Chevallot, Jean, Nicolas

Biographie


Né le 5 juin 1789 à Aignay-le-Duc (Côte-d’Or). Arbitre près le tribunal de commerce. Il fut traduit, par contumace, par la cour d’assises de la Côte-d’Or, le 30 décembre 1816, pour complot tendant à renverser le gouvernement légitime ; le procureur ayant demandé la peine de mort, il fut cependant déclaré non coupable et acquitté, condamné aux frais occasionnés par la contumace. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « De 1804 à 1815, j’ai été employé en qualité de sous-chef à la recette générale de la Côte-d’Or à Dijon. Le receveur général était M. Lejeas (Lejeas, Jean-Louis, N.D.A.), beau-frère de M. le duc de Bassano. Par suite des événements politiques, le receveur général a été destitué et pour la même cause j’ai perdu la place que j’occupais dans ses bureaux. Immédiatement après, j’ai été poursuivi criminellement pour mes opinions politiques contraires à la Restauration et après quatorze mois de poursuites des conclusions à la peine de mort ont été portées contre moi. Depuis cette époque, je n’ai jamais sollicité ni obtenu aucun emploi sous le gouvernement déchu ; mes opinions, tout à fait opposées à ce gouvernement peuvent être attestées par MM. les députés de la Côte-d’Or, notamment par M. Hernoux l’un d’eux, maire de la ville de Dijon, également impliqué dans mon procès criminel et actuellement logé hôtel de la Côte-d’Or, rue des Moulins.

»Ces circonstances expliquent l’ardeur et le dévouement avec lesquels je me suis prononcé lors des événements de Juillet.

»A 9 heures du matin le mercredi 28, j’étais à la réunion qui eut lieu dans les bureaux du National et où il fut décidé que les patriotes devaient se porter spontanément aux mairies et s’en emparer. M. Berger (voir Berger, Jean-Jacques, N.D.A.], actuellement maire du (ancien) IIe arrondissement, faisait partie de cette réunion et attestera le fait de ma présence, ainsi que MM. Mandrou (voir Mandrou de Villeneuve, Augustin, Guillaume, N.D.A.), Launet, etc.

»Ce fut par suite de cette détermination que je rentrai chez moi pour mettre mon uniforme et prendre mes armes, qu’un heureux pressentiment m’avait fait conserver ; je me rendis de suite à la mairie, où j’arrivai le premier, accompagné de M. Marignier, rue Taibout n° 36, qui peut témoigner de l’enthousiasme qu’excita la vue du premier garde national dans la rue Neuve-des-Petits-Champs. Je fus bientôt rejoint à la mairie par d’autres gardes nationaux que mon exemple avait entraîné. Je citerai entre autres M. Gersaud, miroitier, 15, rue Vivienne.

»Entre 3 et 4 heures du même jour, les avenues de la rue d’Antin furent occupées par des détachements du 5e de ligne, qui firent sur nous des charges qui, à la vérité, ne firent de mal qu’aux vitres de la mairie.

»A l’entrée de la nuit, je sortis seul de la mairie et traversai, l’arme au bras, le détachement du 5e qui gardait les issues de la rue des-Petits-Champs et j’employais une grande partie de la nuit à exciter et à aider les patriotes qui travaillaient aux barricades.

»Le jeudi matin 29, j’appris qu’il était important de garder le poste de la Bourse, où la garde royale cherchait à se rendre par la rue de Richelieu et où étaient conduits les prisonniers et les blessés. J’y arrivais toujours armé et en uniforme et j’y restais toute la journée avec d’autres patriotes, sous le commandement d’un officier que je ne connais pas mais qui doit être connu de M. Blouet, concierge de la Bourse. M. Blouet peut attester ce fait et déclarer de plus qu’à chaque instant nous nous attendions à être attaqués par les troupes qui se battaient rue de Richelieu.

»Enfin, pour ne pas entrer dans d’autres détails, que je crois superflus, je me bornerai à dire que malgré la fatigue, les besoins et le danger, je suis resté sous les armes depuis le mercredi matin jusqu’au vendredi soir. » Il avait passé la journée qui suivit les combats à la caserne des Cent-Suisses, où il concourut à la conservation du dépôt d’armes. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Déçu de la décision de lui accorder la simple médaille, il réclama devant la Commission, qui lui fit l’aveu que son dossier avait été perdu. Il sollicita cependant la croix en remplacement : « J’apprends à l’instant que la Commission a persisté dans la première décision, en se fondant premièrement sur ce qu’il n’a pas été prouvé que j’eusse pris une part active aux combats des 28 et 29 juillet et deuxièmement sur ce qu’il a été démontré par une enquête que le détachement du 5e de ligne qui a fait feu rue d’Antin, a tiré en l’air. […] Mais la loi sur les récompenses nationales dit-elle formellement qu’il faudra avoir combattu matériellement pour avoir droit à la décoration ? Dans ce cas, messieurs les journalistes signataires de la protestation et les juges du tribunal de commerce faisaient donc exception à l’application de la loi ? […] Lorsque la détermination de se porter sur les mairies fut arrêtée, pouvait-on prévoir les points sur lesquels des engagements plus ou moins sérieux auraient lieu ? […] Qui pouvait prévoir que le détachement du 5e de ligne, qui a fait feu, tirerait en l’air. » En 1831, il était architecte près le tribunal de commerce. Il demeurait à Dijon (Côte-d’Or) en 1804-1815 ; 29, rue Neuve-des-Bons-Enfants en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831. Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (par erreur sous le nom de Chevalot, Jean, Nicolas faire le changement).

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