Clément, Charles, Jean-Baptiste, Claude
Biographie
Né le 27 pluviôse an XII (17 février 1804) à Ipres (Belgique). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 14 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements du Palais-Royal. Le 28 matin, à la Grève, à la rue des Arcis et de la Vannerie, a fait le coup de feu. A repassé le pont Notre-Dame vers 2 heures, s’est ensuite promené en amateur jusqu’à 6 heures, qu’il est allé dîner chez sa mère, à qui il n’a pas su s’empêcher de raconter ce qu’il avait fait ; a craint à plusieurs reprises d’avoir peur. Le 29 au matin, sortant de chez lui, a eu soin de laisser sa bourse et montre et de prendre son adresse par écrit en cas d’événement ; est allé voir après plusieurs de ses amis pour se concerter ; s’est beaucoup promené et a beaucoup vu, sans faire le coup de feu, quoique armé d’un fusil à deux coups et d’une épée ; la raison est qu’il ne voyait pas la possibilité de vaincre et trouvait le feu trop vif. Cependant, arrivé à la rue des Prêtres-Saint-Germain, il fit feu et alla de suite faire partie d’un conseil abrité. Des faubouriens lui ayant demandé ses ordres pour aller en avant, ses réponses lui valurent l’épithète de lâche, qui l’a mis en colère. Enfin, le Louvre fut pris, comme par enchantement, ce qui l’a beaucoup étonné, a suivi l’action jusqu’aux Tuileries, en historien amateur. Est allé à la rue de Rohan, où il a vu le combat mais, fût-ce à cause de spasmes ou parce qu’il faisait trop chaud, il ne prit point part à l’action et est retourné chez lui. Nota qu’à la Grève, il fait l’apologie de la garde royale, qui n’a fait que riposter au feu du peuple. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 14 janvier 1831, à deux voix pour la croix, trois voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur. Il reçut, le 25 mars 1831, trois cents francs comme secours et avance sur son indemnité de première mise auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut mille francs de supplément d’indemnité de première mise, par suite de la décision de M. de Montalivet, en date du 26 septembre 1831. Il adressait la lettre suivante (sans doute à Lavocat, Gaspard ?) : « Colonel, le numéro du Moniteur qui contient les noms des citoyens décorés de la croix spéciale de Juillet nous est parvenu ce matin à Saumur. D’après ce que vous avez bien voulu me dire, en diverses occasions et spécialement lorsque, sur votre avis, je me suis présenté devant le jury institué par vous dans le (ancien) XIIe arrondissement, et lors du voyage que je fis dernièrement à Paris pour réclamer notre première mise, j’avais l’espoir de voir mon nom sur cette liste. J’y ai lu celui de Clément, Jean. Je me nomme Clément, Charles, Jean-Baptiste, Claude. La commission ne m’a point, dans ces derniers temps, fait demander mes prénoms et mon lieu de naissance comme à plusieurs de mes camarades. Le nom qui figure sur la liste est-il le mien ? comme l’ont cru ceux de mes camarades qui, le journal à la main, viennent m’offrir des félicitations, que je n’ose accepter. Prenez pitié de mon anxiété, Colonel, et soyez assez bon pour y mettre un terme. Déjà mon nom a donné lieu à une erreur. Placé le douzième sur la liste de la Commission, je suis des premiers auxquels le maréchal Gérard envoya des lettres d’avis pour la sous-lieutenance. Ma lettre fut envoyée à Rueil, à un vieillard du même nom que moi, lieutenant dans le régiment de la Charte. Elle y resta dix jours avant de m’être retournée. Je suis heureux de saisir l’occasion de vous dire que notre ami Soret est l’un des plus jolis et, ce qui vaut mieux, l’un des meilleurs cavaliers de l’Ecole. J’attends mon arrêt, Colonel, quel qu’il soit j’espère que vous aurez souvenance de l’un de vos sous-lieutenants. Il justifiera l’opinion que vous vouliez bien avoir de lui, un certain jour où, chez M. de Sémonville, vous déclariez à quelqu’un qui vous en parlait avoir fait le bon choix. Croyez, Colonel, etc. » Il fut préfet de l’Orne le 6 décembre 1851 puis receveur des Finances à Paris. Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 20 mars 1853. Il mourut le 9 octobre 1871 à Sèvres (Hauts-de-Seine). Il demeurait collège Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques en 1830 ; à l’Ecole de cavalerie à Saumur en 1831 ; 29, rue Bonaparte en 1864. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Clément, Charles) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Clément, Charles) ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Clément, Charles) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 (sous le nom de Clément, Charles) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 14 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Clément, Charles) ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, le 30 juillet 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Clément, Charles, Jean-Baptiste) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le seul nom de Clément) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Clément, Charles) ; base leonore de la Légion d’honneur LH/550/65 sous le nom de baron Clément d’Aërzen. Selon le site internet geni, il serait né de Clément d’Aërzen, Gabriel, Joseph et de Arnoux, Adélaïde, Arsène ; marié à Ordener, Louise, Amélie, père de Clément d’Aërzen, Gabrielle, Arsène, Louise et frère de Clément d’Aërzen, Gabrielle, Aline. Voir peut-être les cotes Archives nationales F/1bl/155 ; F/1bl/180 ; F/1bl/157/26 ?