Chevrier, Hubert ; Kososki ou Kosloski, dit Chevrier Hubert (Kaloski dit Chevrier dans les listes du Bulletin des lois)

Biographie


Né vers 1789 à La Chapelle (Seine) ou en 1790 à Cracovie (Pologne) (Cracovie in Archives nationales F/1dIII/39). Ancien militaire au 1er régiment de lanciers polonais de ligne de la Grande Armée, il avait onze années de service, au cours lesquelles il fut blessé deux fois, avait participé à onze campagnes et à deux sièges. Homme de peine ou voiturier (voiturier in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives de Paris VK3 39). Il fut blessé le 28 juillet à la porte Saint-Denis, d’un coup de feu dont la balle lui traversa la cuisse gauche. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Le 31 octobre 1830, il faisait parvenir la lettre suivante au roi : « Le nommé Chevrier, Hubert (il signe bien Chevrier), l’un des braves blessés des immortelles journées de Juillet, qui a l’honneur de vous présenter lui-même cette supplique, dans la grande revue du 31 octobre, ose prendre la très respectueuse liberté d’exposer à Votre Majesté qu’il a été l’un des premiers qui ont couru à la défense de nos libertés. Mais que le 28, après avoir coopéré au désarmement du poste de gendarmerie du marché des Innocents et être venu se placer en tirailleurs à l’affaire de la porte Saint-Denis, où il a abattu plusieurs gardes royaux qui faisaient feu sur des femmes et des enfants, il a reçu un coup de feu à la partie inférieure de la cuisse gauche, la balle a coupé un nerf du jarret et a éclaté l’os. Perdant beaucoup de sang par cette blessure et obligé de quitter le combat, il a été transporté à la maison de santé du faubourg Saint-Denis, où il est resté jusqu’au 13 septembre, époque où il a été conduit à la maison de convalescence, d’où il est sorti le 25 de ce mois. La plaie est cicatrisée mais le nerf qui a été attaqué, les petits éclats d’os qu’on lui a retirés produisent une faiblesse dans cette partie, qui le fera boiter toute sa vie, et le rend impropre à son état de charretier, qui est pénible et exige beaucoup d’agilité. C’est d’après ces motifs que ce brave défenseur supplie Votre Majesté de vouloir bien ordonner son entrée à l’hôtel des Invalides ou qu’il lui soit accordé une pension annuelle pour l’aider à exister. Mais la gravité de sa blessure, la grande faiblesse de sa cuisse, ses onze années de service dans le 3e régiment des lanciers de la ligne, ses campagnes en Allemagne, en Russie et en Espagne et deux coups de feu à la jambe droite à la bataille de Wouacagna (sic) en Espagne méritent bien son entrée à l’hôtel. Jamais, Sire, vous n’aurez accordé de récompense à un soldat plus dévoué et à un plus brave patriote, toujours prêt à verser son sang pour sa patrie et pour le vénéré roi des Français. » Il reçut un secours de cinquante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la partie moyenne et externe du genou gauche de sa partie antérieure vers la partie postérieure avec atteinte aux ligaments et aux tendons de cette région. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur deux ans (sous le nom de Kaloski, dit Chevrier-Hubert sur les listes du Bulletin des lois et de Koloski, dit Cherrier, Hubert sur celles du Moniteur universel). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, et une autre indemnité définitive de la part de cette même Commission, comme blessé de la IIe classe du XIIIe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831. Il ne savait pas signer. Il demeurait 97, rue Saint-Denis, chez Potevin, marchand de vin, à La Chapelle-Saint-Denis en 1831 et depuis 1814. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 15 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 16 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 67, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 90 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 13 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Koloski, dit Chevrier, Hubert) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical (sous le nom de Koloski, dit Chevrier, Hubert) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chevrier, Claude, François ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Kososki ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe.

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