Clément, Henri
Biographie
Né vers 1800. Négociant en 1830. Peu après la révolution, il fit parvenir plusieurs lettres, tant au général Lafayette qu’au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, afin, tout en rappelant sa conduite passée, de solliciter un emploi. En 1821-1822, il était étudiant en droit. L’Ecole de droit connut des troubles. Le journal ultra la Quotidienne « fut un de ceux qui joignit aux insultes les plus grossières celle d’accuser les députés du côté gauche de nous exciter au désordre. Mû par un sentiment profond de respect pour ces braves députés et par la noirceur aussi d’une accusation semblable, je répondis si victorieusement à cet article que le Constitutionnel qui l’inséra sous le titre Réponse des élèves de l’Ecole de droit à la Quotidienne du 7 fut saisi le dimanche matin. [On trouve effectivement dans le Courrier de Gand, du 14 mars 1822, l’article suivant : « Aujourd’hui, à quatre heures dix minutes, M. Fleuriais, commissaire de police attaché à la préfecture de police, s’est présenté au bureau du Constitutionnel, et a saisi vingt et un numéros du journal de ce jour. La motif de la saisie est la publication d’une lettre intitulée Réponse des élèves de l’école de droit à la Quotidienne du 7. » N.D.A.] Je fus forcé de quitter mon domicile, renvoyé de l’Ecole » au mois d’avril. M. de Belleyme chargé d’instruire contre Clément déclara, au bout de quinze jours, qu’il n’y avait point lieu à poursuivre. Le renvoi de l’Ecole fut cependant maintenu. Le refus qu’on fit à Clément de l’employer dans toute administration le contraignit d’entrer dans la carrière militaire. Incorporé au 5e léger, il avait réussi à être « secrètement placé sous la surveillance immédiate du chef de corps ». Mais, expliquait-il, « retombé sous la domination d’un colonel que son dévouement avait conduit à ce poste en sept à huit années, je devins malheureux, par les vexations dont il m’abreuva aussi bien que quelques autres de mes anciens camarades. […] J’ai servi à peu près quatre ans sous ses ordres et les vexations dont il m’a abreuvées m’ont enfin forcé de quitter l’état militaire. Je ne suis pas le seul qui ait eu à s’en plaindre et M. de Pillet a enlevé à l’armée au moins quarante sous-officiers instruits, pleins de courage et de zèle ». Finalement passé sergent-major au bout de six années, mais dégoûté du service, il revint à la vie civile après avoir passé sept ans dans les armées. « J’espérais que ma conduite, mon silence avaient fait oublier la fatale lettre ; je me trompais, toutes mes sollicitations furent vaines. […] Notre glorieuse révolution est enfin arrivée. […] La journée du 28 m’a vu presque tout entière au sein des défenseurs, celle du 29 ne m’a pas éloigné d’eux et j’ai fait partie de ceux qui ont marché sur Rambouillet. J’y commandais un avant-poste. […] Aujourd’hui, j’ai trente ans, du patriotisme ; je suis père de famille, sans fortune ; je suis sergent instructeur de la brave garde nationale ; j’ai mis en gage pour m’habiller tout ce que je possédais. De plus, j’ai fait mon devoir pendant toute notre glorieuse révolution. Voilà les seuls titres que je puisse avoir à votre bienveillance. Je suis sans emploi, j’ai encore du pain aujourd’hui, je vous en prie, mon général, ne m’en laissez pas manquer demain. Un emploi est tout ce que je désire, donnez-le-moi, dix ans de malheurs et ma position le sollicitent. » En 1832, il fut prévenu d’avoir porté sans droit la décoration de Juillet et détenu à la prison de Roanne à Lyon. Il prétendit être médaillé, que son nom était inscrit dans le Moniteur mais n’avoir pas le brevet. Il le réclama auprès du maire du (ancien) Ier arrondissement, en le priant de le lui faire parvenir à la prison et expliquant : « Une lettre qui m’a, dans le temps, été adressée par la Commission et l’insertion au Moniteur me donnent lieu d’espérer que vos recherches ne seront point infructueuses. Il peut être d’ailleurs prouvé quelle a été ma conduite à Paris et à Rambouillet. Des malheurs de commerce ne peuvent m’enlever une pièce que j’ai tout intérêt à représenter aujourd’hui et le plus tôt possible. » Il y avait neuf Clément sur les listes du Moniteur, aucun n’était prénommé Henri et le seul qui n’était pas prénommé habitait Vaugirard et était maçon en 1831. En 1830, il était sergent instructeur au 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il était le gendre d’un militaire qui comptait vingt-six ans de service, était encore sous les drapeaux en 1830. Clément demeurait 29, rue de Surène en 1830. Archives de Paris VK3 42 (sous le nom de Clément, Marie, Angélique, Henry) ; Archives nationales F/1dIII/50.