Caunes, Antoine, Auguste, Elisabeth
Biographie
Né vers 1785 à Ginestas (Aude). Homme de lettres. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Canne père). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était le père d’Auguste Caunes, barricadier de 1830 et qui fut tué en Belgique, il était aussi l’oncle d’Isidore Janot, compromis dans l’affaire Fieschi, et enfin le frère de l’ingénieur Caunes avec qui Fieschi s’était lié, pour avoir été son concierge, rue Buffon. Il publia en mars 1831 Des moyens d’instituer le gouvernement de tous ou autrement dit le gouvernement républicain, sans anarchie, sans déchirements et sans factions ; cette publication fut poursuivie par le ministère public mais Caunes, qui comparaissait détenu, fut acquitté. On trouve dans L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, en mai 1831, l’information suivante : « M. Caunes, un des hommes de juillet, et dont le fils est mort en combattant contre la garde royale, a été arrêté le 4 par un commissaire de police et six agents, qui ont pénétré chez lui en enfonçant la porte. » Dans une lettre adressée au préfet de police, le 13 janvier 1833, et cosignée avec Pinel, Petit-Jean, Bardon et Lambert, il se plaignait de ses conditions de détention comme prévenu de complicité dans l’affaire de l’attentat du pont Royal et se déclarait membre de la Société des Droits de l’Homme. Son nom fut trouvé sur une feuille de papier appartenant à Quetin, perquisitionné dans l’affaire de l’attentat du 28 juillet 1835, et il fut en même temps signalé comme étant connu de Fieschi, avec lequel il aurait entretenu des relations fréquentes. Quetin dit avoir eu son adresse parce qu’il avait été chez lui au moment d’une collecte qu’il faisait pour venir en aide à une femme infirme, et pour laquelle Caunes avait donné un franc. Le frère de Caunes (Jacques, Guillaume, Antoine, Paul) donna les précisions suivantes sur les relations qu’avaient pu entretenir Fieschi et Caunes : « [...] J’ai un frère qui a vendu son bien dans son pays et qui est ensuite venu habiter Paris [...]. Mon frère [...] n’avait qu’un fils, c’était un jeune homme de grande espérance, qui a été tué en Belgique, j’ajoute que mon frère ne voulait pas recevoir Fieschi ; il m’a fait prévenir plusieurs fois qu’il ne fallait pas se fier à lui ; je sais même qu’il a dit un jour que si Fieschi venait chez lui il le ferait mettre à la porte [...]. » Il reconnut avoir fait partie de la Société des Droits de l’Homme mais n’avoir fait partie d’aucune section parce qu’il l’avait quittée quelques jours avant les journées des 5 et 6 juin 1832 ; il ne fit, depuis, partie d’aucune association, selon ses dires. Fieschi vanta ses mérites, en disant « qu’il n’a connu qu’un franc, ferme et loyal républicain ; c’est Caunes, le cadet, Auguste Caunes ; mais celui-là il ne le voyait plus depuis longtemps ». Le préfet de police, Gisquet, dit, quant à lui : « […] Le sieur Caunes, arrêté, m’a été signalé depuis longtemps comme un des républicains les plus exaltés de la capitale, et près à tout sacrifier pour le triomphe de sa cause. C’est un fougueux admirateur de Robespierre et de Marat. » En 1835, Caunes était retourné dans sa propriété mais revint pour comparaître devant la Cour des pairs. Il y retourna ensuite et ne revint que le 28 août 1836. Caunes connut aussi Champion et Avivat, dont il recevait les visites. Une note de police, en date du 22 décembre 1840, renseignait à son sujet, dans le courant de l’affaire Darmès : « En 1837, Considère voyait souvent le père Caunes, compromis dans l’affaire de Fieschi. On le regardait comme étant de la trempe de ce dernier. » Il est l’auteur de La Lettre d’un faubourien adressée au nom de ses camarades des faubourgs à la garde nationale, signée Auguste Caunes et qui daterait environ du procès des ministres (in extenso in CC/681 dossier Clément pièces saisies), l’auteur aussi Des moyens d’instituer le gouvernement de tous ou autrement dit le gouvernement républicain, édité à Paris en 1831, Du gouvernement de tous ou de la République sans anarchie, sans déchirements et sans factions, édité chez Garnier à Paris, du Massacre de juin ou le tombeau de la liberté, paru chez Bellay aîné en 1848, des Barricades de juin. Bibliothèque historique de la Ville de Paris cote 33415, de Procès politique et républicain du citoyen Auguste Caunes, Paris, 1831. Ayant perdu toute sa fortune, détenu en 1831, 1832, 1834, 1835, 1836 et 1837, il sollicita une pension du gouvernement après la révolution de Février. Il demeurait 18, rue des Grands-Augustins, chez Rouen jeune en 1831 ; depuis 1832 11, rue Pierre-Sarrasin, deux pièces au deuxième étage en 1835, et avait demeuré six mois au n° 7 de la même rue ; 5, rue Bayard aux Champs-Elysées en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; L’Ami de la religion, journal et revue ecclésiastique, politique et littéraire, mardi 10 mai 1831, n° 1786, p. 60 ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Imprimerie royale, Paris, 1835-1836, p. 71, 303-306, 433 à 439 ; Archives nationales CC/710 affaire Champion ; Archives nationales CC/677 dossier Caunes ; Archives nationales CC/681 dossier Clément pièces saisies ; Archives nationales CC/689 D 5 ; Archives nationales CC/692 D 3 p. 24 ; Archives nationales CC/773 dossier Considère ; Archives de la préfecture de police AA 366, Comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales, détenus politiques de 1830 à 1848 ; Mémoires de M. Gisquet, ancien préfet de police, écrits par lui-même, Marchant, Paris, 1840 ; La République clandestine, 1818-1848, Gilmore, Jeanne, Aubier, Paris, 1997.