Camescase, Victor

Biographie


Né le 27 décembre 1804 à Landernau (Finistère). Employé. A la fin de la journée du 28 juillet, il fit avec Pierre Guérinot établir des barricades dans les rues du Faubourg-Poissonnière, Richer et des Petites-Ecuries. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. On trouve une trace de sa participation aux combats de Juillet dans le certificat suivant signé, le 16 septembre 1830, en faveur de Guérinot, Pierre : « Nous, soussignés, employés de la liste civile, certifions qu’il est à notre parfaite connaissance que M. Pierre Guérinot, employé au ministère des Finances, demeurant aux Batignolles, rue Lemercier n° 3, s’est battu pendant toute la journée du 28 juillet sur le boulevard Bonne-Nouvelle et dans la rue Hauteville contre l’ex-garde royale ; qu’à la fin de la journée il a établi conjointement avec M. Camescasse des barricades dans les rues Faubourg-Poissonnière, Richer, des Petites-Ecuries et qu’enfin il a fait partie du poste qui s’est établi aux Menus-Plaisirs, où il a concouru à maintenir l’ordre et la conservation des propriétés pendant la nuit du 28 au 29. » Il signa lui-même, le 5 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Guérinot, Pierre : « Les soussignés, habitants des Batignolles-Monceau, certifient que M. Pierre Guérinot, employé à l’administration générale des contributions indirectes, fut un de ceux qui s’armèrent le 29 juillet 1830 pour rétablir le bon ordre et préserver les propriétés du pillage. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le seul nom de Camescaze), auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut témoin au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police, contre les journaux la Tribune et le National qui accusaient la police d’avoir embrigadé des ouvriers pour attaquer les manifestants le 14 juillet 1831. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Camescase fit la déposition suivante : « J’étais au café Gibé avec plusieurs jeunes gens qui, voyant passer un régiment, crièrent Vive la ligne ! beaucoup d’ouvriers étaient là, et, précédés de plusieurs sergents de ville, se précipitèrent sur les jeunes gens. J’avais un chapeau gris, et je fus menacé. On nous dit que si nous étions républicains nous serions assommés ; que si nous étions Français, nous n’avions qu’à boire un verre de vin. Nous demandâmes à ces hommes qui les avait décidés à accepter la mission d’assommer des gens inoffensifs ; ils nous dirent qu’ils avaient promesse de trois francs, et qu’on les avait fait boire et manger à discrétion chez Souchet. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Il ne retira sa croix que le 19 avril 1848, se dispensant ainsi du serment de fidélité à Louis-Philippe. Il était alors indiqué comme inspecteur dans une compagnie d’assurances. Il demeurait aux Batignolles-Monceau en 1830-1831 ; 67, rue des Martyrs en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (bien sous le nom de Camescase, Victor) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 (bien sous le nom de Camescase, Victor) ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet (il signe le registre de son nom de Camescasse) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis (bien sous le nom de Camescase, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis (bien sous le nom de Camescase, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guérinot, Pierre ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.

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