Collinet, Germain, Benoist (ou Benoni)

Biographie


Né le 10 août 1810 à Anet, canton de Claye (?) mais à Meaux in Archives nationales F/1dIII/39 (Seine-et-Marne). Conducteur de mécanique d’imprimerie ou typographe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il signa comme « imprimeur, demeurant 8, rue Neuve-Chabrol », le 8 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Prudhomme, Victor, Alphonse et que cette dernière présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie et atteste avoir vu et parlé, le 28 juillet 1830, sur le boulevard Saint-Martin, au coin de la rue de Bondy, Prudhomme, Victor, Alphonse se battant avec acharnement contre la garde royale, en ce moment encore maître du poste de la porte Saint-Martin. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Membre de la Société des Amis du Peuple, en 1831. Il fut arrêté le 4 janvier 1832, avec Chancel, Considère, Delaunay, Bousaton et d’autres pour avoir sonné le tocsin dans le complot dit des tours de Notre-Dame. Chef d’une section de la Société des Droits de l’Homme dans le quartier du faubourg du Temple (sans doute celle qui se réunissait chez Laponneray, 1, rue Stévenot), il fut blessé d’une balle reçue dans la cuisse gauche à l’émeute des 5 et 6 juin 1832 et obligé de se cacher. Il fut arrêté deux jours plus tard, accusé d’avoir arboré le drapeau rouge. Il travaillait, à ce moment-là, chez Félix Malteste, imprimeur, 18, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, qui lui délivra, le 18 mars 1848, le certificat suivant : « Je, soussigné, me fait un véritable plaisir et un devoir en même temps de certifier les faits suivants concernant le citoyen Germain Collinet. Il est à ma connaissance qu’il s’est particulièrement distingué lors de la révolution de 1830 ; la bravoure et le dévouement dont il a fait preuve lui ont valu la décoration de Juillet. Aux événements de juin 1832, il a donné de nouvelles preuves de son dévouement à la cause de la république ; il y a été blessé d’une balle à la cuisse et obligé à ce moment de se cacher pour éviter les poursuites exercées contre les blessés je l’ai recherché et l’ai vu dans cette pénible position. Je me suis empressé de lui proposer de le recueillir chez moi soit à Paris soit à la campagne mais il n’a pas eu besoin d’utiliser cette offre, dont il s’est toujours montré très reconnaissant. Je connais le citoyen Collinet depuis plus de vingt ans et il a travaillé sous mes ordres pendant plus de douze ans. Je garantis sa moralité et je déclare que ma conviction est que peu de personnes ont pu donner plus de gages de bravoure et de dévouement à la cause de la république que le citoyen Germain Collinet. » Il participa aussi à l’émeute des 12 et 13 avril 1834 et raconta : « Je ne dus la vie qu’à la présence d’esprit d’un marchand charcutier qui eut la généreuse idée de me faire passer pour un de ses garçons ; on le crut et je fus sauvé » A la suite de ces derniers événements, il préféra quitter la capitale et vécut quelques années en province. Pendant la révolution de Février, un certificat de notoriété, délivré par les typographes de la maison Maulde et Renou, 9 et 11, rue Bailleul, à Paris, chez lesquels il travaillait depuis sept ans, relate que Collinet « a montré un courage et une énergie au-dessus de tout éloge, qu’il s’est toujours montré aux endroits les plus périlleux ; que, dans la soirée du mercredi 23, il était déjà parvenu à se procurer l’arme d’un garde municipal ; que le jeudi, à la prise du poste du Château-d’Eau, il a poussé le courage jusqu’à la témérité et est resté exposé au feu le plus meurtrier ; qu’enfin il n’a quitté les armes que quelques jours après ces victorieuses journées pour retourner à ses travaux où les besoins de sa famille l’appelaient. » Il signa, en 1848, le certificat suivant en faveur de Couey, Hippolyte : « Je, soussigné, certifie que depuis 1830 je connais le citoyen Couey, Hippolyte et que dans toutes circonstances je le vis défendre avec énergie les principes républicains. En 1832, aux affaires des 5 et 6 juin, il était près de moi lorsque j’ai été blessé d’un coup de feu. Il a accompagné le cortège qui me portait aux cris de Vengeance! et de Vive la république! Lorsque je fus en lieu de sûreté, il me quitta ainsi que quelques citoyens bien décidés à combattre la tyrannie, jusqu’à leur dernière extrémité. Comme pour nous, républicains, les barricades étaient un lieu de rendez-vous, je le rencontrai le 24 février à la prise du poste du Palais-Royal, où il combattait avec acharnement. » Il signa, le 2 septembre 1848 et en tant que vice-président du Club des blessés des barricades Saint-Merri, 5 et 6 juin 1832, le certificat suivant en faveur de la veuve de Gauthier, Victor : « Les soussignés certifient que le citoyen Gautier, Victor (sic) a été blessé au genou en combattant pour la cause républicaine aux barricades Saint-Merri le 6 juin 1832. » Il signa le certificat suivant en faveur de Roullier, Marie, Denis, Pamphile et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Je certifie par le présent que M. Roullier, demeurant à Paris, rue des Juifs n° 18, me rencontra le 5 juin 1832, comme l’on me portait chez nous, étant blessé d’une balle. Il était en uniforme de la garde nationale et, voyant le danger que je courais, il s’est approché de moi et m’offrit une chambre chez lui, en me disant que l’on me donnerait tous les soins possible. Me sentant très malade, j’ai accepté sa proposition et lorsque je fus chez lui il s’empressa d’aller chercher un médecin. Enfin, il me fit donner tous les soins. Il fit venir une femme près de moi, qui ne me quitta pas, ni le jour ni la nuit et lorsque j’offris de l’argent pour payer toutes les dépenses que l’on avait faites, il ne voulut rien. Enfin, l’on peut regarder M. Roullier comme un patriote brave et généreux. Car il n'y a pas de sacrifice qu’il n’ait fait pour la cause de la liberté. Je certifie encore que j’ai vu M. Roullier se fâcher avec sa famille parce qu’il m’avait reçu chez lui et pour leurs opinions ; et de plus j’attesterai que j’ai vu la lettre qu’il écrivait à son colonel, dans laquelle il donnait sa démission d’adjudant en premier. Enfin, je peux certifier que M. Roullier s’est conduit dans les fatales journées de juin 1832 comme un bon patriote et un homme généreux. » (il y a deux signatures de Collinet : Collinet (voir qui ?), décoré de Juillet et blessé de juin, demeurant 17, rue Jean-Jacques-Rousseau ; Collinet (voir Collinet, Germain, Benoist), décoré de Juillet et blessé de juin, demeurant 1, rue du Pont-de-Lodi...) De la même manière, Collinet signa le certificat suivant en faveur du même Roullier : « Il est à ma connaissance que le citoyen Roullier m’ayant reçu chez lui, étant blessé, je l’ai vu après m’avoir donné des soins, prendre des cartouches qui étaient cachées dans ma chambre et les porter aux combattants. » Ajoutant : « Il est à ma connaissance que le citoyen Roullier m’ayant reçu chez lui, étant blessé, je l’ai vu après m’avoir donné des soins, prendre des cartouches qui étaient cachées dans ma chambre et les porter aux combattants. » En 1848, marié et père de trois enfants en bas âge, il sollicita l’obtention d’un secours. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il fut proposé par cette Commission, pour une place d’huissier à l’Assemblée nationale et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il reçut un secours de 50 francs en avril 1849. Il demeurait 6, rue Neuve-Chabrol (mais 16, rue Neuve-Chabrol sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 8, rue Neuve-Chabrol dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Prudhomme, Victor, Alphonse) en 1831 ; 1, rue du Pont-de-Lodi en 1848 ; 40, rue Dauphine à partir d’octobre 1848 et en 1849. Voir Maitron ? Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Collinet, Germain, Osénoni, faire le changement ?) ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Couey, Hippolyte ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Collinet, Germain, Bénones,) ; Archives de la préfecture de police AA 388 in dossier Gauthier, Victor, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Prudhomme, Victor, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Roullier, Marie, Denis, Pamphile.

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