Cochard, Alexandre, Joseph

Biographie


Né le 15 mai 1805 à Guaise (par exemple in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille [ancien] IIe arrondissement ; mais deux fois à Caettes in Archives de Paris VD6 682 n° 3, deux fois in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VD6 92, liste supplémentaire des médaillés, une fois et le 15 mai 1803 dans Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement) (Isère), fils d’« un homme très honorable, et dans une bonne position de fortune ; il a au moins dix à douze mille francs de rente » et neveu du général Brun, selon la Gazette des tribunaux, à l’occasion d’un procès subi par Cochard en 1838. Employé chez le banquier Périer, Alphonse, futur député en 1826, indiqué comme propriétaire sur les listes de la Commission des récompenses nationales. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il était inscrit au XIIe arrondissement sous le numéro 2744. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Il fut chargé par M. Odilon-Barrot de porter des proclamations aux troupes à Sèvres et s’est acquitté de sa mission. Il reçut l’ordre de M. Lafayette de faire rentrer les chevaux ; il en récupéra trente-sept. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 26 mars 1831, à quatre voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut deux fois la médaille de Juillet : auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Cochard de Nieures, Alexandre sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 682 n° 3, in Archives de Paris VD6 92, liste supplémentaire des médaillés et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) et auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Cochard de Nieures, Alexandre, Joseph). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé (sous le nom de Cachart, Alexandre, demeurant 60, rue Chantereine). De la même manière, en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut condamné le 15 janvier 1838 pour faux en écriture privée à huit ans de prison avec exposition publique et cent francs d’amende. L’Ami de la religion donnait ainsi le résumé de l’affaire : « Le nommé Cochard vient de comparaître devant les assises de la Seine comme accusé d’avoir volé une lampe et d’avoir commis plusieurs faux en écriture privée afin de s’approprier une partie de la fortune du sieur Ludlow, chez lequel il était parvenu à s’établir en maître. D’après la déclaration du siieur Ludlow, sa fortune qui s’élevait à plus de cinq cent mille francs au moment où il a fait la connaissance de Cochard se trouve aujourd’hui réduite à 60 et quelques mille francs. » La Gazette des tribunaux, en date du 23 janvier 1838, ajoutait le récit des circonstances suivantes : « Cochard de Nieure, condamné il y a plusieurs jours par la cour d’assises de la Seine à huit ans de réclusion, et détenu à la Conciergerie, a tenté de se suicider. Après avoir attaché sa cravate à un des barreaux des fenêtres, il se l’est passée autour du cou ; mais bientôt le lien a rompu et Cochard est tombé évanoui. Les gardiens, arrivés au bruit de sa chute, lui ont immédiatement prodigué des secours, et Cochard a pu être rappelé à la vie. Il a été placé à l’infirmerie, où il est gardé à vue. » et le Journal des débats politiques et littéraires : « On se rappelle l’affaire du nommé Cochard de Nieure, qui a comparu la semaine dernière à la Cour d’assises. Plusieurs épisodes de cette cause ont attiré l’attention publique sur cet homme qui, après trois ou quatre jours de débats, a fini par être condamné à huit ans de réclusion et à l’exposition. Cochard, en entendant cet arrêt, se livra au plus violent désespoir, et ne cessa de protester de son innocence. Depuis le jour de l’audience, il a passé toutes ses journées à la Conciergerie dans un désespoir effrayant. Des larmes coulaient sans cesse de ses yeux, et l’idée du supplice qui l’attendait sur la place où il devait subir l’exposition ne laissait pas un instant de relâche à sa douleur. On avait même conçu quelques inquiétudes sur l’état de sa raison. Hier, à 2 heures, Cochard sortit de sa chambre pour se rendre dans la cour commune où les condamnés prennent l’air ; en passant dans le corridor, il aperçut une porte ouverte et entra dans la cellule d’un de ses camarades de prison qu’il trouva déserte. Là une pensée de suicide lui vint à l’esprit, et il fit tous ses préparatifs. Il attacha sa cravate à un barreau de la fenêtre, et se la passa ensuite autour du cou, après être monté sur une petite table, puis il écarta du pied cette table, et se trouva ainsi suspendu par le cou ; mais le faible lien rompit après quelques instants, et Cochard, qui était déjà évanoui, tomba lourdement sur le plancher. Le bruit de sa chute appela l’attention de quelques gardiens, qui accoururent dans la chambre d’où le bruit était parti. Ou releva le condamné, et on le transporta à l’infirmerie. Là les secours les plus empressés lui furent donnés, et il fut bientôt remis. Il est gardé à vue à l’infirmerie. » Négociant en 1848, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressa, le 19 avril 1848 et comme décoré de Juillet, la lettre suivante à cette Commission : « Je serai bref car vos moments sont précieux. Je passe donc sous silence les petits événements qui suivirent 1830 et j’arrive de suite aux 5 et 6 juin 1832. Nommé, à titre de décoré de Juillet, un des commissaires du convoi du général Lamarque, je me trouvais en cette qualité et conjointement avec les citoyens Laboissière, Dumoulin et Cabet, placé près du catafalque, au moment où l’échafaudage fut renversé ; un des débris de charpente me froissa le tibia d’une manière tellement grave que ne pouvant plus marcher je fus foulé aux pieds lors des diverses charges que firent les dragons. Transporté dans le café qui forme l’angle de la Bastille et du boulevard, j’y restais jusqu’à 7 heures du soir. Ce fut à ce moment seulement qu’entouré de plusieurs jeunes gens qui comme moi n’étaient pas armés et malgré la douleur que j’éprouvais, nous nous dirigeâmes vers la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, qui, nous assurait-on, renfermait des fusils et de la poudre. Avant d’arriver rue du Pas-de-la-Mule, notre petite troupe se grossit bientôt d’une cinquantaine de républicains ayant quelques armes et un tambour. Arrivé sur la place dite Royale, le poste de la garde nationale fort d’environ quatre-vingts à cent hommes prit les armes et se rangea en bataille, ayant à sa tête le colonel Rieussec. Livrez-nous le poste ! criâmes-nous tout en battant la charge. Non ! répondit-on et si vous ne vous retirez pas à l’instant nous allons faire feu sur vous ! Il n’y avait cependant pas grand danger car je sus après que leurs fusils n’étaient même pas chargés. Pour ne point perdre un temps précieux, je fis diviser notre petite colonne, afin de prendre (en faisant le tour de la place) les gardes nationaux par-devant ou par-derrière. Je m’approchais alors, seul, du commandant afin de parlementer avec lui et d’éviter par-là l’effusion du sang. Mais, à peine fus-je en face du poste, qu’un adjudant que l’on m’a dit plus tard s’appeler Boudelens, me frappa violemment et aidé de gardes nationaux je fus à l’instant entouré et assailli brutalement et retenu prisonnier. Cela ne dura cependant pas longtemps car, témoin de ce lâche guet-apens, nos deux petites colonnes s’avancèrent de suite au pas de charge. En moins de cinq minutes, tout le poste se sauva en courant dans l’intérieur, m’emmenant avec eux et fermant la porte cochère ; illisible dans le corps de garde, je vis ces messieurs se dépouiller promptement de leurs armes et buffleterie et s’évader par une issue de derrière. En moins de trois minutes, je me trouvais seul, avec un tambour dont le nom m’échappe actuellement. Je me disposais alors à ouvrir la porte cochère mais déjà plusieurs gamins avaient escaladé le premier étage et m’aidèrent dans cette opération. Nous ne trouvâmes au premier qu’un garçon de bureau, qui nous donna quelques renseignements. Maîtres des lieux, nous nous mîmes à les explorer en tous sens. Nous parvînmes jusqu’au grenier auquel on pouvait arriver par une lucarne ronde et au moyen d’une échelle. Là, nous trouvâmes une quantité de fusils et de sabres et plusieurs barils de cartouches. J’eus d’abord beaucoup de peine à régulariser le déménagement de ces armes. Une certaine quantité fut d’abord jetée par la fenêtre et plusieurs furent brisés. Mais enfin j’obtins que les fusils et les cartouches seraient descendus à bras. En moins d’une heure deux cents personnes furent armées. Le reste des fusils et cartouches fut, dans la soirée, transporté une partie rue Transnonain chez un marchand de vins, l’autre partie faubourg Saint-Antoine. Ce fut en grande partie cette distribution d’armes et de munitions qui assura la résistance héroïque du lendemain. A minuit, je me rendis au bureau du National, pour avoir quelques ordres et pour donner à Carrel les renseignements ci-dessus. Pendant le trajet, je fus arrêté, boulevard du Temple mais, ne trouvant rien sur moi de suspect, on me relâcha. A mon retour, beaucoup de mes camarades avaient été se joindre aux barricades de Saint-Mery et du faubourg Saint-Antoine. Je restai cependant là, jusqu’à 4 heures du matin, moment où nous fûmes investis par la division Schamm. La blessure que j’avais reçue à la jambe par les débris de l’échafaudage augmenta par la fatigue, me força de rentrer chez moi. Je ne puis donc point prendre part aux combats glorieux de la rue Saint-Mery. J’étais cependant convaincu, par tous les renseignements qui nous arrivaient, que c’en était fait de Louis-Philippe et de la monarchie. En toutes autres circonstances, j’ai prêté aide et concours à diverses insurrections, sans avoir à vous signaler des faits importants, souvent en rapport avec les citoyens Marchais, Auguste Luchet, Berrier-Fontaine, Guinard. J’ai toujours aidé à faire triompher les principes républicains. Le 24 février, j’ai fait mon devoir soit aux Champs-Elysées soit à la Madeleine, soit au Palais-Royal mais sans avoir eu l’honneur d’être blessé. Si ces faibles services à la grande cause du peuple peuvent attirer votre attention je serais, citoyens, amplement récompensé et j’attendrai qu’il vous plaise de me faire appeler près de vous afin de vous donner toutes les explications et éclaircissements que vous jugerez nécessaires de me demander. Recevez, etc. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 60, rue de la Chanvrerie en 1831 mais 60, rue Chantereine en 1831 in Archives de Paris VK3 33 jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et in Archives de Paris VD6 92, liste supplémentaire des médaillés et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 33 ; rue Joubert en 1838 ; 47, rue de la Chaussée-d’Antin en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous les noms de Cochard, Denieurs-Alexandre et de Cochard, Alexandre, Joseph) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous les noms de Cochard, Alexandre et de Cochard, Alexandre, Joseph) ; Archives de Paris VD6 92, (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaire des médaillés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Cochard de Nieures) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Cochard Denieures) ; Archives de la préfecture de police états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 mars 1831 (sous le nom de Denieure, Cochard) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Cochard Denieures) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Cochard, Joseph, Alexandre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Cochard de Nieures) ; Archives nationales F/1dIII/50 (sous le seul nom de Cochard) ; Archives de la préfecture de police AA 405 (sous le nom de Nieures, Alexandre, Joseph) ; La Gazette des tribunaux, 11 janvier 1838 ; La Gazette des tribunaux, 12 janvier 1838 ; La Gazette des tribunaux, 13 janvier 1838 ; La Gazette des tribunaux, 14 janvier 1838 ; La Gazette des tribunaux, 15-16 janvier 1838 ; La Gazette des tribunaux, 23 janvier 1838 p. 307 ; Gazette des tribunaux, 26 janvier 1838 p. 318 ; Journal des débats politiques et littéraires, janvier 1838 ; L’Ami de la religion n° 2917 18 janvier 1838, p. 124-125 ; Journal des débats politiques et littéraires, 23 janvier. Ce n’est pas le Cochard témoin à charge contre l’accusé Cahuzac dans l’affaire d’avril 1834 devant la Cour des pairs : celui-ci s’appelle Cochard, Jean-Pierre, né vers 1797, brocanteur, demeurant à Paris 59, rue Saint-Jacques.

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