Canque, Laurent
Biographie
Né le 21 prairial an V (21 juin 1798 [le 21 juin 1797 in Archives de Paris Vbis7K4 2 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39]) à Paisiat (Jura), fils de Canque, Guillaume et de Clerc, Marie, Claudine son épouse. Six ans militaire au 50e de ligne, il s’était signalé en manquant « de périr en sauvant un sous-officier et un soldat qui se noyaient devant Belle-Ile-en-Mer » selon un certificat délivré, en date du 1er septembre 1821, par le chirurgien major du corps auquel il appartenait ; le même certificat attestait qu’il souffrait depuis d’une paralysie incomplète des extrémités inférieures et supérieures dont il n’avait pu être guéri. Le 15 septembre 1826, chasseur à la 4e compagnie du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, il se fit remarquer dans les circonstances suivantes, selon un certificat délivré par le commandant du poste de l’Hôtel de ville : « […] Canque, de service audit poste à minuit, vingt-cinq à trente malfaiteurs volaient un bourgeois et son épouse et crochetaient deux boutiques rue de la Planche-Mirbray ; il n’a écouté que son courage et son zèle. A lui seul, il se précipite sur eux pour empêcher leur crime qu’ils exécutaient et ce n’est qu’au bout de vingt minutes de lutte qu’il a arrêté les deux plus coupables, qu’il a remis entre les mains d’une patrouille de gendarmes du poste du Châtelet. » En juillet 1830, il était peintre en bâtiments et vitrier. Il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse droite, le 29 juillet entre 11 heures et midi, sur la place du Louvre du côté de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Evrard, Louis, et Herbin l’aidèrent à se relever et le transportèrent chez Crignon, tailleur, dont la maison faisait le coin de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois et de celle Thibautodé. Pansé et soigné, il fut, vers 17 heures, transporté rue du Bac, chez un marchand de vins près du passage Sainte-Marie. Il sollicita une place d’inspecteur divisionnaire aux attributions des voitures publiques. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le 29 juillet dernier, entre 11 heures et midi, nous avons relevé sur la place du Louvre du côté de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le sieur Laurent Canque, peintre en bâtiments, qui avait été atteint d’une balle à la cuisse droite et que nous l’avons transporté chez M. Crignon, tailleur, maison faisant l’encoignure de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois et de la rue Thibautodé. » Signé, le 23 septembre 1830 : Herbin, demeurant 8, rue du Four-Saint-Honoré. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « L’an 1830, le 25 septembre, devant nous Charles Lange, commissaire de police de la ville de Paris, chargé spécialement du quartier de l’Hôtel de ville, s’est présenté le sieur Evrard, Louis (voir ce nom), âgé de trente ans, natif de Neufchâtel département de la Moselle, profession de maçon, demeurant en notre quartier, rue de la Mortellerie n° 40. Lequel nous a déclaré que le 29 juillet dernier, il a aidé le sieur Canque à se relever, après qu’il eut été blessé d’une balle à la cuisse sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois et l’a transporté dans une maison au coin de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois et celle Thibautodé. » Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Canque, Laurent a été apporté chez moi dans la journée du 29 juillet dernier vers les midi, qu’il était atteint d’une balle à la cuisse droite, que je l’ai fait panser et soigner et que vers les 5 heures du soir je l’ai conduit rue du Bac chez un marchand de vin près le passage Sainte-Marie. » Signé, le 23 septembre 1830 : Crignon, tailleur. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans (sous le nom de Cauque sur les listes du Bulletin des lois). Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 22 juin 1831 et son brevet le 29 août de la même année. Son nom est, comme décoré de la médaille de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une pension. Il était indiqué sur sa fiche de cette Commission comme étant d’une « position sociale médiocre ». En 1832, il sollicita la Croix de Juillet et une pension, rappelant dans ces termes, sa participation aux combats et sa situation nécessiteuse : « […] Après avoir bravé les plus éminents dangers, en combattant dans les endroits les plus périlleux, à la tête de cent cinquante braves, le 29, il reçut une balle qui lui a traversé la cuisse droite et l’a retenu six mois dans lit, malade. Ce n’est que par les plus grands sacrifices et des traitements dispendieux qu’il n’est pas resté estropié. Aussitôt après sa guérison, il a fait un service régulier et très pénible pendant les troubles qui ont agité la capitale ; plusieurs fois il est resté sous les armes jusqu’à trois jours et deux nuits. Toujours prêt à réprimer le désordre, il le sera toujours pour l’utilité de son pays, de sa patrie. Ne jouissant d’aucune pension ni retraite, sans aucune autre ressource que le produit de ses bras, pour donner du pain à sa femme, qui n’a point d’état ainsi qu’à ses deux enfants en bas âge, ne pouvant plus continuer son état de peintre en bâtiments, à cause que sa blessure le met absolument hors d’état de pouvoir porter le moindre fardeau, d’autant plus que pour exercer sa profession, il faut journellement en porter de très lourds, soit au haut d’une échelle soit au haut d’un escalier. Nonobstant ce qu’il a manqué à gagner, sa blessure lui a coûté pour se faire guérir douze cents francs, argent déboursé, ce qui le réduit à la plus affreuse misère. » Il sollicita une place d’inspecteur divisionnaire des voitures. Il joignait à sa demande le certificat suivant, délivré en date du 6 février 1832 : « Le commissaire de police du quartier de la Monnaie, soussigné, certifie sur l’attestation et responsabilité personnelle des sieurs Delaruelle, Jean-Jacques (voir Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau), serrurier en bâtiments, rue de Verneuil n° 22, et Surville, Jean-Marie, charcutier, rue du Bac n° 72, que le sieur Canque, Laurent, peintre en bâtiments, rue Sainte-Marguerite n° 41, l’un des combattants de Juillet, est de bonnes vie et mœurs, qu’il est marié, qu’il a deux enfants vivants, en bas âge et entièrement à sa charge ; qu’il est depuis dix-huit mois à peu près sans ouvrage et qu’il est dans le cas d’obtenir les secours réservés aux combattants de Juillet qui se trouveraient ouvriers sans ouvrage. » En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1846, il sollicita des secours, son entreprise de peinture ayant fait faillite. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Entrepreneur de bâtiments, marié, sans charge, s’est ruiné, dit-on, en voulant établir une maison de parfumerie rue Lepelletier, n° 7. Il passe pour avoir une bonne conduite. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il récupéra, le 7 octobre les pièces qu’il avait confiées à cette Commission. Selon une apostille du ministère de l’Intérieur, il se distingua « aux journées de juin, dans les rangs de l’ordre ». Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il reçut cinquante francs de secours en 1848, quarante en 1849. Il est indiqué comme entrepreneur de bâtiments en 1850, sur les registres de la préfecture de police de Paris. Il reçut une allocation de quarante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, les mêmes sources rapportaient : « […] Manquant d’ouvrage depuis longtemps, se trouve dans une position des plus nécessiteuses. Sa femme est infirme. [Il] doit cent vingt francs à son propriétaire. Il a en outre quelques dettes criardes. Conduite irréprochable. Homme d’ordre. » En 1852 : « Il est dans une misère complète. Sa femme est atteinte de paralysie ; il est presque continuellement sans travail. Renseignements satisfaisants sous tous les rapports. Le sieur Canque est digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852. Il demeurait 41, rue Sainte-Marguerite-Saint-Germain de 1826 à 1833 ; 7, rue Lepelletier en 1846 ; 28, rue du Musc place du Palais-Royal en 1847 ; 48, rue Jacob (un loyer de deux cents francs annuels) de 1848 à 1850 ; 36, rue de Romainville à une date indéterminée entre 1849 et 1853 ; 6, cour du Dragon en 1852 et 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives de Paris VK3 54 (couverture du dossier Voillard) ; Archives nationales F/1dIII/33 nominations à des emplois civils (1831) aussi dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Canque) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.