Canonville, Charles, Denis
Biographie
Né le 30 août 1810 à Paris. Garçon boucher. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il s’enrôla volontairement le 25 février 1831 au 2e régiment des hussards, passa en Afrique au 2e régiment de chasseurs à cheval, par décision ministérielle du 26 janvier 1832, fut chasseur de 1re classe le 16 septembre 1833, avant d’être affecté comme commis boucher au bataillon d’ouvriers d’administration, le 1er octobre 1835. Il reçut son congé définitif le 6 mars 1838. Ses états militaires firent état de deux propositions de médailles, l’une pour « s’être transporté à la nage à bord d’un bâtiment qui faisait naufrage, au-dessus de la batterie turque, l’exposant étant à bord, a débarrassé de tout ce qui était le plus précieux pour être transporté à terre. Le capitaine et le second, qu’il a trouvés seuls de tout l’équipage, ont été sauvés par lui », et l’autre « pour avoir sauvé deux malades transportés par un mulet, qui s’est abattu dans la rivière ». De retour à Paris en 1838, il sollicita des secours, au moins autant pour ses parents, qu’il retrouvait dans une situation commerciale difficile, que pour lui-même. Les renseignements pris sur lui par la préfecture de police rapportèrent les faits suivants : « On ne lui connaît aucune fortune. Sa conduite est régulière. » Il reçut, en 1839, un secours de trente francs. Il fut assassiné par les Arabes sur le marché de l’Arbale près de Milianha dans la province d’Oran, le 23 avril 1845. Il était le fils d’un simple fondeur de suif, qui réussit à s’établir marchand tripier patenté au 1, rue Saint-Séverin, au coin de la rue Saint-Jacques, et exerça son commerce pendant vingt-huit ans, avant d’être exproprié pour cause d’embellissement et d’utilité publique (on construisit la fontaine). Il fut ensuite, pendant douze ans consécutifs, locataire de la Ville de Paris à l’abattoir de Villejuif. Ce père sollicita continuellement des secours de 1846 à 1856. En 1846, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « N’a d’autres ressources que le produit de son travail, qui ne suffit pas à ses besoins. Il vient de perdre sa femme, qui a succombé après cinq mois de maladie. Il jouit d’une bonne réputation. » Et en 1849 : « Fort honnête homme, fort bien représenté, qui gagne à peine de quoi vivre. Opinions politiques bonnes. » En décembre 1852, le père était cordonnier, se présentait comme un ancien militaire de 1811 à 1821, victime des événements de juin 1848, hospitalisé à Saint-Louis, d’où il pouvait « être renvoyé d’un jour à l’autre, sans ouvrage ni argent et dans une saison aussi rigoureuse ». Le préfet de police renseigna alors sur son compte : « Le sieur Canonville […] est un pauvre homme, qui a vendu tous ses meubles pour subvenir à son existence. Son grand âge et ses infirmités l’empêchent de travailler et il paraît mériter à tous égards la bienveillance de l’administration. » Il reçut cent quarante-cinq francs de secours de 1847 à 1851, quarante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de père d’un médaillé tué à l’armée, quarante francs en 1852, cinquante en 1853, quarante en 1854, quatre-vingts en 1855, quarante en 1856. Il mourut le 30 janvier 1856, sa concubine, la femme Girard, demanda inutilement la continuation des secours. Canonville, Charles, Denis demeurait 2, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux en 1831 ; 40, rue de la Vannerie en garni puis chez son beau-frère, Pinel, 38, bd de l’Hôpital en 1838 ; son père, 12 ou 16, route et barrière de Fontainebleau en 1846 ; 12, route d’Italie à Gentilly en 1849 et 1851 ; 2, cour Saint-Jean-de-Latran chez Pacot, ou 307, rue Mouffetard (deux fois) en 1852 ; 26, rue de l’Hôtel-de-Ville en 1853 ; 17, rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Antoine en 1855. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Le Moniteur universel, 9 juin 1838 ou 9 janvier ou peut-être aussi le 9 octobre 1845 c’est confus, à consulter ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70 (sous le nom de Canonville, Jean, Joseph), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Canonville, Jean, Joseph, père d’un blessé de Juillet), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Canonville, Jean, Joseph, père d’un blessé de Juillet), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Canonville, Jean, Joseph, père d’un médaillé de Juillet).