Cayrol, Pierre

Biographie


Né le 27 mai 1791 à Fieril (?) ou à Therondet (Aveyron) sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. Ancien sous-officier, devenu scieur de long. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Dans une lettre adressée au roi, en date du 27 août 1831, il sollicita la Croix de Juillet en remplacement de la seule médaille qu’il avait reçue, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Sa demande était apostillée ainsi : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, déclarons que le nommé Cayrol a vaillamment combattu avec nous dans les journées de Juillet et nous supplions Sa Majesté d’avoir la bonté de lui accorder la décoration qu’il réclame et qui est due à la pureté de son patriotisme et à son dévouement à Sa Majesté. » Signé : Pouille (voir Pouille, François) ; Juë (voir Jüe, Edouard, Stanislas) ; Mougey (voir Mougey, Charles, François, Xavier) ; Maillard (voir Maillard, Philippe) ; Martrou (voir Martrou, Pierre), membre du jury de la Commission des récompenses nationales ; Colin (voir Colin, Georges, Marin) ; Persoons (voir Persoons, Claude, Louis) ; Papalhiou (voir Papaillon, Célestin) ; Gavot (voir Gavot, Cyprien) ; Gallerand (voir Gallerand, Jacques, Achille) ; Bertrand (voir Bertrand, François). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était caporal dans la VIIIe légion de la garde nationale. Il mourut vers 1845. Après la Révolution de Février, sa veuve, dans une position malheureuse, sollicita devant la nouvelle Commission des récompenses nationales, un secours, rappelant le trait de courage que son mari et elle eurent pour aider les insurgés républicains de l’émeute de 1834 : « La soussignée, Marie, Jeanne veuve Cayrol, a l’honneur de vous informer qu’en 1834, aux affaires d’avril, elle eut le bonheur de sauver la vie à un bon nombre (ils étaient quarante à cinquante hommes) de républicains à l’affaire de la rue Beaubourg. Ils s’étaient battus toute la nuit ; au point du jour, ils allaient être cernés par la troupe. Voyant qu’ils ne pourraient lutter davantage, ils passèrent toutes leurs armes sous la porte cochère du n° 3. La citoyenne veuve Cayrol, aidé de son mari (qui était un décoré de juillet 1830) les prenait au fur à mesure et les jetait dans le puits, ce qui fut fait en un instant. Puis, ces malheureux jeunes gens entrèrent en confusion chez elle ; redoublant alors de courage et d’activité, elle les fit tous cachés chez les locataires de la maison ; ensuite, elle fut ouvrir au 3e de ligne et aux pompiers qui étaient à leur recherche et à qui l’on avait désigné la maison. Elle les conduisit elle-même dans les appartements où elle les avait cachés et eut le bonheur de les sauver, par sa présence d’esprit. Maintenant elle doit informer le gouvernement provisoire de la belle et sage conduite du citoyen Dourlens, commissaire du (ancien) VIIe arrondissement, qui l’aida beaucoup à étouffer cette affaire. Son mari ayant été faire la déclaration des fusils et sabres qui étaient dans le puits, le citoyen commissaire lui dit de les retirer sans bruit et de les rendre aux voisins à qui ils appartenaient, pour que cette affaire n’ait pas de suite. La citoyenne Cayrol a eu le malheur de perdre son mari il y a cinq ans. Restée veuve avec trois enfants, dont deux en bas âge, elle est dans une position peu heureuse et vient se recommander aux citoyens membres du gouvernement provisoire si toutefois ils la jugent digne d’une récompense. » La lettre était apostillée des signatures de : Martin, capitaine ; Saint-Victor ; Lacombe, J. (le prénom n’est pas sûr) ; Chatouillot ; Nativelle, sergent-major aux Invalides ; Dugrosprés ; Fouet, P., condamné de 1834 ; Petitlouis, détenu d’avril 1834 ; Porson, blessé le 14 avril 1834 ; Giraud de l’affaire de 1834 ; Cousin, ex-détenu politique de 1834 ; Pornin. La veuve était née le 15 août 1801, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), peut-être fille de Gane, Claude illisible… Elle avait un fils soldat au 34e de ligne et deux filles âgées de six et huit ans. La Commission lui accorda un bureau de papier timbré et que ses deux filles fussent placées dans une pension de l’Etat. Il demeurait 13, rue de Charonne en 1830 ; 4, rue de Cotte près le marché Lenoir en 1831 ; sa veuve, 11, rue Miche-le-Comte en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des médaillés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives de la préfecture de police AA 376.

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