Cochard cadet, Jean-Louis

Biographie


Né le 24 brumaire an VIII (11 novembre 1800) à Harcy (Ardennes) (mais à Charleville dans les Ardennes in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831), frère cadet de Cochard, Jean-Pierre. Fouilleur de puits, tailleur de pierres ou terrassier mais fondeur in Archives nationales F/1dIII/35 B, terrassier en 1837 in Archives de Paris VK3 25. Frère cadet de Cochard, Jean-Pierre, il combattit avec lui durant les trois journées. Il fut blessé d’un coup de feu au dos et à l’épaule gauche (mais droite in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension), le 29 juillet à l’attaque du Louvre. Dans le certificat qui fut délivré à son frère, Cochard, Jean-Pierre, pour attester de sa participation aux combats, on trouve les indications suivantes sur la participation de Cochard, Jean-Louis, qui ne l’avait pas quitté, avant d’être blessé : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale, et autres, certifions et attestons à tous ceux à qui il appartiendra, que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, le sieur Cochard, Jean-Pierre, […] s’est comporté avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les mémorables journées de Juillet. Il mérite une mention honorable parmi les défenseurs des libertés publiques. Le 27, il se porta à 2 heures après-midi dans la cour du Palais-Royal et, sur la place, fut un des premiers à lancer des cailloux à la gendarmerie, dont il fut poursuivi et chargé maintes fois, signalé comme rebelle à la dynastie. Vers les 6 heures, il se rendit vers l’hôtel Polignac, où il se mêla à l’attroupement et se retira à 8 heures, sans avoir couru des dangers. Le 28, s’étant procuré l’habit national appartenant à M. Barre, rue Thiroux, n° 4, et muni des armes de ce dernier, il se rendit à la place de la Révolution et, de là, à la mairie du (ancien) Ier arrondissement et fut un des huit qui répondirent à la sommation de mettre bas les armes, qu’il préférait la mort plutôt que de se rendre. Il se rendit de là à la porte Saint-Denis et au marché des Innocents, où le colonel du 3e de la garde reçut une blessure grave. Il fit partie de la colonne qui y combattit depuis 5 jusqu’à 10 heures. Il se dirigea ensuite sur le Palais-Royal, rue Neuve-des-Bons-Enfants, où il continua la fusillade. Il passa la nuit en embuscade du côté de la rue Valois, cour des Fontaines. Le 29, à 5 heures du matin, il s’avança avec M. Michollet vers la place du Palais-Royal, et la colonne dont il faisait partie, commandée par ledit Michollet, fut prendre position près du Louvre, où il combattit en coopérant à sa prise. Son frère, qui ne l’avait pas quitté depuis le 27, fut blessé d’un coup de feu à l’épaule droite. » Soutien de sa famille, il reçut un secours de cent quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. En novembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « A l’honneur de vous exposer qu’il a combattu pour le salut des libertés publiques dans les journées des 27, 28 juillet dernier, où il a reçu plusieurs blessures très graves, qui l’ont forcé d’aller à l’hospice, d’où il n’est sorti que pour aller en convalescence à Saint-Cloud. Il est dans un état continuel de souffrance et dans l’impossibilité de reprendre le cours de ses travaux, ainsi que le constatent deux certificats qu’il a déposés, l’un à la Commission des récompenses nationales et le second à la mairie du (ancien) Ve arrondissement de la Ville de Paris. L’exposant a l’honneur de vous faire observer, messieurs, qu’il est dans une position très malheureuse, et son avenir, on ne peut plus alarmant, puisqu’il est incapable de pouvoir jamais gagner son existence par ses travaux. C’est pour ces motifs bien légitimes que le soussigné vous supplie, messieurs, de vouloir bien lui faire obtenir un emploi dans un des châteaux royaux soit à Paris soit ailleurs. […]. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Admis dans la 3e classe des blessés, il fut pensionné de trois cents francs et fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Cauchard, Jean-Louis dans les listes du Bulletin des lois) POURQUOI SON NOM N’APPARAÎT-IL PAS SUR LES LISTES DU MONITEUR ?. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud et y reçut une partie de son habillement de garde national. Il apostilla ainsi un certificat établi en faveur de Daret, Jean-Baptiste : « Je certifie pour ma part m’être trouvé avec le dénommé ci-dessus et avoir combattu à ses côtés. » Il signa, le 14 octobre 1830 et avec d’autres blessés depuis la maison de convalescence de Saint-Cloud, où ils séjournaient, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Nous, soussignés, avons l’honneur de recommander à la bienveillante justice de la Commission des récompenses nationales le sieur Goldstein, Albert, qui non seulement a donné des preuves de son patriotisme pendant la révolution mais encore nous a rendu au Constitutionnel des services pour lesquels nous sommes heureux de pouvoir en cette occasion lui donner un témoignage de notre reconnaissance. » En 1837, il était ancien préposé aux douanes, malade et père de deux enfants en bas âge. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution (auprès du [ancien] 1er arrondissement ; qu’est-ce qu’il fait dans cet arrondissement ? à cause de sa résidence ?). Le 1er août 1838, il fut condamné à vingt jours de prison par le tribunal de Pontoise pour coups et blessures. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution (auprès du [ancien] 1er arrondissement ; qu’est-ce qu’il fait dans cet arrondissement ? à cause de sa résidence ?) ; il était alors terrassier sur les listes de la mairie. Il reçut vingt francs de secours en 1839. En 1840, il était employé aux digues de Colombes. En 1844, il avait trois enfants en bas âge. Il fut arrêté, en 1844, à Toulon pour vagabondage et, n’ayant pas son brevet sur lui, pour port illégal de décoration ; il était alors terrassier et fut relâché quand le ministère eut établi son identité. Il mourut, sans doute d’un accident, le 13 septembre 1844, laissant sa veuve avec deux enfants en bas âge et dénuée de tout. En 1846, la police indiquait à son sujet qu’elle était journalière, gagnait un franc et vingt-cinq centimes par jour et que, dans une position nécessiteuse, elle était « favorablement représentée sous tous les rapports ». Elle reçut vingt-cinq francs en 1846 et quarante francs en 1847. Cochard, Jean-Louis demeurait 180, rue du Faubourg-Saint-Martin puis, en novembre 1830, cour des Coches au 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830 (51, rue Saint-Nicolas-d’Antin in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 18, rue du Faubourg-Saint-Martin in Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4) ; 54 bis, rue de Miromesnil (mais 54 rue de Miromesnil in Archives de Paris VK3 25 référence Décorations de Juillet 1837) en 1837 ; 155, rue de Paris à Belleville (rue d’Argenteuil ou à Argenteuil in Archives de Paris VK3 25 gratifications de 1839) en 1839 ; 40, rue du Rocher en 1840 ; 6, rue du Chemin-de-Fer à Plaisance extra-muros en 1844 ; sa veuve demeura 40, rue du Rocher de 1845 à 1847. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 56 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 31 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche (sous le nom de Cauchard) ; Archives de Paris VD6 334, liste de décorés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 25 Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 28 (ancien) Ier arrondissement Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe (où il est ajourné parce que dépendant du [ancien] Ve arrondissement) ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet (sous le nom de Cauchard, Jean-Louis) ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Renevier, Jean ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, blessés de la 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Daret, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert.

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