Cholet, Vincent

Biographie


Né le 20 nivôse an XIII (10 janvier 1805) à Saint-Gondon (Loiret), fils de Chollet, Vincent, journalier, et de Chollet, Suzanne, son épouse (et parfois né le 10 janvier 1805 à Nantes en Loire-Atlantique). Ouvrier chapelier-vernisseur mais parfois indiqué comme corroyeur. Il fut blessé, dans l’affaire de la place Louis XVI contre le 10e léger, à la partie inférieure et supérieure de la cuisse droite par deux balles qui l’ont traversé de dedans en dehors et restait estropié pour la vie. Un certificat médical constatait un dépérissement de la cuisse, l’atrophie de la jambe droite, l’insensibilité de la plante du pied et quatre cicatrices indiquant l’entrée et la sortie de balles, qui dans le trajet avaient probablement lésé le nerf sciatique Il était dans l’indigence en 1830. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Ne pouvant plus exercer son état ni aucun autre un peu lucratif, il fut placé dans la 6e classe des blessés et proposé pour une pension de mille francs par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il délivra (il signe bien Cholet), le 7 décembre 1830, en faveur de Rissel, Auguste et avec Petit, Léon, Gustave (voir ce nom), Bodet-Lacroix, Louis (voir ce nom), Cabanne, Jean-René (voir ce nom), Mermier (voir Mermier, Pierre, Balthazard) et Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné). le certificat suivant quand il sollicita une sous-lieutenance dans la cavalerie : « Nous, soussignés, citoyens blessés et présents à l’affaire du 30 juillet, certifions avoir vu M. Auguste Rissel dans nos rangs et qu’il a assisté au combat qui a eu lieu sur la place Louis-XVI, maintenant place des Martyrs, entre les jeunes gens et les soldats du 10e. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat. » Il était marié, depuis le 27 janvier 1830, à Martinet, Thérèse, Marie (fille de Martinet, Julien et de Lon, Marie, son épouse) et père d’un enfant de quelques mois, Marie-Thérèse, née le 15 juillet 1830 à Nantes fut pensionnée comme orpheline de Juillet ; en 1848, elle avait terminé son apprentissage de modiste et fut pensionnée jusqu’en 1849. Il fut un des très nombreux (deux pages de nom, voir la liste à Catheaugrue, Frédéric, Julien) qui, en mai 1832, apostillèrent la lettre que Catheaugrue fit parvenir à son député, afin d’obtenir, en raison des blessures qu’il avait reçues, une pension du gouvernement : « Lorsque le peuple parisien détruisait en quelques heures une insupportable tyrannie, de généreux citoyens, s’associant à ces périls, luttaient au même instant contre un pouvoir exécré qui ne fut trop longtemps que l’opprobre de notre belle patrie. Partout en France comme à l’étranger, des souscriptions furent ouvertes pour venir au secours des hommes que leurs blessures mettaient hors d’état de pourvoir aux besoins de leurs familles, et des veuves de ceux qui étaient restés sur le champ de bataille. Le roi, que nos vœux appelaient au trône et que nos bras y avaient placé, créa pour nous une décoration spéciale et mit à la disposition de ses ministres un fonds destiné aux pensions qui furent accordées depuis. De tous les blessés de Nantes, je suis, par une étrange fatalité, resté seul dans l’oubli pour la pension annuelle. Ce qui m’a convaincu de la chose c’est que j’ai vu mes frères d’armes du 30 juillet toucher tout récemment leur trimestre, et, sans vanité, Monsieur, je peux me compter au nombre de ces braves défenseurs de nos libertés. Retenu longtemps par mes graves blessures et qui se sont rouvertes le 24 septembre dernier, je fus, pendant ce temps, obligé de confier à des ouvriers la direction de mon établissement, qui a depuis beaucoup perdu de sa valeur : aussi je me demande pourquoi je n’ai pas eu part à la munificence du gouvernement. Est-ce pour avoir distribué des armes à plusieurs de mes concitoyens et qui ont combattu avec moi ? je ne le pense pas. Mon dévouement a été trop louable. Cependant, par mes blessures, je me vois sur le point de réduire ma famille à la plus affreuse misère, à laquelle j’ai, pour ma patrie, volontairement contribué. Je vous prie donc, Monsieur, de prendre en considération l’exposé sincère de ces faits. C’est avec toute la franchise d’un bon patriote que j’ai l’honneur de vous adresser ma demande. J’ai l’honneur, etc. » En 1832, il lui fut accordé un secours afin de pouvoir se rendre à Barèges, pour y prendre les eaux et soigner ainsi les séquelles que lui avait laissées sa blessure. Il demeurait rue du Cheval-Blanc puis 30, rue des Carmes (mais 17, rue Saint-Léonard dans deux certificats de notoriété) à Nantes en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 30 ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1832) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 (sous le nom de Cholet, Vincent).

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