Cochon, Amand, René
Biographie
Né le 31 mars 1802 à Saint-Frimbaud-Dampierre (Mayenne). Homme de peine, ou commissionnaire, ou journalier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu au pied droit. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de la Ville de Paris, certifions que le sieur Cochon, René, commissionnaire, demeurant place Sainte-Opportune, n° 4, chez M. Durand, a combattu pendant les trois journées des 27, 28 et 29 juillet à jamais mémorables pour notre liberté si longtemps désirée. Le 27 (lire le 28 ?, N.D.A.), au coin de la rue des Lombards, a tiré au moins deux cents coups de feu. Il s’est retiré faute de munitions et avant son départ a planté le drapeau tricolore. Il s’est transporté à la petite place Sainte-Opportune pour mettre le bon ordre et empêcher la dévastation des habitants. Il a resté au moins trois heures. Le 28 (lire le 29 ?, N.D.A.), il était à la tête des braves gardes nationaux, portant le drapeau tricolore à la prise du Louvre et reçut plusieurs grains de plomb et un coup de baïonnette au pied droit. Le 29, il s’est porté à l’Hôtel de ville, commandé par un brave de l’Ecole polytechnique et il est entré dans l’Hôtel de ville prévenir les autorités que l’on était maître du Louvre et de là, par suite de ses blessures et de sa grande fatigue, on l’a transporté à l’Hôtel-Dieu. N’ayant pas de place, on l’a reporté chez lui ; a été obligé de partir dans son département, n’ayant pas dans le moment de connaissance ni de moyens d’existence pour pourvoir à ses plus stricts besoins. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui faire obtenir quelque secours ou un emploi quelconque. » Signé, le 30 septembre 1830 : Gautier (voir Gautier, Jean-Louis, Marie ?), demeurant rue des Fourreurs ; Rousseau, demeurant 39, rue des Lavandiers ? illisible ; Fou… illisible, demeurant 67, rue Saint-Denis ; Delapart ; Del… illisible, demeurant 60, rue Saint-Denis ; Rioussel illisible, demeurant 63, rue Saint-Denis ; Chenailly, demeurant 15, rue de la Tabletterie ; Jouanne ; Bertreuil illisible ; Renou, Victor, demeurant illisible 2, rue d’Angevillers ; Loinpiot ; Lieubray, F. ; Durand-Maigemont ; Déchamps ; Bouly ; Bernier, H., demeurant 6, rue des Fourreurs ; Saget ; un débitant d’eau-de-vie demeurant 2, place Sainte-Opportune (peut-être est-ce le précédent, Saget ?). Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement lui délivra, le 1er décembre 1830, le certificat suivant : « Le sieur Cochon, René, a été blessé à la jambe droite à l’attaque du Louvre le 29 juillet. Il demande la faveur d’être habillé en garde national, aux frais de la Commission des récompenses nationales. C’est un honnête et brave père de famille, qui fera honneur à sa compagnie, par une conduite sage et réglée, et qui a tous les droits pour obtenir ce qu’il sollicite. Je le recommande particulièrement, avec l’espoir que le présent certificat de son maire sera utile au sieur Cochon et contribuera à faire accueillir sa demande. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il sollicita un habit de garde national. Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 12 août 1831 ; se sachant signer, il fit une croix en présence de Christophe Mailliot, régleur de papiers, demeurant 6, rue Saint-Germain-l’Auxerrois et de Oudin, caissier, demeurant 30, quai de la Mégisserie, qui attestèrent bien le connaître. Il était célibataire en 1830. En 1840, il était libéré depuis un an du service militaire au 2e de ligne, gagnait deux francs cinquante par jour et était « connu sous de bons rapports ». En 1847, marié, père d’un enfant, il gagnait deux francs et vingt-cinq centimes par jour comme journalier au dépôt de cylindres chez Appert Mazurier, 31, rue Notre-Dame-de-Nazareth, où il resta en tout quatorze années ; bien famé, il reçut un secours de vingt-cinq francs, de quarante francs en 1848. Il mourut en 1849, laissant deux enfants, dont un naquit quatre jours après son décès. Sa veuve, Bessin, Rose, Angélique, qu’il avait épousée le 21 avril 1841 à La Chapelle-Moche (Orne), était ouvrière fleuriste en vase. Les renseignements de police la disent étant dans une position nécessiteuse, « estimée dans son entourage », ne s’occupant « pas de politique » et ayant à sa charge sa vieille mère incapable de travailler. Elle reçut quarante francs de secours en 1850 et en 1851, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet, cent francs en 1851, cinquante francs en 1853, la même somme en 1854, quarante francs en 1855. En 1856, elle gagnait trois francs par jour, travaillant depuis cinq ans chez Cartaz, 11, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; la police donna comme renseignement sur son compte qu’elle était « restée veuve avec quatre enfants, qui sont morts. Elle est âgée de quarante et un ans. Depuis cinq ans, elle occupe un logement de cent francs par an […], qu’elle paye exactement, l’intérieur annonce l’aisance, elle a le confortable. Elle dit avoir touché régulièrement depuis la mort de son mari, l’année dernière, elle a reçu une somme de quarante francs. Les renseignements recueillis sur sa conduite et sa moralité sont en sa faveur. » Elle reçut, cette année-là, un secours de quarante francs. Cochon, René demeurait 4, place Sainte-Opportune en 1830-1831 ; 31, rue Notre-Dame-de-Nazareth de 1840 à 1851 ; sa veuve, 25, rue Notre-Dame-de-Nazareth de 1851 à 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement (son nom apparaît deux fois sur les listes) ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Cochon, René) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant (sous le nom de Cochon, René) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Cochon, René) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 (sous le nom de veuve Cochon).