Cayrol, Jean

Biographie


Né le 7 messidor an X à Pierrefort (Cantal), fils de Cayrol, Pierre, meunier, et de Delgros, Marie, son épouse (qui devait décéder le 13 octobre 1819). Ouvrier carrier. Il se trouvait dans la matinée du 29 juillet au pont d’Iéna, armé d’un fusil, et parmi un groupe de sept personnes qui voulaient repousser les troupes royales qui se dirigeaient vers Chaillot. Bientôt, la cavalerie, réunie en assez grand nombre, chargea le petit groupe, et chacun s’enfuit comme il pouvait. Dans sa fuite, Cayrol se prit les pieds dans un tas de pavés d’une barricade qui était en deçà du pont d’Iéna, sur le quai de Billy et se heurta la poitrine. Il s’ensuivit des crachats de sang, des fièvres, qu’il soigna par plusieurs séjours à l’hôpital, par exemple à l’hôpital Beaujon du 27 août au 4 septembre 1830. Il mourut le 6 avril 1831, de fièvres intermittentes. Il avait reçu un secours de vingt francs le 11 août et un secours de vingt francs le 8 septembre 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il avait reçu un total de deux cent trente francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 19 avril 1831, devant un adjoint au maire de Passy, comparurent : Guitelle, Jacques, Charles (voir ce nom), maître charron, demeurant à Passy ; Tridon, Théodore (voir ce nom), propriétaire et maître maçon, demeurant à Passy. Ils attestèrent « que le 29 juillet dernier dans la matinée, se trouvant tous les deux avec plusieurs autres habitants sur le pont d’Iéna, le sieur Jean Cayrol, carrier, natif de Pierrefort (Cantal), demeurant à Passy, étant ainsi que les comparants armé d’un fusil, s’est joint à eux pour repousser les troupes qui voulaient se diriger sur Chaillot et que n’étant que sept personnes ils avaient été obligés de se retirer lorsque la cavalerie s’étant réunie en assez grand nombre était venue charger sur eux ; qu’alors le sieur Cayrol s’étant replié du côté de Chaillot, il s’était embarrassé les pieds dans une barricade qui existait en deçà du pont d’Iéna sur le quai de Billy, que cette barricade l’avait fait tomber, qu’il s’était blessé au pied et n’avait cessé de garder le lit ou la chambre depuis cette époque jusqu’au jour de son décès, arrivé par suite de cette blessure ». Il n’avait pas été admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, son nom étant rayé sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. La Commission des récompenses nationales refusa d’attribuer une pension à son père, à sa veuve et à son enfant, considérant la mort de Cayrol comme sans rapport avec la participation qu’il avait prise aux combats. Cayrol laissait un père, Cayrol, Pierre, né le 12 janvier 1758 à Pierrefort, veuf de Delgres, Marie, décédée le 13 octobre 1819 et qu’il avait épousée le 13 octobre 1785 à Pierrefort, demeurant à Pierrefort (Cantal) et dans un état nécessiteux. Il laissait une veuve, née Bourré, Marie, Salberge le 29 juillet 1806 à Laval (Aisne) (elle-même fille de Bouré, Philippe dit Fabien [sic dans l’acte de naissance, dans l’acte de mariage de Bourré, Marie, Salberge ; aussi Bouré dans l’acte de naissance de sa fille Adélaïde], cultivateur, et de Boizelle, Marie-Claude ou Boisette son épouse), qu’il avait épousée le 27 septembre 1827 à Clamart, alors qu’elle était journalière. Il laissait une fille, Marie, Adélaïde, née le 22 octobre 1827 à Laval. Cayrol demeurait rue Taboise à Clamart en 1827 ; à Laval de 1827 à 1829 ; 25, rue de Longchamp à Passy en 1830-1831. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est rayé ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3, état des sommes données aux blessés (soldés), idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives nationales F/1dIII/37 arrondissement de Saint-Denis orphelins de sept ans et au-dessous (avec la mention La mort du père n’est pas constatée quant à la cause) et état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/48.

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