Carpentier, Joseph, Pierre
Biographie
Né vers 1777 à Vendôme (Loir-et-Cher). Ancien grenadier de Garde impériale, plusieurs fois blessé, devenu ébéniste. Il reçut, sur le pont des Arts, une balle morte au genou gauche. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés habitants de Vaugirard, certifions […] qu’il est à notre connaissance que le sieur Joseph, Pierre Carpentier […] a fait partie des rassemblements populaires qui dans les trois journées de Juillet ont opéré notre glorieuse révolution, certifions en outre que le sieur Carpentier dans l’une de ces trois journées, a été blessé d’un coup de feu au genou gauche, faisant alors partie d’un rassemblement qui combattait en tête du pont des Arts, que par suite de cette dernière blessure l’usage de deux béquilles lui est devenu indispensable et qu’il se trouve ainsi hors d’état de pouvoir gagner son existence. » Signé, le 2 mars 1831 : Armet, propriétaire, qui certifiait avoir « ramené le sieur Carpentier du pont des Arts » ; Vercher, propriétaire, Buché, maître menuisier ; Pache, charcutier ; Vincenot, boulanger ; Genuel, maître menuisier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 mars 1831, la conclusion suivante : « N’a été atteint, dans les journées de Juillet, d’aucune blessure par arme à feu, par arme blanche ou autre, qui ait laissé des traces apparentes ; dit avoir reçu une contusion par balle morte au genou gauche, où existe une tumeur blanche, maladie ancienne et étrangère aux événements de Juillet. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il avait demandé à être admis à l’Hôtel des Invalides, mais le ministère de la Guerre lui répondit que son entrée dépendait de l’avis de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé. En plus du certificat déjà cité plus haut, il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, maire de la commune de Grenelle, certifie que le nommé Carpentier, Joseph, Pierre, ouvrier ébéniste, demeurant en la commune de Grenelle, rue Letellier n° 10, a été réduit par les blessures qu’il a reçues dans les journées de Juillet à ne pouvoir travailler, qu’il est obligé de se servir de béquilles pour marcher et que le défaut de travail l’a réduit à une extrême indigence. Je certifie en outre qu’il est de bonne conduite et qu’il a, sous le rapport de sa situation physique, de son indigence et de son honnêteté, droit à la bienveillance de l’autorité. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission des réclamants comme « sans fortune ». Il demeurait 10, rue Letellier à Grenelle en 1831 (présentement rue de la Sablonnière, en face du Perroquet, est-il précisé dans son dossier de la Commission des Réclamants). Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives de la préfecture de police AA 376.