Chevalier, Louis, Constant

Biographie


Né vers 1781 à Alençon (Orne). Fileur. Il fut renversé par la multitude, le 29 juillet, à la prise du Louvre. Gravement contusionné, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les listes du Constitutionnel. Il reçut (sous le nom de Chevallier, Louis, Constant) un total de trois cent soixante-dix-sept francs et cinquante centimes de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il mourut des suites de ses blessures, le 20 (dans le certificat de l’hôpital) ou 23 janvier suivant à l’hôpital de la Pitié, « par une hydro sarcocèle résultant d’une contusion violente qu’il avait reçue sur les bourses ». Il fut enterré, le 25 janvier, au cimetière du Montparnasse. Peu avant sa mort, son uniforme de garde national lui avait été fourni gratuitement. Il est répertorié (sous le numéro 883) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 883) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Royer, Jacques, Félix, marchand boucher, demeurant 52, rue Mouffetard ; Duval, Jacques, marchand grainetier, demeurant 47, rue Mouffetard ; Weber, François, Antoine, marchand boulanger, demeurant 45, rue Mouffetard ; Monnot, Pierre, Germain, distillateur, demeurant 44, rue Mouffetard. Ils attestèrent qu’il était « à leur connaissance personnelle et de notoriété publique que le sieur Chevalier, Louis, Constant […] en combattant dans la journée du 29 juillet dernier à la prise du Louvre s’est trouvé renversé et foulé par la multitude ; qu’à la suite de cet accident il a été transporté expirant à l’hôpital de la Pitié, où en dernier lieu il est mort le 23 janvier suivant ; que ledit Chevalier habitait son domicile sus-indiqué avec la demoiselle Marguerite, Eléonore Griveau, depuis vingt-sept ans (sic) ». Il laissait une concubine Griveau, Marguerite, Eléonore (Griveau, Marguerite, Elisabeth in Archives nationales F/1dIII/37 et sur les listes du Bulletin des lois), née le 23 juillet 1781 (le 23 juillet 1781 dans son acte de baptême ; mais par erreur le 24 juillet 1781 in Archives nationales F 9 1157) à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) (elle-même fille de Griveau, Philibert, menuisier, et de Huré, Marie, Marguerite), avec laquelle il avait vécu pendant dix-huit ans (ou vingt-sept ans). La préfecture de police rapportait les renseignements suivants sur son compte : « Les divers renseignements recueillis sont tous favorables à la conduite et à la moralité de la demoiselle Griveau. Elle ne possède pour ressources fixes que le gain très modique qu’elle trouve à dévider du coton. Elle vit comme elle a toujours vécu, en la compagnie de sa mère, presque octogénaire et atteinte de toutes les infirmités compagnes de ce grand âge. Aussi, l’ouvrage venant à lui manquer, privée du soutien du sieur Chevalier, s’est-elle, pour la première fois, vue en retard du paiement de deux termes de loyer, montant à quarante-six francs. Elle vivait depuis dix-huit ans avec le sieur Chevalier et la bonne intelligence régnait tellement entre eux qu’on les citait pour modèle d’un bon ménage (longtemps on les a crus mariés légitimement). » Elle fut pensionnée de cinq cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 24 juillet 1840, les restes de Chevalier furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Chevalier demeurait depuis vingt-sept ans 52, rue Mouffetard ; sa concubine, 7, rue Charretière en 1831. Le nom de Chevalier (L.-C. Chevalier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lapillon ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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