Cartron, Paul

Biographie


Né vers 1805 à Nantes (Loire-Atlantique). Marchand de vins. Le 4 avril 1831, il adressait la lettre suivante à un des membres (non identifié) de la Commission des récompenses nationales : « Monsieur et honorable protecteur,

»L’accueil que vous avez daigné me faire d’après la visite que M. Hoignon a eu l’honneur de rendre à M. votre père me fait prendre la liberté de vous adresser cette missive, pour vous offrir mes très humbles remerciements et vous informer qu’après plusieurs démarches à la préfecture du département de la Seine, M. le secrétaire général a eu la bonté d’annoncer à M. Hoignon que ma supplique datée du 10 février dernier concernant les journées de Juillet, auxquelles j’ai participé honorablement, a été renvoyée à la Commission des récompenses nationales, où vous pourrez, Monsieur et honorable protecteur, vous assurez des attestations qui viennent à l’appui des faits authentiques que j’ai exposés. J’oserais vous prier d’avoir la complaisance et de faire conserver la copie de ma supplique afin que je puisse la retirer lorsque vous le jugerez convenable. J’ose me recommander de nouveau à votre bienveillante sollicitude et j’ai l’honneur etc. » Puis, le 22 avril 1831, la lettre suivante : « Monsieur, depuis que j’ai eu l’honneur de vous écrire, je n’ai eu aucune nouvelle concernant ma supplique pour être compris parmi ceux qui ont droit aux récompenses nationales, d’après les faits que j’ai exposés. Cela m’étonne d’autant plus que vous avez eu la bonté de me faire espérer que ma supplique serait prise en considération surtout après avoir paru devant la commission. Vous avez eu la bonté de demander à M. Hoignon, qui était chargé de ma dernière lettre, si je désirais être habillé pour la garde nationale. Quoi que je sois on ne peut plus reconnaissant de votre offre bienveillante, je ne puis en profiter, attendu que je ne puis sortir de la maison qui n’est confiée puisque c’est une cave en ville. Il me serait donc plus favorable que la récompense que la Commission daignera m’accorder soit effective, c’est-à-dire pécuniaire, puisque j’ai fait des sacrifices qui m’ont fort gêné depuis la révolution. Au surplus, Monsieur, je mets en votre personne toute la confiance qui vous est due et c’est dans l’espoir que vous réussirez en ma faveur que je vous prie d’agréer, etc. PS je me féliciterais heureux si j’avais, Monsieur, le bonheur d’obtenir de vos bontés une réponse qui puisse s’accorder avec mes espérances car ne recevant aucun avis de la commission ce silence me jette dans une inquiétude qui me découragerait si je ne mettais ma confiance dans la sollicitude du gouvernement pour les défenseurs de la patrie. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a arrêté une voiture de moellons, cassés et portés sur la porte Saint-Denis ; lancier arrêté, brûlé les ordres, désarmé le poste de gendarmes, désarmé des gendarmes à la halle. A combattu porte Saint-Martin. Le 29, a fait des barricades, a monté la garde et fut malade de fatigues. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 mars 1831, à aucune voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et quatre voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il demeurait 166, rue Mouffetard en 1831. Archives de Paris VD6 92, (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaire des médaillés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 1204) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831). Il est où ailleurs ? Il est bien du (ancien) XIIe arrondissement ; il a dû être oublié sur les listes de la Commission des récompenses nationales et donc absent sur les listes des journaux…

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