Buzine, René
Biographie
Né le 19 septembre 1800 à Paris. Commis marchand chez Obry, négociant 10, rue des Deux-Boules. Il relata ainsi, auprès de la Commission des récompenses nationales sa participation aux combats : « Le 28 au matin, sur les 8 ou 9 heures, je fus à la mairie du (ancien) IVe arrondissement, pour y demander des armes. Il y avait déjà quelques personnes qui en faisaient la demande. Je saisis un homme, décoré, qui était sans doute adjoint, il nous jura sur l’honneur qu’il nous en donnerait s’il y en avait mais qu’il n’en connaissait pas. Cependant il montait le grand escalier et nous nous disposions à le suivre quand il nous invita à ne pas monter et qu’il allait nous en livrer. Aussitôt un employé se présenta et l’empêcha de monter, disant que s’il y en avait ce n’était pas en cet endroit. Nous le pressâmes de nous conduire où il y en avait. Il nous conduisit au haut d’un petit escalier, et là il n’en trouva pas. Voyant qu’il nous jouait, je m’emparai de lui et ce ne fut que par la menace et par la force que nous parvînmes à l’intimider. Il y en eut même un de nous, que je connais de vue dans le quartier, qui fut obligé de le menacer avec un pistolet afin qu’il nous fît remonter le grand escalier et nous fît entrer dans le grenier, où nous distribuâmes toutes les armes. Il nous en resta un, sans baguette et tout rouillé, que je donnai à un individu qui m’en priait, parce que je savais que j’en aurai un puisque M. Obry, mon chef de maison, me prêtait son équipement de garde national. Je fus chez lui m’habiller et partis de suite joindre quelques gardes nationaux qui se rassemblaient rue des Mauvaises-Paroles. Nous fûmes à la mairie, où je vis notre capitaine Poirier, MM. Olive, négociant rue des Mauvaises-Paroles n° 15, et Lohier fils, marchand de draps rue Saint-Honoré n° 68, et beaucoup d’autres de connaissance. Nous partîmes au Louvre jusqu’à la place des Victoires. Je fus à la première ligne en tête. Là, je tins à côté de moi un soldat du 5e de ligne et nous fûmes à la place de la Bourse. En nous emparant du poste des Messageries royales, j’y pris un fusil, que je lui remis pour se défendre avec nous. Ce ne fut que dans la rue des Prouvaires, à la rue des Deux-Ecus, que je quittai mon rang pour croiser le fusil sur ceux qui nous quittaient et les faire rentrer dans les rangs ! Enfin, je courus rejoindre ma place. Aussitôt un coup de fusil, parti d’une fenêtre du troisième étage, dont la balle vint frapper près de moi, mit le trouble dans les rangs. Quant, tout à coup, tout le monde fit volte-face pour se sauver. Entraîné par la foule, j’étais obligé d’en faire autant. La rage de nous voir fuir me suggéra une idée. Je me mis à crier La ligne est à nous ! Ce cri fut répété de tous. On se retourna et revint sur ses pas. Aussitôt un feu de peloton de la ligne vint frapper sur nous. Je me mis sur le côté de la rue Saint-Honoré, au coin de celle des Prouvaires, en tirailleur, et vengeai un camarade qui venait de recevoir à côté de moi une balle dans le mollet. J’avais trois cartouches au moment où je rechargeai. Le troisième coup, un fuyard me fit tomber ma dernière cartouche. Je fus alors jusqu’à la rue Bailleul, au coin de la rue de l’Arbre-Sec, en criant après des cartouches. On m’en jeta un paquet d’une fenêtre. J’en donnai à quelques camarades trois ou quatre et fus brûler le reste en tirailleur au bout de la rue de l’Arbre-Sec et au Louvre car, en passant devant, les Suisses m’avaient pointé. Enfin, je revins, sur les 5 heures, en traversant la troupe de ligne, qui était rue de la Monnaie et du Roule. Je fus chercher du vin et leur en distribuai parce qu’ils manifestaient de bonnes intentions. Le lendemain, j’étais harassé ; ayant eu, l’année dernière, les deux jambes passées sous les roues de la diligence de Valenciennes et le bras gauche, cassé, la cassure me fit trop de mal pour pouvoir reprendre le fusil. Cependant je fus à la prise du Louvre, mais sans arme. » Son patron, Obry, certifia les faits qui le concernaient. Poirier, Adolphe, Joseph (voir ce nom) certifia que Buzine avait fait partie de la colonne qu’il avait commandée le 28 juillet et qu’il avait parcouru avec lui divers quartiers « et que rue des Prouvaires il a essuyé le feu du 15e léger ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Busine, René sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il comparut, le 14 février 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu David, Henry et savoir « que ledit sieur David a été tué le 29 juillet 1830 en combattant pour la liberté » (il signe bien Buizine). Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 2e de ligne en Corse ; en 1832, il était sergent fourrier à la 5e compagnie du 3e bataillon du 2e régiment d’infanterie de ligne, en garnison à Lyon (Rhône). Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 5 mars 1832, par procuration de Drouard, demeurant 14, rue du Cherche-Midi. Il demeurait 10, rue des Deux-Boules en 1830 ; 12, rue Boucher (12, rue Boucher par exemple dans sa comparution, le 14 février 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, in Archives nationales F/1dIII/52 in dossier David, Henry ; mais 10, rue Boucher in Archives nationales F/1dIII/33) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires (sous le nom de Buzine, René) ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier David, Henry.