Chignard, Gabriel, René
Biographie
Né vers 1799 à Noyaut (Maine-et-Loire). Domestique. Il s’illustra au Louvre et fut blessé d’une balle reçue au bras gauche. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), afin d’obtenir une récompense pécuniaire, étant alors sans place. Il adressa, le 6 septembre 1831, la lettre suivante à la Commission : « Servir son pays, verser son sang pour lui n’est qu’un acte honorable et d’obligation, pour lequel l’homme aisé n’a rien à réclamer mais lorsque cet homme se trouve, par les circonstances, dans la plus profonde misère et que la générosité nationale décerne des secours à son dévouement, il est en droit d’en réclamer sa part. Lors des événements de juillet 1830, je m’échappais de chez M. Collot, mon maître, directeur des Monnaies, pour aller partager les dangers de mes concitoyens. Frappé, le 29, d’une balle au bras, je tombais, et ma chute me sauva d’un feu de peloton. Je n’en continuais pas moins à combattre jusqu’à la fuite des troupes royales. J’étais blessé, je souffrais mais j’étais en place. Je pensais alors que l’honneur me faisait un devoir de laisser à mes compatriotes nécessiteux tout ce que leur destinait la patrie reconnaissante. Cependant et moi aussi je tombais dans la misère. Congédié de chez mon maître, pour cause de réforme, comme il appert d’un certificat dont je suis porteur, je me trouve aujourd’hui, père de famille, sans place, sans ressources et dénué de tout. C’est dans cette position déplorable qu’il m’est doux de croire que messieurs de la Commission prendront en considération ma demande de participer aux récompenses nationales. J’espère d’autant plus qu’elle sera octroyée que, citoyen paisible, je n’ai jamais paru dans les troubles qui ont affligé la capitale. » Sa lettre était apostillée par : Michel (voir Michel, Léonard), tailleur, demeurant 11, rue Jacob, qui certifiait avoir que Chignard avait été blessé, combattant en sa présence le 29 juillet ; Binet, décoré de Juillet, demeurant 4, place aux Veaux (nom à retrouver), qui certifiait l’avoir vu se battre à ses côtés. Chignard joignait le certificat médical suivant : « Je, soussigné, Jean, Joseph Gineste [voir le Geneste, Jean, Joseph, officier de santé, demeurant dans le quartier de la Monnaie qui signa un certificat en faveur de Michel, Léonard, N.D.A.], officier de santé ayant passé son examen à la faculté de médecine de Paris pour obtenir le titre de docteur, certifie que le sieur Gabriel Chignard, demeurant chez M. Collot, directeur des Monnaies, lequel a été atteint d’une blessure faite par un coup de feu, le 29 juillet 1830 ; la balle a effleuré la partie moyenne latérale de l’avant-bras gauche, dont il éprouve des grandes douleurs aux changements de temps. Il a beaucoup de peine à porter son bras à la tête. » Signé, le 4 septembre 1830 : Gineste, officier de santé. Il était marié et père de deux enfants en 1831. Il apostilla de la même manière la lettre de Michel, Léonard, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il demeurait 25, rue du Colombier (aussi 34, rue d’Argenteuil dans le certificat qu’il signe en faveur de Michel, Léonard) en 1831. Archives de la préfecture de police AA 378 ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Michel, Léonard.