Clavet Gaubert

Biographie


Alexandre Dumas un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, donnait sur une réunion qui eut lieu le 27 juillet, pour organiser la résistance, les précisions suivantes : « L’autre réunion, qui était bonapartiste, avait lieu chez le colonel Gourgaud (voir ce nom). Elle se composait, d’abord, du maître de la maison, puis du colonel Dumoulin, du colonel Dufays (voir Dufaÿ, Guillaume, Michel), du colonel Plavet-Gaubert (sic) et du commandant Bacheville (voir ce nom). On cherchait un moyen de faire les affaires de Napoléon II ; mais, comme tous ces hommes étaient bien plus des hommes d’action que des hommes de conseil, on n’arrêta rien, et l’on se donna rendez-vous pour le lendemain, place des Petits-Pères. » Il adressa la lettre suivante, le 25 décembre 1830, à la Commission des récompenses nationales : « J’ai servi pendant quinze ans avec distinction dans le corps du génie. J’étais, en 1815, aide de camp du comte Bertrand, grand maréchal du palais, que je n’ai quitté qu’après la bataille de Waterloo. Pour ne pas servir la Restauration, j’ai renoncé aux fruits d’utiles et honorables services et j’ai donné ma démission de chef de bataillon du 1er régiment du génie le 26 novembre 1815. Dès le 27 juillet au soir, j’ai pris une part active au premier mouvement populaire qui a eu pour résultat l’incendie de la baraque du poste de la gendarmerie sur la place de la Bourse. J’invoquerai ici le témoignage de MM. Dumoulin, ancien officier d’ordonnance de l’Empereur, qui était à la tête d’une colonne d’ouvriers. Le 28, dans les rues de la Verrerie, de la Poterie, des Coquilles et du Mouton, de concert avec le colonel Dufaÿ, Dumoulin et Degousée, je suis resté constamment dirigeant les masses du faubourg Saint-Antoine et j’ai été assez heureux pour faire à la construction des barricades une utile application des connaissances de mon ancien métier. Parmi les traits de dévouement et de courage dont ces immortelles journées abondent, je suis assez heureux de pouvoir rappeler qu’aidé du brave colonel Dufaÿ nous sommes restés tous les deux dans notre barricade de la rue des Coquilles où les Suisses ont laissé trois morts. Je suis entré à l’Hôtel de ville avec les braves que je commandais et ma colonne, rivalisant d’ardeur avec celle du colonel Dufaÿ, a poursuivi et délogé les bandes royales du Louvre et des Tuileries. Enfin, plein de l’enthousiasme qu’avait excité dans mon âme l’admirable conduite d’un peuple de héros, je leur ai payé mon tribut d’admiration de reconnaissance particulière, dans une allocution du 1er août que j’ai fait placarder sur tous les murs de la capitale et afin que les braves qui m’avaient accordé assez de confiance pour accepter ma direction reconnussent que j’avais vivement apprécié leur courage et leur conduite. J’ose espérer, Messieurs, que vous me jugerez assez digne d’être compris dans le nombre de ceux que vous vous occupez de désigner à la reconnaissance nationale. » Il joignait à sa lettre trois attestations. La première, signée de Dumoulin, Jean-Baptiste (voir ce nom), ainsi rédigée : « Je suis heureux de déclarer que j’ai vu M. Clavet Gaubert avec le colonel Dufaÿ dans une barricade de la rue des Coquilles, ralliant une masse d’ouvriers qui ont repoussé victorieusement une attaque de la garde royale. J’ai également retrouvé le commandant Clavet Gaubert à l’attaque du Louvre. » Signé le 28 décembre 1830. Dufaÿ, Guillaume, Michel (voir ce nom) apostilla la lettre comme quoi tous les faits qu’avançait Clavet Gaubert étaient vrais. Degousée, François, Joseph (voir ce nom), apostilla aussi sa demande comme quoi il avait donné des preuves de « zèle et de patriotisme ». Louis Blanc, dans son Histoire de dix ans, laisse une indication de la présence de Clavet Gaubert dans les réunions de napoléonistes dès le 27 juillet : « […] Une autre réunion eut lieu chez le général Gourgaud, dans laquelle se trouvèrent MM. Clavet-Gaubert, ancien aide-de-camp du général Bertrand, M. Dumoulin, le colonel Dufays, le commandant Bacheville, tous hommes de l’Empire. On s’y donna rendez-vous pour le lendemain sur la place des Petits-Pères, non loin du Palais-Royal. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 35, rue Louis-le-Grand, chez Mme Pelletier, en 1830. Histoire de dix ans, Louis Blanc, Bruxelles, Wouters, Raspoet et Cie, 1843, tome 1 p. 132 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Archives de Paris VK3 42. Il y a un « Clavet Jean-Louis Hilaire Martin Stanislas dit Clavet-Gaubert, né le 11 novembre 1774 à Toulouse dans la Haute-Garonne ; ancien du 2e Génie ; affecté en juin 1815 à l’Armée du Nord ; chef de bataillon affecté à la Légion Etrangère en avril 1831. » Cité in Archives de la FSALE, Création de la Légion étrangère en Algérie en 1831.

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