Chevallon, Alexandre
Biographie
Né le 7 octobre 1798 (mais le 15 octobre 1798 dans le Dictionnaire des parlementaires français) à Romagne (Vienne), fils d’un notaire de la Motte-Sainte-Héraye (Deux-Sèvres). Industriel. La chronique de l’époque rapportait à son sujet (bien sous le nom de Chevallon) : « Se fait remarquer par son ardeur. » Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Chevalon, sur une réunion au National, après la rentrée du duc d’Orléans au Palais-Royal, puis sur une réunion qui eut lieu entre le duc d’Orléans et des républicains : « Au moment où le duc d’Orléans, triomphant et joyeux, rentrait au Palais-Royal, six ou huit jeunes gens se réunissaient au-dessus des bureaux du National, dans l’appartement commun à Paulin et à Gauja.
Ils se regardaient les uns les autres avec un silence d’autant plus menaçant qu’ils étaient encore armés comme au jour du combat.
Ces jeunes gens étaient Thomas, Bastide, Chevalon, Grouvelle, Boinvilliers, Godefroy Cavaignac, Etienne Arago, Guinard. Peut-être un ou deux autres encore dont les noms m’échappent.
Chacun, selon son impatience, était assis ou debout.
Thomas était assis dans l’embrasure d’une fenêtre, avec son fusil de chasse à deux coups entre les jambes. C’était, à cette époque, un beau et brave garçon plein de loyauté, de courage, de franchise ; une tête froide et un cœur ardent.
On en était donc là ; on se racontait les détails de cette odyssée de l’hôtel de ville, et l’on se demandait ce qu’il fallait faire. M. Thiers entra.
Le matin avait paru, dans le National, un article sur l’arrestation du duc de Chartres à Montrouge 1.
Dans cet article, tout avait changé d’aspect.
Le duc de Chartres venait à Paris pour mettre son sabre à la disposition du gouvernement provisoire !
M. Lhuillier lui avait offert l’hospitalité. Le duc de Chartres avait quitté Montrouge dans l’enthousiasme des événements qui se passaient à Paris et avait promis de revenir avec son régiment.
Quelques jours après, grâce à cet article, M. Lhuillier fut décoré. L’article était du fait de M. Thiers.
L’apparition du futur ministre au milieu de nos six ou huit républicains ne fut donc pas heureuse.
Il s’était complétement dessiné depuis la veille au matin. Il était orléaniste.
En sa qualité d’orléaniste, il s’était inquiété de cette réunion qui avait lieu au-dessus de sa tête ; résolu d’attaquer ce taureau par les cornes, il monta au premier étage, et, comme nous venons de le voir, il entra sans être annoncé.
Un murmure significatif accueillit sa venue.
M. Thiers paya d’audace.
– Messieurs, dit-il, le lieutenant général désire avoir une entrevue avec vous.
– Et pour quoi faire ? demanda Cavaignac.
– Qu’y a-t-il de commun entre lui et nous ? demanda Bastide.
– Ecoutez toujours, messieurs, dit Thomas.
M. Thiers crut que, de ce côté-là, il allait trouver un soutien. Il s’avança vers Thomas et, lui posant la main sur l’épaule :
– Voici un beau colonel, dit-il !
– Ah çà ! répondit Thomas en secouant doucement son épaule, est-ce que, par hasard, vous me prenez pour une p...
M. Thiers retira sa main.
– Continuez, dit Thomas, nous écoutons.
Alors, M. Thiers expliqua le but de l’entrevue.
Le duc d’Orléans voulait, pour sa politique à venir, prendre les conseils de ces braves jeunes gens dont l’héroïque insurrection avait fait la révolution de juillet. Il devait, toujours au dire de M. Thiers, les attendre, le soir, entre huit et neuf heures, au Palais-Royal.
Les républicains secouaient la tête.
Mettre le pied au Palais-Royal, c’était, leur semblait-il, pactiser avec le pouvoir nouveau, qui s’élevait à la fois contre leur conscience et contre leur volonté.
Mais Thomas vint encore en aide au négociateur.
– Voyons, dit-il en se levant, prouvons-leur jusqu’au bout que nous sommes de bons enfants.
Et, allant déposer son fusil dans l’angle de la cheminée :
– A ce soir, neuf heures, monsieur... Vous pouvez dire au lieutenant général du royaume que nous nous rendrons à son invitation.
M. Thiers sortit.
Il n’y avait pas la moindre invitation de la part du lieutenant général du royaume. M. le lieutenant général du royaume n’avait pas le moins du monde désiré voir MM. Thomas, Bastide, Chevalon, Grouvelle, Boinvilliers, Cavaignac, Arago et Guinard. M. Thiers avait pris le tout sous son bonnet, espérant qu’une entrevue concilierait les opinions. On a vu, par ce qu’il avait dit à Thomas, qu’il prenait les opinions pour des ambitions.
Le soir, les républicains furent exacts au rendez-vous. La duchesse d’Orléans, madame Adélaïde, les jeunes princes et les jeunes princesses venaient d’arriver, lorsqu’on annonça au duc d’Orléans qu’une députation l’attendait dans la grande salle.
Depuis le matin, les députations s’étaient succédé, et les salons n’avaient pas désempli.
Une députation n’étonnait donc pas le prince ; seulement, ce qui l’étonnait, c’était le personnel de la députation.
M. Thiers était là. En accompagnant Son Altesse, du salon où il était au salon où l’attendaient ces messieurs, il essaya de la mettre au courant prenant la moitié de la responsabilité sur lui, laissant l’autre aux républicains.
Tout cela avait pris un quart d’heure à peu près ; depuis un quart d’heure, ces messieurs attendaient. Ils commençaient à trouver l’attente un peu longue.
Tout à coup, la porte s’ouvrit et le duc entra, le sourire sur les lèvres ; seulement, le sourire n’avait pas eu le temps, si nous pouvons nous exprimer ainsi, de monter jusqu’aux yeux : la bouche souriait, mais le regard était encore interrogateur.
– Messieurs, dit le prince, vous ne doutez pas du plaisir que j’ai à vous recevoir ; mais...
Bastide devina, et regarda M. Thiers.
– Mais vous ne comprenez rien à notre visite ? Demandez, alors, une explication à M. Thiers, et M. Thiers voudra bien vous la donner, je l’espère, telle que la dignité du parti que nous représentons n’ait point à en souffrir.
M. Thiers, en effet, donna une explication équivoque, embarrassée à laquelle le duc d’Orléans coupa court en disant :
– C’est bien, c’est bien, monsieur... Je vous remercie de me procurer la visite de nos plus braves combattants.
Puis, se tournant de leur côté, il parut attendre que l’un d’eux commençât. Boinvilliers prit le premier la parole.
– Prince, dit-il, demain, vous serez roi...
Le duc d’Orléans fit un mouvement.
– Demain, monsieur ? dit-il.
– Si ce n’est demain, ce sera dans trois jours, ce sera dans huit jours... Peu importe le temps !
– Roi ! répéta le duc d’Orléans ; et qui vous dit cela, monsieur ?
– La marche que suivent vos partisans, la pression qu’ils exercent sur les choses, n’osant pas l’exercer sur les hommes ; les placards dont ils couvrent les murailles, l’argent qu’ils répandent dans les rues.
– Je ne sais pas ce que font mes partisans, répondit le duc, mais ce que je sais, c’est que je n’ai jamais aspiré à la couronne, et qu’aujourd’hui encore, je ne la désire pas, quoique beaucoup de gens me pressent de l’accepter.
– Enfin, monseigneur, supposons, cependant, que l’on vous presse de telle sorte que vous ne puissiez la refuser, nous est-il permis de vous demander quelle est votre opinion sur les traités de 1815 ? Faites-y attention, ce n’est point seulement une révolution libérale qui vient de s’accomplir, c’est une révolution nationale ; la vue du drapeau tricolore, voilà ce qui a soulevé le peuple ; c’est la dernière amorce de Waterloo que nous venons de brûler, et il serait plus facile encore de pousser le peuple sur le Rhin que sur Saint Cloud.
– Messieurs, répondit le duc, je suis trop bon Français, je suis trop bon patriote surtout pour être partisan des traités de 1815. Mais je crois la France fatiguée de guerres ; la rupture des traités, c’est la guerre européenne... Croyez-moi, il importe de garder beaucoup de mesure vis-à-vis des puissances étrangères, et certains sentiments ne doivent pas être exprimés trop haut.
– Passons donc à la pairie, prince...
– A la pairie, soit.
Et le duc se mordit les lèvres, comme un homme habitué à interroger, et qu’on force à son tour à subir un interrogatoire.
– La pairie, et vous serez forcé d’en convenir, continua Boinvilliers, la pairie n’a plus de racines dans la société... Le Code, en abolissant le droit d’aînesse, les fidéicommis et les majorats ; le Code, en divisant les héritages à l’infini, a étouffé l’aristocratie dans son germe, et l’hérédité nobiliaire a fait son temps.
– Peut-être, messieurs, vous trompez-vous sur cette question d’hérédité, qui est, à mon avis, la seule source d’indépendance qu’il y ait dans les institutions politiques... Un homme sûr d’hériter de son père ne craindra pas d’avoir une opinion à lui, tandis que l’homme à élire aura l’opinion qu’on lui imposera... Au reste, reprit le duc, c’est là une question à examiner, et, si la pairie héréditaire croule réellement, ce n’est point moi qui la réédifierai à mes frais.
– Prince, dit alors Bastide, je crois que, dans l’intérêt même de la couronne qui vous est offerte, il serait bon de réunir les assemblées primaires.
– Les assemblées primaires ? dit le duc en tressaillant. Oui, en effet, je sais que je parle à des républicains.
Les jeunes gens s’inclinèrent ; ils étaient venus moins en alliés qu’en ennemis : ils acceptaient la qualification, au lieu de la repousser. Leur intention était de faire la situation bien nette entre eux et le pouvoir.
– Franchement, messieurs, dit le duc, croyez-vous la république possible dans un pays comme le nôtre ?
– Nous croyons qu’il n’y a pas de pays où le bon ne puisse être substitué au mauvais.
Le duc secoua la tête.
– Je croyais que 1793 avait donné à la France une leçon dont elle saurait profiter.
– Monsieur, dit Cavaignac, vous le savez aussi bien que nous 1793 était une révolution, et non une république ; d’ailleurs, continua-t-il avec une fermeté d’accent et une netteté de prononciation qui ne permettaient pas de perdre une seule syllabe de ce qu’il disait, autant que je puis me le rappeler, les événements qui s’écoulèrent de 1789 à 1793 obtinrent votre entière adhésion... Vous étiez de la société des Jacobins ?
Il n’y avait pas à reculer ; on déchirait hardiment le voile du passé, et le futur roi de France apparaissait entre Robespierre et Collot d’Herbois.
– Oui, c’est vrai, dit le duc, j’étais de la société des Jacobins. Mais, heureusement, je n’étais pas de la Convention.
– Votre père et le mien en étaient, monsieur, dit Cavaignac, et tous deux ont voté la mort du roi.
– C’est justement pour cela, monsieur Cavaignac, reprit le duc, que je n’hésite pas à dire ce que je dis... Je pense qu’il est permis au fils de Philippe-Egalité d’exprimer son opinion sur les régicides. Au reste, mon père a été fort calomnié ; c’est un des hommes les plus respectables que j’aie jamais connus !
– Monseigneur, reprit Boinvilliers comprenant que, s’il n’interrompait pas la conversation, elle allait s’égarer sur le terrain des personnalités, il nous reste encore une crainte...
– Laquelle, messieurs ? demanda le prince. Oh ! dites, tandis que vous y êtes.
– Eh bien, nous craignons – et nous avons nos raisons pour cela – nous craignons, dis-je, de voir les royalistes et les prêtres encombrer les avenues du nouveau trône.
– Oh ! quant à ceux-là, s’écria le prince avec un geste presque menaçant, soyez tranquilles, ils ont porté de trop rudes coups à notre maison pour que je les oublie ! Une partie des calomnies dont je parlais tout à l’heure vient d’eux ; une barrière éternelle nous sépare... C’était bon pour la branche aînée, cela !
Les républicains, étonnés de l’expression presque haineuse avec laquelle le prince venait de prononcer ces mots : “C’était bon pour la branche aînée !” se regardèrent les uns les autres.
– Eh bien, messieurs, dit alors le duc, est-ce que, par hasard, j’avance une vérité qui vous soit inconnue en proclamant tout haut cette différence de principes et d’intérêts qui a toujours séparé la branche cadette de la branche aînée, la maison d’Orléans de la maison régnante ?... Oh ! notre haine ne date pas d’hier, messieurs ; elle remonte à Philippe, frère de Louis XIV ! C’est comme mon aïeul le régent, qui donc l’a calomnié ? Les prêtres, les royalistes ; car, un jour, messieurs, quand vous aurez mieux approfondi les questions historiques, fouillé jusqu’aux racines l’arbre que vous voulez abattre, vous saurez ce que c’était que le régent, les services qu’il a rendus à la France en décentralisant Versailles, et en faisant passer, par son système de finances, l’argent et l’or du pays jusque dans les dernières artères de la société. Ah ! je ne demande qu’une chose, c’est, si Dieu m’appelle à régner sur la France, comme vous le disiez tout à l’heure, c’est qu’il me soit accordé une portion de son génie !
Alors, il s’étendit longuement sur les améliorations que la politique du régent avait amenées dans la situation diplomatique de l’Europe ; et, à propos de l’Angleterre, il dit quelques mots indiquant qu’il chercherait près d’elle le même point d’appui que son aïeul.
– Pardon, monsieur, dit Cavaignac, mais je crois que le véritable point d’appui d’un roi des Français doit être dans la France.
Le duc d’Orléans n’éluda pas l’explication, et, avec sa facilité d’élocution habituelle, il développa alors, il faut lui rendre cette justice, le système qui acquit, depuis, tant de célébrité sous le nom de système du juste milieu.
Cavaignac, auquel il s’adressait plus particulièrement, comme ayant soulevé la question, écouta avec la plus grande impassibilité le développement politique auquel se livra le prince.
Puis, lorsque celui-ci eut terminé.
– Eh bien, dit-il, nous pouvons être tranquilles ; avec ce système-là, vous n’en avez pas pour quatre ans !
Le duc sourit d’un air de doute.
Quant aux républicains, comme ils savaient tout ce qu’ils voulaient savoir, ils s’inclinèrent en signe qu’ils voulaient se retirer.
Ce que voyant le prince, il les salua à son tour.
Mais, pour ne pas leur laisser le dernier :
– Allons, messieurs, dit-il, vous me reviendrez... Vous verrez, vous verrez !
– Jamais ! articula nettement Cavaignac.
– Jamais est un mot trop absolu, et nous avons un vieux proverbe français qui prétend qu’il ne faut pas dire : “Fontaine...”
Mais, avant qu’il eût achevé sa phrase, ces messieurs avaient déjà gagné la porte.
Le duc les regarda s’éloigner d’un air sombre.
C’était le premier nuage qui obscurcissait son soleil.
Dans ce premier nuage étaient toutes les tempêtes de l’avenir, même celle qui devait le renverser.
Maintenant que l’on a vu les hommes et les principes face à face, on comprendra mieux, je l’espère, les 5 et 6 juin, les 13 et 14 avril, le 12 mai et le 24 février. » Chevallon fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Chevallon, Alexandre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Nous empruntons au Dictionnaire des parlementaires français la notice biographique le concernant : « Elève du lycée Napoléon à Paris, en 1814, il fit ensuite son droit à Poitiers, devint secrétaire de Manuel, député de la Vendée, entra par lui, en relation avec l’opposition libérale, s’affilia aux carbonari, et fit de nombreux voyages en Allemagne, en Espagne et en Italie, pour relier entre elles les sociétés secrètes de ces divers pays. A Poitiers, lors de l’affaire Berton, il faillit délivrer les accusés. Quelque temps après [la révolution de Juillet], Louis-Philippe fit offrir la préfecture de Vienne à Chevallon, qui refusa. Il entra alors dans l’industrie, et se mit fabricant de chaux hydraulique aux Moulineaux et aux Buttes-Chaumont, près Paris. Après la révolution de Février, le département des Deux-Sèvres l’élut, le 23 avril 1848, représentant des Deux-Sèvres à l’Assemblée constituante, le 8e et dernier, par 33,728 voix sur 78,335 votants. Il siégea à gauche et vota :
– pour le bannissement de la famille d’Orléans,
– contre le décret sur les clubs,
– pour l’abolition du cautionnement des journaux,
– contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
– pour l’abolition de la peine de mort,
– contre l’amendement Grévy sur la présidence,
– pour les félicitations au général Cavaignac,
– pour la réduction de l’impôt du sel,
– contre le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute Cour,
– pour l’amnistie des transportés,
– pour la mise en accusation du président et de ses ministres,
– pour l’abolition de l’impôt des boissons.
Nommé, après la session, membre de la commission d’administration de l’hôtel des Invalides, il quitta la vie politique à l’avènement de l’Empire, et rentra dans l’industrie. » Il mourut le 20 juillet 1874 à Paris. Il donnait comme adresse les bureaux du National en 1831. Le National, 3 août 1830 (sous le nom de Chevallon) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 272 (sous le nom de Chevallon) ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 103 (sous le nom de Chevallon) ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 (sous le nom de Chevalon) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Chevalon) ; Dictionnaire des parlementaires français, Robert, Bourloton et Cougny, Paris, chez Bourloton, 1891.
Le duc de Chartres, qui regagnait Paris à la tête de son régiment, venait de faire allégeance à la famille royale. Le baron de Damas devait témoigner du fait suivant : « Le 1er août, nous fûmes heureusement surpris par l’arrivée de Mme la dauphine. Cette princesse, qui était à Vichy lorsque les ordonnances furent rendues, avait été insultée à son passage à Dijon et avait montré dans cette circonstance son courage habituel. A Joigny, elle avait rencontré le duc de Chartres à la tête le son régiment de hussards et ce prince l’avait assurée de son dévouement. » Mémoires du baron de Damas (1783-1862), tome IIe (1823-1862), Paris, Plon, 1922, p. 183.