Collin, François
Biographie
Né vers 1796. Compagnon maçon. Pour établir le décès de Pelletier, Etienne, il laissait le témoignage suivant : « Dans les derniers jours de juillet, il travaillait dans un atelier de maçonnerie dirigé par le sieur Champignon, maître maçon faubourg Poissonnière, que, le 27 dudit mois, une multitude de citoyens étaient venus à son atelier et avaient engagé tous les ouvriers à se joindre à eux pour repousser les agressions de la troupe soldée, ce qu’il avait fait, ainsi que tous ses camarades. Que, le 28, pareille chose lui était arrivée et qu’il avait quitté son ouvrage dès 9 heures du matin et s’était réuni aux autres citoyens qui combattaient pour la défense de Paris et était resté avec eux jusqu’au soir, qu’il était revenu coucher à Vincennes, qu’il est retourné à Paris le lendemain 29 vers 10 heures du matin et s’est réuni à ceux qui combattaient contre les Suisses et autres corps d’infanterie de la garde à la place de Grève, qu’ils ont poursuivi ces troupes qui battaient en retraite jusqu’au marché des Innocents, qu’étant arrivé dans cette place il a remarqué un nombre considérable de troupes soldées, tant d’infanterie que d’artillerie, que, vers les 3 heures de relevée, il a reconnu dans la foule le sieur Pelletier, Etienne, qu’il savait être de Vincennes, ayant travaillé une partie de l’hiver à la construction de l’église provisoire de Vincennes, que l’ayant abordé ce dernier lui dit qu’il était venu pour tâcher d’avoir des nouvelles de son fils aîné canonnier conducteur attaché à la batterie de service à l’Ecole militaire, qu’à l’instant ledit sieur Pelletier lui dit que le brigadier d’artillerie qui servait l’une des pièces placées dans le marché et dont le feu avait cessé lui avait permis d’approcher de sa pièce, que là il avait reconnu le corps de son fils gisant à terre, que voulant venger la mort de son fils dont l’acharnement de la troupe était cause, il s’était emparé de la giberne et du fusil d’un fantassin mort (objet dont il était en effet possesseur au moment de leur rencontre) qu’ayant été se rafraîchir ensemble avec une foule d’autres citoyens chez un marchand de vins rue aux Fers ils se sont réunis à la foule du peuple qui s’est mis à la poursuite de la troupe qui battait en retraite par la rue Saint-Honoré pour se rendre aux Tuileries que la foule les ayant séparés vers les 8 heures du soir, le déclarant était resté à Paris et avait couché sur la place Grève que, le 30 juillet au matin, ayant été requis avec environ quatre cents autres personnes pour aller ramasser les morts et les blessés il avait reconnu le cadavre dudit sieur Pelletier, qui gisait dans la rue Saint-Honoré, entre la rue de Grenelle et la rue Croix-des-Petits-Champs, lequel avait reçu trois coups de feu, que le déclarant avec trois autres de ses camarades l’avait porté dans une grande fosse pratiquée au bout de la rue Fromenteau près le Louvre où il a été inhumé avec une foule d’autres morts en combattant. » Il demeurait 7, rue du Terrier à Vincennes en 1830. Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Pelletier, Etienne. Voir l’autre Collin, François ? Voir Collin, demeurant à Vincennes ?