Chausson, Edouard

Biographie


Né vers 1801 à Paris. Architecte et entrepreneur. Il déposa (sous le nom de Chausson, Joseph, Edouard) un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement) ; il sollicitait la Croix de Juillet. Il joignait à sa demande trois certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous soussignés, certifions que le nommé Edouard Chausson, architecte et propriétaire, demeurant rue des Marais-Saint-Martin n° 29, a passé rue de Provence, le 28 juillet 1830, en costume de garde national, armé, équipé ; l’avoir invité à se rafraîchir, ce qu’il accepta attendu qu’il avait prévenu un ouvrier qui l’avait suivi jusqu’alors qu’il s’arrêterait un moment au coin de la rue de Houssaye n° 1. Un moment après, est venu un homme du peuple, armé, le demander, et sont partis ensemble, se dirigeant vers la rue du Mont-Blanc. » Signé, le 29 juin 1831 : Behaule, demeurant 1, rue de Houssaye ; Leblond, demeurant 1, rue de Houssaye ; Bellangé (voir Bellangé, Louis, Alexandre), demeurant 33, rue des Marais-Saint-Martin, qui certifiait être sorti avec lui le 28 juillet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Chausson, Edouard, architecte, a formé dans sa maison, rue des Marais-Saint-Martin n° 29, un corps de garde, le 29 juillet 1830, et que tous les citoyens du quartier ont répondu à ce patriotisme en montant la garde, le jour et la nuit, jusqu’au moment où il fut invité par les autorités supérieures à supprimer son corps de garde. » Signé : Enix, sergent, demeurant 27, rue des Marais-Saint-Martin ; Dumont, demeurant 27, rue des Marais-Saint-Martin ; Thiriot, demeurant 29, rue des Marais-Saint-Martin ; Bellangé, demeurant 33, rue des Marais-Saint-Martin ; Obron, demeurant 1, rue de la Grange-aux-Belles ; Mauvoisin, demeurant 33, rue des Marais-du-Temple ; Fenault illisible, demeurant 66, rue des Marais. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Edouard Chausson, architecte, est sorti le 29 juillet au matin avec nous, en costume de garde national, du corps de garde formé par lui rue des Marais-Saint-Martin n° 29, que pendant notre patrouille, nous étant aperçu que le feu était à la caserne de gendarmes, nous nous y dirigeâmes. A notre arrivée, nous trouvâmes des hommes ivres de vin et de joie, dans le plus déplorable état, dont plusieurs avaient une robe autour de leur ceinture en guise de pantalon nous donnèrent une accolade et crièrent Vive la garde nationale ! vive nos frères ! Nous les engageâmes à se retirer et à aller rejoindre leurs frères d’armes, qui en ce moment se battaient et avaient encore besoin de leurs secours. Plusieurs consentirent à suivre notre conseil mais beaucoup ne voulurent point et se répandirent dans les logements. Alors nous y montâmes et, en employant la persuasion pour les uns et la force pour les autres, nous réussîmes, non sans peine et sans danger, car tous étaient armés et plusieurs avaient de mauvaises intentions. Trois quarts d’heure après notre arrivée, nous entendîmes le bruit de la caisse et nous vîmes avec joie l’arrivée d’un peloton de gardes nationaux, à la tête duquel était un élève de l’Ecole polytechnique. Ces messieurs se répandirent dans les logements, comme nous avions fait. Un peu après, nous descendîmes dans la cour et décrochâmes, ainsi que plusieurs autres gardes nationaux, les seaux d’incendie et nous fîmes tous, indistinctement, la chaîne pour éteindre le feu qui brûlait depuis fort longtemps. » Signé, le 2 juillet 1831 : Bellangé (voir Bellangé, Louis, Alexandre), demeurant 33, rue des Marais-Saint-Martin ; Obron, grenadier, demeurant 1, rue de la Grange-aux-Belles ; Fenault, demeurant 66, rue des Marais ; Buzenel, sergent de grenadiers, demeurant 67, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Puschy, traiteur, demeurant 120, rue du Faubourg-Saint-Denis, qui précisait : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Edouard Chausson, le 28 et le 29 juillet 1830, en habit de garde national, armé, équipé, passer dans le faubourg Saint-Denis. » On trouve dans le dossier de Bellangé, Louis, Alexandre, un certificat le concernant et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Alexandre, Louis Bellangé, entrepreneur de menuiseries, rue des Marais n° 33, et le sieur Edouard Chausson, architecte, sont sortis le 28 juillet [c’est pas plutôt le 29 comme dans le certificat plus haut ?] au matin avec nous tous, en costume de garde national, du corps de garde qu’ils avaient formé rue des Marais-Saint-Martin n° 29, que pendant notre patrouille, nous avons aperçu que le feu était à la caserne de gendarmes ; nous nous y dirigeâmes. A notre arrivée, nous trouvâmes des hommes ivres de vin et de joie, dans le plus déplorable état, dont plusieurs avaient une robe autour de leur ceinture en guise de pantalon nous donnèrent une aubade et crièrent Vive la garde nationale ! vive nos frères ! Nous les engageâmes à se retirer et à aller rejoindre leurs frères d’armes, qui avaient besoin de leurs secours. Plusieurs consentirent à suivre notre conseil mais beaucoup ne voulurent point et se répandirent dans les logements. Alors nous y montâmes et, en employant la persuasion pour les uns et la force pour les autres, nous réussîmes, non sans peine et sans danger, car tous étaient armés et plusieurs avaient de mauvaises intentions. Trois quarts d’heure après notre arrivée, nous entendîmes le bruit de la caisse et nous vîmes avec joie l’arrivée d’un peloton de gardes nationaux, à la tête duquel était un élève de l’Ecole polytechnique. Ces messieurs se répandirent dans les logements, comme nous avions fait. Un peu après, nous descendîmes dans la cour et décrochâmes, ainsi que plusieurs autres gardes nationaux, les seaux d’incendie et nous fîmes tous, indistinctement, la chaîne pour éteindre le feu qui brûlait depuis fort longtemps. » Lui-même signa deux certificats en faveur de Bellangé, Louis, Alexandre. Le premier ; « Nous, soussignés, certifions que le nommé Alexandre, Louis Bellangé, entrepreneur de menuiseries, rue des Marais n° 33, le 29 juillet, avec M. Edouard Chausson, un corps de garde, rue des Marais-Saint-Martin n° 29, en invitant les citoyens du quartier à répondre à ce patriotisme et ont monté la garde jusqu’au moment où ils furent invités par les autorités supérieures à supprimer leur corps de garde. » Le deuxième : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Alexandre, Louis Bellangé, propriétaire, entrepreneur de menuiseries, rue des Marais n° 33, s’est armé, équipé en costume de garde national et est passé dans nos quartiers, en nous invitant à nous réunir à lui pour aller à la Chaussée d’Antin et rue du Mont-Blanc, accompagné de trois de ses amis et d’un homme du peuple, armé d’un sabre et casque. » Il demeurait 29, rue des Marais-Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Bellangé, Louis, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 378.

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