Colas, Nicolas
Biographie
Né le 6 février 1794 à Metz (Moselle). Ancien militaire, de 1812 à 1814, au 5e régiment d’artillerie, il était régisseur d’une fabrique de produits chimiques, rue Croix-Nivert à Vaugirard en juillet 1830. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il prêta son serment le 24 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il signa (bien sous le nom de Collas), le 8 août 1831, le certificat suivant pour Candide, André, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, avons l’honneur de certifier à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance personnelle que le nommé Candide, André, compagnon couvreur, demeurant rue de Sèvres n° 106, à Vaugirard, a désarmé, le 28 juillet 1830, le factionnaire du poste de la barrière de l’Ecole et qu’il s’est emparé de ses armes ; qu’il s’est présenté dans plusieurs fabriques pour engager les ouvriers à le suivre, pour aller prendre le poste de la barrière de Sèvres ; qu’à la tête de six hommes armés il rencontra M. Collas, premier commis de M. Ador, fabricant de illisible à Vaugirard, qu’il l’engagea à prendre leur commandement mais que sur son refus, pour affaires urgentes, et sur l’invitation de ce dernier, il se rendit à la fabrique et qu’il y recruta deux hommes qui marchèrent à ses ordres ; qu’il se transporta à la fabrique de blancheries à Vaugirard et que, là, il céda son commandement à un des gardiens, ancien militaire. Qu’au boulevard de la barrière de Sèvres, ils furent dispersés par un régiment de hussards, venant de Fontainebleau. » Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet (il émarge bien au nom de Collas). En 1835, depuis dix-huit mois sans occupation, sa mère, octogénaire, à charge, il sollicita des secours. Le préfet de police précisait à son sujet à cette époque : « Attaché, depuis 1832, à mon administration comme agent des rondes de nuit aux appointements de mille francs par an. Il s’occupe en outre à polir des couverts en métal d’Alger mais ce travail lui rapporte peu de choses. Il est marié et il a un enfant à sa charge. Sa conduite est régulière. » Puis en 1836 : « Révoqué, il y a un an pour arrestation illégale dans un moment d’ivresse. Il travaille aujourd’hui comme polisseur de couverts en métal d’Alger. Sa position est extrêmement gênée. Il a sa mère, sa femme et un enfant à sa charge. Sa conduite actuelle paraît régulière. » En 1836, père de famille et sans ouvrage, il sollicita d’être compris sur la liste des décorés de Juillet qui devaient recevoir un secours à l’occasion des fêtes anniversaires. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (sur la listes d’émargement il était bien précisé qu’il dépendait de l’arrondissement de Sceaux). Il reçut un secours de quarante francs en 1836, de cinquante francs en 1837, de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, la même administration ajoutait : « Homme de peine, qui se trouve dans une position malheureuse. Très bons renseignements sur sa conduite et sa moralité. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844 et de quarante francs en 1845. En 1847, il était porteur de contrainte à Vaugirard et reçut un secours de quarante francs, et de la même somme en 1848. En 1856, les mêmes sources indiquaient : « Colas Nicolas est employé chez le receveur des contributions de la rue du Bouloi, cour des Fermes depuis deux mois environ aux appointements de mille deux cents francs. Il était précédemment employé chez le receveur de Vaugirard où il est resté douze ans, il avait deux mille quatre cents francs d’appointements mais son grand âge [et une maladie aux yeux, N.D.A.] ne lui permettant plus de continuer le service de plusieurs communes, il a demandé et obtenu de venir à Paris où il a été obligé de subir une diminution de moitié sur ses appointements. […] Il est veuf, il a une fille qui est mariée et établie à Paris et vient quelquefois le voir. Depuis trois ans, il occupe un logement de cent cinquante francs, qu’il paie régulièrement ; il habite Vaugirard depuis vingt ans. Son intérieur est confortable et annonce une personne qui n’est pas dans le besoin. Colas a chez lui une femme d’environ quarante ans, qu’il fait passer pour sa domestique ; mais nos renseignements nous donnent la certitude qu’il vit en concubinage avec elle depuis six mois […]. Les renseignements obtenus sur Colas s’accordent à le faire considérer comme un honnête homme. Il dit avoir fait une demande pour obtenir un bureau de tabac. » Il demeurait rue Croix-Nivert en 1831 ; 123, rue de Sèvres en 1835-1836 ; 149, rue de l’Université de 1838 à 1841 ; 8, rue du Parc à Vaugirard en 1843 ; 92, Grande-Rue à Vaugirard en 1847 ; 23, rue du Parc à Vaugirard en 1856. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836 (il signe Collas), année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement (il signe Collas) ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 (sous le nom de Collas, Nicolas) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Candide, André ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.