Catheaugrue, Frédéric, Julien, dit Catheaugrue aîné
Biographie
Né le 17 juillet 1801 à Nantes. Chapelier. Il se distingua dans les combats de la place Louis XVI à Nantes. Il fut blessé d’un coup de feu à la fesse gauche près de l’articulation coxo-fémorale pendant les combats de Juillet à Nantes (Loire-Atlantique). Il ne put travailler durant quatre mois et éprouvait une gêne continue à la suite de sa blessure. Il était porteur de deux certificats. Le premier : « Les soussignés certifient qu’il est à leur connaissance que M. Catheaugrue aîné, blessé en cette ville le 30 juillet dernier, a soudain procuré à divers de nous des armes, tant des siennes que celles dont divers habitants ne faisaient pas usage et que par leur grande confiance dans l’usage qu’ils en voulaient faire il les leur a confiées. Qu’à ce moyen et celui des cartouches faites inopinément par lui et chez lui, nous avons été à même de seconder les efforts faits pour reconquérir la liberté de la France, devenue la nôtre. » Signé, le 10 septembre 1830 (pour les signatures lisibles) : Petit, Léon, Gustave (voir ce nom) ; Briand ; Sirat (voir Sirat, Pierre, François) ; Renaud ; Auffray ; Payac, chef de bataillon ; Vallée (voir Vallée, Henry, René ?). Le second : « Nous, soussignés, domiciliés à Nantes, certifions que le sieur Catheaugrue, au plus fort de ses souffrances par suite de ses blessures reçues le 30 juillet 1830, et avec le plus grand sang-froid, recommanda à son épouse, en notre présence, d’envoyer bien vite de ses vêtements aux sieurs Edouard, Moileau et David, ses amis militaires au 10e régiment léger qui voulaient passer dans les rangs des défenseurs de la liberté. Ces trois braves, une fois déguisés, se rendirent de suite chez M. Catheaugrue, où ils trouvèrent l’hospitalité et un refuge assuré, jusqu’au moment où le départ du général Despinois leur permit de reprendre leur service au corps. Ils attesteront au besoin la vérité, comme nous-mêmes l’affirmons. En foi de quoi, nous avons délivré le présent pour servir et valoir ce que de raison. » Signé (pour les noms lisibles), le 10 octobre 1830 : Moulin, Marie « qui prouvera qu’elle a porté les effets » ; Jacobi, Théodore ; Gallard et son épouse ; Bérard ; Brochard ; Rousseaux, Pierre ; Jamin ; Lugez, A., au bas du cours Saint-Pierre ; Poubeau, Henri ; Marqué ; Renaud. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il fut proposé pour recevoir un secours une fois payé par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il fut proposé pour une pension de six cents francs par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il reçut une indemnité de trois cents francs de la part de la Commission des récompenses nationales de la Loire. Il délivra (il signe bien Catheaugrue), le 7 décembre 1830, en faveur de Rissel, Auguste et avec Petit, Léon, Gustave (voir ce nom), Bodet-Lacroix, Louis (voir ce nom), Cabanne, Jean-René (voir ce nom), Mermier (voir Mermier, Pierre, Balthazard) et Cholet (voir Cholet, Vincent). le certificat suivant quand il sollicita une sous-lieutenance dans la cavalerie : « Nous, soussignés, citoyens blessés et présents à l’affaire du 30 juillet, certifions avoir vu M. Auguste Rissel dans nos rangs et qu’il a assisté au combat qui a eu lieu sur la place Louis-XVI, maintenant place des Martyrs, entre les jeunes gens et les soldats du 10e. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat. » Il signa (il signe bien Catheaugrue), le 6 août 1831, avec Sirat (voir Sirat, Pierre, François), décoré de Juillet, Hyrvoix (voir ce nom), décoré de Juillet, Ginselo (voir Ginselo, François), décoré de Juillet, Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Minié (voir Minié, Auguste) et Legorgeux le certificat suivant en faveur de Dugas, Toussaint, quand ce dernier tenta avec retard de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Nantes, décorés de Juillet, certifions que le sieur Dugas, Toussaint, demeurant chaussée de la Magdeleine n° 6, s’est comporté avec un courage digne d’admiration à l’affaire du cours, le 30 juillet 1830 entre la troupe de ligne et les habitants. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au besoin. » En mai 1832, il adressa la lettre suivante (il signe bien Catheaugrue) à son député, afin d’obtenir, en raison des blessures qu’il avait reçues, une pension du gouvernement : « Lorsque le peuple parisien détruisait en quelques heures une insupportable tyrannie, de généreux citoyens, s’associant à ces périls, luttaient au même instant contre un pouvoir exécré qui ne fut trop longtemps que l’opprobre de notre belle patrie. Partout en France comme à l’étranger, des souscriptions furent ouvertes pour venir au secours des hommes que leurs blessures mettaient hors d’état de pourvoir aux besoins de leurs familles, et des veuves de ceux qui étaient restés sur le champ de bataille. Le roi, que nos vœux appelaient au trône et que nos bras y avaient placé, créa pour nous une décoration spéciale et mit à la disposition de ses ministres un fonds destiné aux pensions qui furent accordées depuis. De tous les blessés de Nantes, je suis, par une étrange fatalité, resté seul dans l’oubli pour la pension annuelle. Ce qui m’a convaincu de la chose c’est que j’ai vu mes frères d’armes du 30 juillet toucher tout récemment leur trimestre, et, sans vanité, Monsieur, je peux me compter au nombre de ces braves défenseurs de nos libertés. Retenu longtemps par mes graves blessures et qui se sont rouvertes le 24 septembre dernier, je fus, pendant ce temps, obligé de confier à des ouvriers la direction de mon établissement, qui a depuis beaucoup perdu de sa valeur : aussi je me demande pourquoi je n’ai pas eu part à la munificence du gouvernement. Est-ce pour avoir distribué des armes à plusieurs de mes concitoyens et qui ont combattu avec moi ? je ne le pense pas. Mon dévouement a été trop louable. Cependant, par mes blessures, je me vois sur le point de réduire ma famille à la plus affreuse misère, à laquelle j’ai, pour ma patrie, volontairement contribué. Je vous prie donc, Monsieur, de prendre en considération l’exposé sincère de ces faits. C’est avec toute la franchise d’un bon patriote que j’ai l’honneur de vous adresser ma demande. J’ai l’honneur, etc. » Sa lettre était suivie de deux pages de signatures, dont pour les signatures lisibles : Cholet, blessé ; Sirat (voir Sirat, Pierre, François), blessé ; Voruz (voir Voruz, Jean, Simon), blessé ; Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), décoré ; Cabanne (voir Cabanne, Jean-René), blessé ; Pavec (voir Pavec, Célestin, François, Adrien), blessé ; Dugas, Toussaint (voir ce nom), sous-lieutenant de sa compagnie ; Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), blessé ; Denis ; Grignon (voir Grignon-Dumoulin, Jules, Gustave), blessé ; Bellaire, de sa compagnie de garde national ; Grignon, A. (voir un des deux Grignon-Dumoulin), décoré ; Kery ; Taulois ; Herbelin, E., garde national ; Renaud aîné, électeur ; Brochard, grenadier de sa compagnie ; Bureau (voir ce nom ?, lieutenant ; Mariotte, J. lieutenant de sa compagnie ; Bellain, grenadier de la 6e compagnie ; Lemerlé, J. S., sergent de la garde nationale ; Lhéritier, grenadier de la garde nationale ; Chaumier fils aîné ; Richard, Ch., cavalier de la garde nationale, avocat et propriétaire ; Richard, artilleur ; Derivas aîné ; Rosier fils, grenadier de sa compagnie ; Mestayer, artilleur ; Peneau, artilleur ; Notier, sergent ; Veissechèze (ou Veillechèze), capitaine adjudant-major ; Renaud, J ; Desfous, grenadier à la 3e compagnie du 5e bataillon ; Rosier, J., grenadier de sa compagnie ; Naux, A. ; Derivas, E. ; Robinet ; Bataille-Weber, sergent-major de la 8e compagnie du 3e bataillon ; Jouet, sous-lieutenant de sa compagnie ; Santerre (voir ce nom), décoré de Juillet ; Bijard ; Mangin, V. (voir Mangin, Victor). Sa lettre était ainsi apostillée par le maire de Nantes, Favre, Ferdinand : « Le maire de Nantes atteste que le pétitionnaire a pris les armes aux événements de Juillet dans cette ville, qu’il a été blessé et qu’il a reçu, en ladite qualité, des secours du gouvernement ; mais que sa position de fortune est très gênée et qu’il mérite la bienveillance de l’autorité. » Sa lettre était aussi apostillée par le capitaine de sa compagnie de la garde nationale : « Je, soussigné, capitaine de la compagnie où sert le pétitionnaire, certifie qu’il a fait toujours son service avec zèle, malgré la position fâcheuse où il est réduit. » Signé : Méry, capitaine de la 2e compagnie du 3e bataillon de la garde nationale. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, demeurant à Nantes, certifie que M. Frédéric, Julien Catheaugrue, âgé de trente ans, fabricant de chapeaux quai de la Maison-Rouge à Nantes, a été traité par moi à plusieurs reprises d’une blessure qu’il reçut sur le cours Saint-Pierre, le 30 juillet 1830, jour mémorable ; cette blessure est le résultat d’une balle de calibre qui a traversé la fesse gauche et est ressortie à un pouce de l’anus ; dans son trajet, elle a fracassé le grand trochanter du fémur gauche et déchiré l’insertion des muscles qui s’y attachent, ce qui fera que pendant toute son existence ce respectable père de famille de trois enfants sera privé de son exercice naturel, surtout exposé à se tenir debout pour la pratique de son état ; une première preuve c’est que, le 24 novembre 1830, il éprouva à Angers un accident grave qui le retint dans cette ville et qui avait pour cause la faiblesse des muscles qui s’attachent à la partie blessée. Pour seconde preuve, le 23 février dernier, je fus appelé à 1 heure après minuit pour lui donner de nouveaux soins dans un diastasis dont il fut atteint en faisant une patrouille comme garde national de service, preuve que ces accidents annoncent bien une lésion physique à laquelle la médecine ne peut apporter que des moyens palliatifs et non de guérison radicale. En foi de quoi, j’ai délivré le présent certificat. » Signé, le 17 mars 1832 : Lhéritier, médecin. Il était marié et père de deux enfants, de un et deux ans en 1830. Il demeurait 5, quai de la Maison-Rouge à Nantes en 1830-1832. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Cathaugrue, Frédéric, Julien) ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part (aussi une fois sous le nom de Catheaugrue) et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831. On parle aussi de Cathaugrue… mais il s’agit bien de Catheaugrue.