Collin
Biographie
Il sollicita devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et sa demande laisse de nombreuses indications sur sa participation aux combats de juillet 1830. Le 8 avril 1848, il adressait la lettre suivante à cette Commission : « J’ai l’honneur de vous exposer qu’en juillet 1830 j’ai combattu pour nos libertés et qu’après la victoire je suis allé défendre les Belges, en qualité de capitaine d’artillerie. Ma compagnie licenciée, je revins en France et sollicitai la décoration de Juillet : il était trop tard, la curée était faite et le gouvernement ingrat rejeta nos trop justes réclamations. Une commission s’institua pour les réclamants ; elle fut jetée en prison. Depuis cette époque, je n’entendis plus parler de rien. Aujourd’hui que nous venons de secouer un joug odieux, ne pourrais-je pas jouir du bienfait de la victoire. Ne pourrais-je pas obtenir cette décoration et un modeste emploi qui me mette à même de vivre honorablement dans la société. Je deviens âgé, ma vue s’affaiblit et une blessure, reçue sur le champ de bataille, me fait cruellement souffrir. Je laisse à votre impartialité et à votre franchise, citoyens, le soin de me faire rendre justice […]. » Il joignait à sa demande les pièces qui prouvaient et sa participation à la révolution de Juillet et sa présence avec les volontaires parisiens partis se battre pour la Belgique. Par exemple, cette lettre qu’il avait adressée sans doute à la Commission des réclamants sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac : « Après m’être comporté en Français brave et en bon patriote pendant les trois mémorables journées qui ont décidé du sort de la France, entraîné par mon désir de contribuer à la liberté de la Belgique, j’ai accepté le grade de capitaine d’artillerie contre les Hollandais. Après m’être distingué aux avant-postes et avoir aidé à repousser l’ennemi, j’ai été licencié avec mes compagnons d’armes par le gouvernement provisoire et, de retour en France depuis quelque temps, je n’ai pu, pendant mon absence et n’étant pas sur les lieux, faire partie des braves qui portent sur leur cœur le signe de l’honneur. Ma seule espérance, mon unique espoir est d’être revêtu de l’ordre de Juillet […]. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que M. Collin a combattu à mes côtés les 28 et 29 juillet, qu’il est entré des premiers au Louvre et aux Tuileries, qu’il a fait partie de l’armée patriote à Rambouillet. Enfin, pour rendre hommage à la vérité, je déclare qu’il a bien mérité de la patrie. » Signé : Dré, décoré de Juillet (c’est qui ?), demeurant rue Rochechouart (ancien IIe arrondissement). La deuxième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste loyalement et avec franchise que M. Collin m’a aidé à désarmer le poste de Bonne-Nouvelle, le 28 juillet à 8 heures et demie du matin et a travaillé sur-le-champ à une barricade. De là, nous nous sommes transportés à la porte Saint-Denis, sur laquelle nous avons fait monter des voitures de meulières ; qu’ensuite nous avons longé la rue Saint-Denis, pour exciter à former des nouvelles barricades et qu’au marché des Innocents, nous avons combattu ensemble, que son intrépidité l’a fait essuyer le feu de l’ennemi pour ramasser un blessé et que je ne l’ai perdu de vue qu’au moment où j’ai été blessé et fait prisonnier. » Signé, le 18 août 1831 : L’Homme (voir L’Homme, Dominique, Marie, Alexandre), décoré de Juillet, demeurant 57, rue du Faubourg-Montmartre). La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que M. Collin a rendu les plus grands services à la cause de la liberté pendant les trois journées de Juillet, qu’il a donné ; partout où le danger se trouvait, des preuves d’un courage héroïque et qu’après avoir vaillamment combattu dans nos rangs il est allé défendre les Belges, en qualité de capitaine d’artillerie. » Signé, le 18 août 1831 : Planty (voir Planty, Christin aîné), ex-chef d’escadron, décoré de Juillet, demeurant 7, rue du Croissant. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie que j’ai vu M. Collin combattre le 29 juillet à la prise du Louvre et que ce n’est qu’après la victoire qu’il s’est, comme moi, retiré pour grossir les rangs de l’armée de Rambouillet, que j’étais son lieutenant en Belgique et ce n’est qu’avec regret que nous nous sommes séparés lors du licenciement de la compagnie. M. Collin a fait preuve du plus grand courage dans les combats que nous eûmes à soutenir contre les Hollandais, surtout au bombardement d’Anvers. » Signé, le 18 août 1831 : Roger, sous-lieutenant d’artillerie, pensionné du gouvernement français, demeurant 23, rue Tiquetonne. Aussi, ce certificat, à en-tête de la Compagnie d’artillerie parisienne : « Nous, soussignés, pour rendre hommage à la vérité, certifions et attestons que M. Collin, commandant la compagnie d’artillerie belge parisienne, a rempli tous ses devoirs avec exactitude, que son administration et son zèle au service lui ont mérité notre estime et que ce n’est qu’avec un vif regret que nous nous trouvons forcés, par ordre supérieur, à se quitter pour rentrer dans nos foyers. » Bruxelles, le 13 décembre 1830, pour les noms lisibles : Roger, premier lieutenant de la compagnie, officier pensionné du gouvernement français ; Veau, sergent-major de la compagnie ; Moret, sous-lieutenant ; Bourgeois, fourrier ; Le Chevalier ; Deleuf, sergent. Et cet autre certificat : « Le soussigné déclare connaître depuis treize ans et sous les rapports les plus honorables M. Collin, ancien officier français. Je certifie en outre que le 2 octobre dernier M. Collin est arrivé à Bruxelles, comme capitaine d’artillerie et que depuis il n’a cessé, par son intelligence, son zèle et sa bravoure, de donner les preuves les plus complètes de son dévouement à la cause de la liberté et de l’indépendance de la Belgique. » Signé, le 30 octobre 1830 : Stevenotte, lieutenant-colonel, commandant la ville. Il avait signé, le 10 septembre 1830 [sans doute s’agit-il de 1831 ; il s’agit d’une retranscription de certificat, N.D.A.] et comme « capitaine d’artillerie de la légion belge », le certificat suivant en faveur de Launard, Etienne, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Etienne Launard, chevalier de la Légion d’honneur, officier en retraite, a participé à la victoire des 27, 28 et 29 juillet dernier et s’est particulièrement distingué le 29 dans la rue Saint-Honoré, où il commandait à un tambour habillé en sapeur-pompier et à un autre citoyen qui portait une grosse caisse de battre la charge continuellement, où ledit Launard marchait en tête des citoyens toujours le premier, où il a combattu pendant plus de quatre heures jusqu’au moment où les gardes royaux ont été chassés de Paris. » Ajoutant l’apostille suivante : « Je certifie avoir combattu avec M. Launard, chevalier de la Légion d’honneur, le 29 juillet 1830, et l’avoir vu inciter les patriotes à marcher en avant. Ce brave mérite sous tous les rapports les mentions les plus honorables illisible que son patriotisme illisible sont toujours un des plus fermes soutiens du trône. » Le 4 octobre, il était convoquée pour un ultime interrogatoire ; le courrier fut renvoyé avec la mention qu’il était parti sans laisser d’adresse. Sa demande fut rejetée. Il demeurait 56, rue du Four-Saint-Germain (mais 46, rue du Four-Saint-Germain dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 397) en 1831. 2, Petite-Rue du Bac en 1848. Archives de la préfecture de police AA 379 ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Launard, Etienne. N’est-ce pas lui dont on parle in Handelingen Geshied en Oudheidkundige Kring van Kortrijk p. 262 ? juste l’aperçu sur Google. A retrouver croustillant faiseur d’embarras...