Chevalier, Louis, Albert
Biographie
Né le 4 décembre 1805 à Dôle (Jura). Avocat. Il fit le récit suivant de sa participation aux combats : « Le mercredi matin, 28, vers 10 heures, de concert avec un étudiant en médecine, demeurant rue de Bièvre, dans un hôtel, je présidais à une distribution d’armes qui se fit chez un arquebusier, quai de l’Archevêché et rue Haute-des-Ursins, en face de la grève, à un rassemblement que nous avions formé et auquel nous donnâmes rendez-vous à 2 heures, sur la place du Panthéon, où devait, disait-on, se trouver un grand nombre d’étudiants. L’arquebusier peut attester que des armes seules lui furent demandées et que rien autre chose, ainsi que je lui en avais répondu, ne fut touché. Quand le rassemblement entra dans son domicile, il ne se trouvait d’ailleurs que des armes blanches, des lances sans poignée etc. Comme il ne m’avait pas été possible, dans cette journée de mercredi, de me procurer des armes pour moi-même, je travaillais à l’établissement des barricades dont nous garnîmes la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. C’étaient les premières qu’on faisait dans le quartier. Deux de mes amis MM. Frédéric Degors (voir Degos, Frédéric) et Puymori-Lagrange (voir Lagrange-Puymori, Léonard), actuellement élèves de l’Ecole polytechnique, et demeurant alors rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, n° 56, présidaient aux travaux et les dirigeaient. Le jeudi 29, sous le feu des armes : après qu’une des portes d’entrée du Luxembourg eut été enfoncé à coups de hache, les vétérans de la caserne qui s’y trouve nous livrèrent leurs sabres, fusils et gibernes. J’ai encore en ma possession la giberne et le fusil. Pour le sabre, je le donnai, sur la place de l’Odéon, à un citoyen qui n’avait aucune arme, comme le firent, par une résolution spontanée, tous ceux qui se trouvaient armés de fusils. Je fus aussitôt placé en sentinelle par un élève de l’Ecole polytechnique à la porte du corps de garde de l’Odéon, où se confectionnaient des cartouches, pour surveiller la distribution qui s’en faisait. On nous lut une correspondance saisie sur un courrier des ministres de l’ex-roi. Le serment de combattre pour la patrie qu’on voulait opprimer et de la venger fut répété par tous ; après quoi, on marcha sur la caserne des Suisses, rue de Babylone, sous le commandement d’un citoyen en petit chapeau à la Bonaparte, à cheval, et de plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique revêtus de ceinture, et à cheval aussi. Je me trouvais dans le bataillon commandé par M. Tamisier (voir Tamisier, François, Laurent, Alphonse), élève de l’Ecole polytechnique, qui faisait la tête de la colonne qui déboucha par la rue de Sèvres, où nous stationnâmes pendant que des parlementaires avaient été envoyés. J’étais aux premiers rangs, à côté de MM. Auguste Caunes fils mort depuis en Belgique ! Frédéric Degors, actuellement élève de l’Ecole polytechnique, Alexandre Dumas, avocat, n° 38 rue des Boucheries-Saint-Germain. Nous combattîmes pendant près de deux heures. Pendant l’action, j’étais en face de la caserne, sur les combles d’une maison qui fait l’angle de la rue de Sèvres ; de là, malgré l’incommodité de la position et son danger, nous pouvions apercevoir les Suisses dans l’intérieur et mieux les ajuster. J’ai entendu dire que Vaneau était tombé dans le jardin qui touche la maison que je désigne. J’entrais dans la caserne avec les premiers car la paille qu’on avait allumée contre les portes flambaient encore et je m’empressai par tous mes efforts de faire cesser les coups de fusil qu’on tirait en réjouissance de la victoire et qui avaient, disait-on, blessé plusieurs des nôtres. Un de mes amis, Edouard Jouffroy (d’Autun), demeurant alors n° 56, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, avec qui j’allais depuis à Rambouillet, fut laissé pour commander le poste que l’on plaça dans la caserne. Revenus sur la place de l’Odéon, nous fûmes dirigés sur les Tuileries, qui venaient être prises (mais nous l’ignorions) par un citoyen décoré de la Légion d’honneur et qui portait des pistolets à sa ceinture. Je pénétrai dans l’intérieur du château, sous la conduite alors de M. Auger (voir Auger, Charles), maintenant encore à l’Ecole polytechnique, pour y faire des patrouilles et établir l’ordre. On me donna le mot d’ordre qui était, si je m’en souviens, Liberté et variété et pendant trois ou quatre heures, je commandais des patrouilles dans les grands appartements et dans ceux du haut surtout, où nous arrêtâmes en différentes fois une vingtaine d’individus qui pillaient et qui, plus d’une fois, voulurent même essayer de faire contre nous usage de leurs armes. Nous les remettions, avec les objets volés dont ils étaient nantis, à un grenadier ou voltigeur de la garde nationale, qui m’a dit s’appeler M. Blanc et qui, dans ce moment, avait le commandement, à l’entrée des grands appartements du premier et de la galerie du musée, par l’escalier qui se trouve dans l’angle du château du côté du pont Royal. Le 30 au matin, je vins à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, m’engager dans la garde nationale qui, disait-on, devait être aussitôt employée contre les ennemis de la France. Je fus à l’instant et jusqu’au lendemain placé de garde au poste même de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 3 août, j’allais à Rambouillet avec Messieurs Edouard Jouffroy d’Eschavannes (d’Autun), demeurant alors 56, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et M. Jules Steinheil, demeurant 8, rue des Vieilles-Haudriettes. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à aucune voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 19 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au quai de la Cité, il présida à la distribution des armes chez un armurier puis travailla aux barricades. Le 29, armé à la place des Vétérans, à la place de l’Odéon, il fit partie de la colonne qui se dirigea sur Babylone, où il a combattu jusqu’à la prise ; de retour aux Tuileries à la fin de l’action, il y fut de poste. Rambouillet. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Chevallier, Louis, Albert), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut détenu, pour raison politique, en 1832 et en 1834. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 224, rue Saint-Jacques en 1830-1831 ; 11, rue Neuve-de-la-Banque, chez Panet en 1848. Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 19 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités. C’est qui sur la liste des journaux ? Chevalier, Louis, Henri ?