainsi que par M. Potard et le limonadier son voisin. Le soussigné a réuni tous ses efforts pour lui être utile et l’a fait transporter dans un cabriolet à l’hospice Beaujon. Le nommé Buzenot a reçu sa blessure dans les premières décharges de mousqueterie. Il n’était armé, ainsi que les soussignés, que des pierres dont ils s’étaient pourvus pour repousser les misérables qui les fusillaient. » Signé, le 14 août 1830 : Caron, Alphonse (voir ce nom). Le deuxième : « Je certifie avoir donné mes soins et recueilli chez moi le nommé Claude Buzenot, blessé le 28 juillet par la fusillade des Suisses devant ma maison. Le blessé a été conduit ce jour-là-même à l’hospice Beaujon. » Signé, le 14 août 1830 : Potard (voir ce nom), pharmacien, demeurant 10, rue Saint-Louis-Saint-Honoré. Rouillard, Jean, Raymond, Firmin (voir Rouillard, Firmin), limonadier, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré, certifiait « le présent sincère et véritable ». Choquet, marchand de vin 3, rue de l’Echelle, certifiait « avoir donné des soins au jeune homme ci-dessus mentionné ». Ducellier, marchande lingère, 3, rue de l’Echelle, certifiait « avoir donné des soins au jeune homme mentionné dans ledit certificat ». ..., demeurant 240, rue Saint-Honoré en face la rue Saint-Louis, certifiait « avoir vu tomber et blessé au genou le jeune homme mentionné ci-dessus ». Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le jeune Claude Buzenot, né à Ougney, arrondissement de Dôle (Jura), le 26 février 1813, a pris une part glorieuse aux événements qui nous ont rendu la liberté. Blessé le 28 juillet dernier, au coin de la rue Saint-Louis-Saint-Honoré d’une balle au genou, il a été amputé le 1er août suivant à l’hospice Beaujon, où il est décédé par suite de cette opération le 3 de ce mois. Nous certifions en outre que cet excellent jeune homme était l’espérance et déjà le soutien d’une famille honnête et peu aisée, qui avait fait les plus grands sacrifices pour lui faire apprendre l’état de compositeur d’imprimerie, qu’il exerçait chez M. Gaultier-Laguionie, rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 55. Son père occupe en ce moment une petite place de facteur rural de la poste aux lettres du canton d’Orchamps, arrondissement de Dôle, qui ne produit que quatre cents francs environ et qu’il va être forcé d’abandonner comme étant trop fatigante pour son âge et insuffisante pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. M. Buzenot père est d’autant plus digne de la protection du gouvernement qu’il a encore à sa charge une femme sans état, un fils âgé de dix-neuf ans, attaqué d’une maladie néphrétique qui le rend incapable d’aucune espèce de travail, une jeune demoiselle de quatorze ans seulement, enfin deux autres enfants dont les appointements suffisent à peine pour leurs propres besoins. » Signé, le 14 août 1830 : Brossays, demeurant 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Fairmaire, demeurant 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Macé, avocat, demeurant 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Delanne, (peut-être avocat), demeurant 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Clavery, arbitre au tribunal de commerce, demeurant 10, rue Gaillon ; Dallongeville, demeurant 25, quai Bourbon ; D’Artigues, demeurant 27, rue du Faubourg-Poissonnière ; Favreux-Poulard, directeur de l’ancien dépôt des eaux minérales, demeurant 14, rue Jean-Jacques-Rousseau ; Chartrey, demeurant 14, rue Truffaut aux Batignolles ; Santerre, demeurant 3, bd Saint-Martin. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le jeune Buzenot a été employé constamment dans mon imprimerie depuis l’époque où il a commencé l’état de compositeur jusqu’au 28 juillet dernier, époque où il a été blessé mortellement. Sa conduite était irréprochable et il poussait le zèle jusqu’au point de travailler une partie des nuits pour venir au secours de sa famille. » Signé, le 18 août 1830 : Gaulter-Laguionie. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le jeune Buzenot, employé comme compositeur à l’imprimerie de M. Gaultier, dont je suis le prote, s’est constamment bien conduit et qu’il passait très souvent la nuit à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. » Signé : Lainé, A., prote. Ses parents furent pensionnés de deux cents francs et il leur fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Le père avait fourni un certificat médical attestant qu’il souffrait de douleurs rhumatismales qui lui faisaient garder le lit jusqu’à quinze ou vingt jours consécutifs. Le maire d’Augney lui avait délivré un certificat comme quoi il était « peu fortuné, père de six enfants dont l’un âgé de dix-sept ans, qui lui avait coûté bien des peines et des sacrifices pour son éducation et sur lequel il a fondé son espérance pour l’aider à nourrir un autre de ses fils, âgé de vingt ans, atteint d’une maladie néphrétique appelée la danse de Saint-Guy, qui le rend impropre à tout espèce de travail et qui est fort à charge à son père, qui l’avait placé au dépôt de mendicité du Jura, moyennant deux cent quarante francs par an, qu’il espérait pouvoir payer par les secours que lui envoyait son fils […] mais ce malheureux fils a été blessé dangereusement dans les journées glorieuses de Juillet et il est mort à l’hospice de Beaujon à Paris le 3 août suivant après avoir subi l’amputation d’une cuisse dans les plus cruelles douleurs. Après cette perte irréparable il se voit obligé de retirer son fils estropié, faute de pouvoir payer la pension, étant lui-même dans la plus grande nécessité, usé et cassé par l’âge et les infirmités, ayant encore à sa charge une femme sans état et une fille de quatorze ans ». Les parents s’étaient mariés le 19 brumaire an X à Augney. Buzenot demeurait 55, rue de Grenelle-Saint-Honoré (mais 10, rue de Grenelle in Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4), son frère, Marc, 29 même rue ; son père, à Ouguey (Jura) en 1831 ; son frère, Buzenot, Marc, employé, 10, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1831. Le nom de Buzenot (C. Buzenot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon et sur les tables du Panthéon. Le Courrier français, 15 août 1830 ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 22 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.