Cholet, Pierre, Armand, Fidel, Constant
Biographie
Né vers 1802 à Crouy (près de Soissons) (mais né vers 1785 à Berthancourt dans l’Aisne in Archives de Paris DM13 1). « Domicilié à Paris, 12 (ou 17 sur les listes du Constitutionnel), rue du Carême-Prenant, et résidait de fait au café David, 22, rue du Roule, où il exerçait la profession de garçon limonadier. […] Le 28 dudit mois, entre 2 et 3 heures de l’après-midi, étant à une fenêtre du 4e étage de ladite maison, 22, rue du Roule, où il se tenait la tête appuyée sur la main ; il fut atteint d’une balle, partie des rangs du 15e régiment d’infanterie légère, laquelle traversa la main et une partie de la tête ; qu’il mourut immédiatement à la suite de ce coup, ayant été trouvé sans vie quelques instants après […] » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 29 mars 1831, devant le juge de paix u (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Pecquet, Jean-Baptiste, né vers 1785, limonadier, demeurant 22, rue du Roule ; Greslin, Pierre, Henry, né vers 1767, rentier, demeurant 22, rue du Roule ; Chandelier-Varin, Pierre, Louis (voir Chandellier, Pierre, Louis), né vers 1799, médecin, demeurant 22, rue du Roule. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Cholet et savoir « que ledit sieur Cholet a été au nombre des victimes des glorieux événements du mois de juillet 1830 ; qu’en effet le 28 dudit mois, entre 2 et 3 heures de l’après-midi, étant à une fenêtre du 4e étage de ladite maison, 22, rue du Roule, où il se tenait la tête appuyée sur la main ; il fut atteint d’une balle, partie des rangs du 15e régiment d’infanterie légère, laquelle traversa la main et une partie de la tête ; qu’il mourut immédiatement à la suite de ce coup, ayant été trouvé sans vie quelques instants après ». Il laissait une veuve, Rossignol, Marie, Anne, née le 13 thermidor an II (30 juillet 1794) à Thivervad (Seine-et-Oise) (elle-même fille de Rossignol, Guillaume, journalier, et de Veillard, Marie, Anne son épouse), sans état, qui reçut un secours de deux cents francs sur les secours distribués par Le Constitutionnel, fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et trois enfants, Alexis, Ernest, né le 30 janvier 1825 à Clichy (Seine), Charles, Amédée (Charles, André sur les listes de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830), né le 24 mars 1829 (par erreur le 25 mars 1829 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, Constant, Eugène, né le 12 janvier 1831 (par erreur le 14 janvier 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 B) aussi à Paris, qui furent tous trois considérés comme orphelins de Juillet et qui reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Alexis, Ernest était fils naturel de Cholet, Pierre, Amant, Fidel, Constant (sic dans l’acte de naissance) et de Rossignel Marianne (sic dans l’acte de naissance) et légitimé par le mariage de ses parents, le 8 mars 1827 à la mairie du (ancien) VIe arrondissement de Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Dhéricourt, Noël, Jean, Marie, marchand, subrogé-tuteur, demeurant rue de la Boulangerie à Saint-Denis, en 1831. En 1832, Alexis, Ernest, placé à l’école de commerce, des arts et métiers de Charonne, jugé d’un « caractère doux » par la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau. Le 7 mars 1833 en effet, les veuves Michaut et Cholet faisaient parvenir la lettre suivante à la mairie du (ancien) Ve arrondissement : « Je suis fâché de vous importuner encore une fois mais comme M. Grandchamp vient écrire à M. Bourgeois qu’il lui retire mon fils, je crois, Monsieur, devoir vous mettre au fait de la scène qui vient d’avoir lieu. J’ai pu voir mon fils. Je l’ai trouvé dans un état dont jamais je n’ai vu de mendiant aussi dégoûtant. Je grondais cet enfant de ce qu’il était aussi sale. Il me dit qu’il avait sa blouse depuis avant le carnaval. En me promenant avec lui, je trouvais M. Grandchamp, qui se promenait aussi. Je lui fis observer combien cet enfant était dégoûtant. C’est vrai me dit-il. Il est si nonchalant, si sale. Je me permis de lui dire qu’il n’y avait pas ici tout à fait de sa faute puisqu’il y avait plus d’un mois qu’il avait sa blouse. “Allez trouver M. Bourgeois, me dit-il, qu’il me le retire, ce sera un bon débarras pour moi. Je vais lui écrire qu’il me rende le service de m’en débarrasser. Le voulez-vous Madame ? Oui Monsieur, lui répondis-je. Croyez-vous me faire peur en me mettant le marché à la main. Je ne vous ai donné aucun sujet pour le faire. Je ne veux aucune observation, me dit-il. M. Grandchamp sera satisfait, je ne lui ferai plus d’observation mais mon fils ne restera pas davantage chez lui. Monsieur, je me souviens que tous m’avaient dit qu’on ne passait pas de contrat avec le maître de pension. Je vous prie donc Monsieur de retirer mon fils et de le mettre dans une autre pension. C’est votre justice que je réclame. J’ose espérer que vous aurez la bonté de m’accorder ma demande. Si je ne suis pas assez heureuse pour l’obtenir, je garderai mon fils chez moi, il ne restera pas davantage chez M. Grandchamp. » L’enfant Michaut fut retiré, et sans doute aussi l’enfant Cholet. En 1835-1836, il était élève dans la pension Chastaing à Belleville. Charles, Amédée était élève externe dans une pension en 1836, et, en 1838, il reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau. en 1846, Constant reçut la même somme pour la même dépense. Constant, Eugène fut pensionné de sept cents francs en 1838 ; en 1846, il fut placé dans une maison de librairie à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) par les soins de la Commission municipale du Ve arrondissement. Cholet demeurait 26, rue des Batignolles en 1825 ; 12 ou 17, rue du Carême-Prenant en 1830 (mais 22, rue du Roule, au 4e étage, l’appartement exposé au couchant in Archives de Paris DM13 1) ; sa veuve, 180, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831-1832. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 30 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 337 n° 5 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Ve arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; lettre du 13 juin 1832 ; état des orphelins de Juillet du Ve arrondissement, qui réclament, en exécution de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, la somme de trois cents francs qui leur est allouée pour leur trousseau ; Etat nominatif des orphelins et orphelines de Juillet, qui, pendant le premier trimestre de 1832, ont atteint leur huitième année et dont les pensions doivent être dès lors réinscrites au Trésor au taux de sept cents francs, en conformité de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, Ve arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1836, orphelins de juillet 1830 qui ont atteint l’âge de sept ans pendant le premier trimestre 1836) ; année 1838 Ve arrondissement ; année 1839 Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Girard, A. ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nicot ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.