Coquet, Narcisse
Biographie
Né le 30 avril 1803 à Etampes. Plombier-ferblantier-mécanicien ou ferblantier. Le 5 mai 1848, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février, il sollicitait un emploi d’inspecteur aux télégraphes électriques « comme connaissant toutes les parties qui se rattachent à cette administration et à son service » et, en attendant son affectation, d’être nommé capitaine ou lieutenant dans une compagnie des ateliers nationaux. Il joignait plusieurs certificats, dont certains attestaient sa participation aussi à la révolution de Juillet. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons que le nommé Narcisse Coquet a été blessé devant nos yeux au bras gauche, à la barricade de la rue des Bornes à Chaillot, le 29 juillet 1830 et qu’il s’est toujours trouvé au poste de l’honneur; depuis cette époque, le malheur l’ayant ruiné, il se voir forcé de recourir aux bontés du gouvernement pour un emploi au télégraphe. De même en février 1848. » Signé : King, Charles, demeurant 25, rue de Chaillot ; Gonain (voir Gonin, Eugène, Jacques ?), décoré de Juillet 1830 ; Lefèbvre, combattant de février ; Gauthier ; Bourgeois, demeurant 6, rue Chilebret ; Girard, demeurant aux Invalides ; Deron-Debu illisible ; Laulard illisible, combattant de juillet 1830 au pont d’Arcole. Le deuxième certificat, un imprimé ainsi rempli à son nom : « Le commandant des Tuileries se plaît à reconnaître que le citoyen Coquet, Narcisse, ferblantier rue Malar n° 17, a concouru activement à la conservation de la propriété nationale des Tuileries et des objets précieux qui y étaient renfermés, ainsi qu’au rétablissement de l’ordre public après la victoire du peuple du 24 février 1848 et que, sous ce double rapport, il mérite un témoignage de reconnaissance de la part de la Nation. » Signé, le 8 mars 1848 : Saint-Amand, commandant des Tuileries. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie déclare que le nommé Narcisse Coquet, mécanicien-ferblantier, demeure dans ma maison depuis plusieurs années et que je n’ai eu qu’à me louer de sa bonne conduite et de son honnêteté depuis ce laps de temps. » Signé : Bourdin. Jarry illisible, demeurant 47, rue de Grenelle-Saint-Germain, apostillait ce dernier certificat, en précisant qu’il connaissait Coquet depuis sa naissance, et comme un honnête homme et bon citoyen. Le quatrième certificat, ainsi rédigé, le 2 août 1848, par Raincelin, pharmacien, tenant sa boutique au 23, rue de Beaune : « Le soussigné certifie que les citoyens Coquet, Narcisse, et Mabille, Clovis, m’ont apporté, le 24 février 1848, le citoyen Germain, blessé de deux coups de feu, un à la jambe, l’autre à la tête, pour lui donner les premiers soins. » Le cinquième certificat, signé de Germain, Antoine, le 2 août 1848 : « Le citoyen Germain, Antoine, délivre le présent certificat au citoyen Coquet, Narcisse, qui, accompagné du citoyen Mabille, m’ont rencontré place du Carrousel, au moment où, blessé au Château d’eau je faisais mon possible pour rejoindre ma demeure. Ces deux citoyens ont eu pour moi toutes les prévenances qu’exigeait ma position. J’étais horriblement meurtri. Quatre coups de feu venaient de me mettre hors de combat. Dans cette position, j’ai donc été heureux et je me plais à le reconnaître et j’ajoute que ces deux citoyens, qui m’ont rendu un grand service très éminent, étaient armés et qu’en me quittant ils ont juré de venger mes blessures. » Le 18 mai, puis une nouvelle fois le 9 juin 1848, il renouvelait sa demande, expliquant : « L’état de gêne où je me trouve, citoyens, me fait vous renouveler ma demande, en vous priant de la prendre en considération et d’avoir la bonté d’y faire droit. » Il joignait au renouvellement de sa demande, un certificat qui attestait qu’il avait été blessé en juillet 1830, et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra que le citoyen Coquet, Narcisse, mécanicien, demeurant actuellement n° 17, rue Malar, au Gros-Caillou, a, dans la journée du 29 juillet 1830, quoique blessé dans la barricade des Bornes de Saint-Pierre à Chaillot, où le nommé Dugas fut tué à ses côtés, sauvé par son sang-froid deux Suisses qui se trouvaient entre les mains du peuple et que c’est lui qui a procédé à leur désarmement. » Signé, le 1er juin 1848, pour les noms lisibles : Flechet, capitaine de la compagnie de la Xe légion de la garde nationale à laquelle appartenait Coquet ; Gonain (voir Gonin, Eugène, Jacque ?), décoré de Juillet, demeurant 5, rue des Paillassons ; Bouvot, demeurant n° 13 à Passy; Babet (voir ce nom ?), demeurant 17, rue de Passy à Chaillot ; Leguay, demeurant 14, rue de Longchamp ; King, teinturier, demeurant 25, rue de Chaillot ; Génot (voir Genot, Alexandre, Gilbert ?), décoré de Juillet, demeurant 23, rue de Chaillot ; Lutron ou Lutran, demeurant 16, grand-rue à Passy. Il fournit aussi ce certificat suivant, qui attestait ses compétences professionnelles : « Je, soussigné, directeur du télégraphe, certifie que le citoyen Narcisse Coquet, a été employé par moi du 21 au 29 mars courant pour le rétablissement de la ligne électrique sur le mur d’octroi de Paris et que je n’ai eu qu’à me louer de son zèle et de son travail. » Signé, le 29 mars 1848 : Alexandre. On trouve sur son dossier l’appréciation suivante : « Demande un emploi convenable dans les lignes télégraphiques électriques. Cet homme est capable de remplir l’emploi en question. » Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable et pour un emploi dans l’administration des lignes télégraphiques électriques. Coquet était breveté d’invention, le 18 avril 1838, reçu membre de l’académie (laquelle?) le 15 septembre 1848 et médaille d’or. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 17, rue Malar au Gros-Caillou en 1848. Archives de la préfecture de police AA 366, Condamnés politiques sous la Restauration qui résident à Paris, état des secours accordés pour le mois de septembre 1848 ; Archives de la préfecture de police AA 380.