Coquet, Pierre, François, Félix
Biographie
Né le 18 thermidor an VI (5 août 1798) à Villers-Cotterêts, né de Coquet, Jean-François, racleur, et de Renaudin, Constance, son épouse. Toiseur. Il combattit dès le 27 juillet, fut présent au pont d’Arcole, en compagnie de Baudrié, Guéroult, Peter et Wirth, fit rendre les armes à deux Suisses qu’il fit prisonnier, participa à l’attaque du Louvre au côté de Sal, Nicolas, Joseph, qu’il vit tomber à ses côtés, et fut blessé d’un coup de feu reçu à l’épaule gauche, le 29 juillet, sur la place du Palais-Royal. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Dès le 27, il se battait contre les gendarmes dans la rue Saint-Honoré et la rue Croix-des-Petits-Champs. Il n’avait pour arme que des pierres. Il était le 28 au pont d’Austerlitz et sur le quai de la Cité (resté jusqu’à 2 heures du matin en patrouille, selon le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 4 janvier 1831). Le 29, il prit une part très active aux combats de la rue des Poulies, du Louvre, des Tuileries, de la rue de Chartres et de la rue Saint-Honoré, où il fut blessé grièvement. Au Louvre, il s’était blotti derrière le petit mur d’appui de la grille qui est en face Saint-Germain-l’Auxerrois et tirait de là sur les Suisses. » La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Le sieur Félix Loquet, ancien maréchal des logis au 1er hussards, a contribué par son courage et son sang-froid aux succès des affaires des 28 et 29 juillet, surtout à la prise du Louvre, où il a reçu plusieurs blessures dont une lui a fracassé l’épaule. Il n’a cessé de tirer que lorsqu’il a été mis hors de combat. » Il reçut un secours de cinquante francs en août et un autre de la même somme en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Sassot, Charles, Jean-Baptiste (voir ce nom), né vers 1805, marchand épicier, demeurant 3, rue des Poulies ; Chartier, Jean, Nicolas (voir Chartier, Narcisse, Nicolas, Jean), né vers 1809, fileur de coton, demeurant 8, rue de la Bourbe ; Virlon, Sylvain (voir ce nom), né vers 1799, maçon, demeurant 5, rue de Bièvres ; Laporte, Louis, né vers 1793, ouvrier en chapeaux, demeurant 7, rue Saint-Nicolas. Ils attestèrent connaître parfaitement Coquet et « savoir qu’il a combattu pendant les 27, 28 et 29 juillet et que le 29 juillet il a été blessé à l’épaule droite par une balle, en combattant place du Palais-Royal ». Il reçut un secours de dix francs, le 23 mars 1831, un secours de treize francs, le 30 mars 1831, un secours de vingt-sept francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 4 janvier 1831, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 12 mars 1831, il lui fut versé une indemnité de six cents francs sur deux ans. Il reçut, à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Soigné lui-même par le docteur Fischer, il signa, avec de très nombreux autres blessés, la lettre adressée au roi par Dégenetais, pharmacien qui avait ouvert l’ambulance de la rue des Pyramides, en faveur de Fischer, Antoney, Lax, qui avait donné ses soins dans cette même ambulance. Il comparut, le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester « avoir combattu le 28 juillet au pont d’Arcole avec ledit sieur Wirth (voir Wirth, François, Ignace) ; savoir qu’il y a été blessé d’un coup de feu au genou gauche ». Il témoigna en faveur de Guéroult, Jean-François, Alexandre, attestant parfaitement connaître ce dernier, savoir qu’il avait combattu pendant les trois journées et qu’il avait été blessé par un Suisse le 29 à la colonnade du Louvre, de deux coups de sabre. Il comparut, le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Mesure, Léonard, Louis et savoir « qu’il a combattu dans la journée du 28 juillet rue du Faubourg-Saint-Antoine et qu’il y a été atteint d’une balle à la jambe droite en face la rue Geffroy-Lasnier ». Il comparut, le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, pour attester avoir connu Sal, Nicolas, Joseph, Charles et savoir qu’il vivait maritalement avec Carabin « depuis plusieurs années, qu’ils menaient une vie exempte d’autres reproches […], savoir, le sieur Coquet, que le 29 juillet dernier il s’est trouvé avec le sieur Nicolas, Joseph Sal environ sur les 1 heure au-devant de la grille du Louvre du côté de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, qu’ils concoururent ensemble à l’attaque du Louvre, qu’il venait de parler audit Sal lorsqu’il l’a vu tomber par terre, ayant été frappé d’une balle et qu’il n’a pas eu occasion de le revoir mais que le lendemain il a appris qu’il était décédé […] ». Il était l’un des membres du jury nommés par les blessés du (ancien) XIIe arrondissement pour l’adoption ou le rejet des demandes relatives à l’habillement de garde national, le 6 janvier 1831. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il sollicita un emploi dans les halles et marchés et obtint une place de sergent de ville, au traitement annuel de mille deux cents francs. En février 1848, il était ferblantier plombier mécanicien et reprit les armes. Il réclama une récompense, apostillant sa demande d’un certificat de bonne vie et mœurs délivré par le commissaire de police, de la signature de Saint-Amant, commandant des Tuileries, et de signatures de combattants : « Jusqu’à maintenant, je n’avais encore rien réclamé, ayant par ma profession des moyens d’existence et comprenant les charges que l’Etat a à soutenir après de telles commotions politiques, mais, maintenant que par suite du malheur des temps ma fortune est perdue et que, père de famille, je suis entièrement ruiné, réduit aux horreurs du besoin, je me mets dans les rangs des ayant droits pour me faire donner ce que la loi accorde aux personnes placées dans ma catégorie avec d’autant plus de raison que je suis à la veille d’être expulsé de mon domicile, et mes meubles retenus faute de pouvoir payer mon loyer. » Il décédera (si c’est bien le même, il demeurait depuis 1848 23, rue de la Boucherie) le 17 juillet 1849 à Necker, laissant une femme, couturière mais dont le travail lui rapportait très peu, et une petite fille de deux ans. Il demeurait 9, quai de l’Hôpital en 1830-1831 (mais 3, quai de l’Hôpital dans la chronique de l’époque ; 3, quai de l’Hôpital in Archives de Paris VK3 12 ; mais bien 9, quai de l’Hôpital in Archives de Paris VK3 34 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 19, quai de l’Hôpital et 9, quai de l’Hôpital in Archives de Paris VK3 35 ; 26, rue de Bièvres une fois sur toutes les fois, le 30 avril 1831, in Archives de Paris VK3 22) ; 17, rue Malar en 1848 puis 19, rue de la Boucherie-des-Invalides. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 3 (sous le nom de Loquet, Félix), 4 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, nom des personnes qui se sont particulièrement distinguées p. 275 (sous le nom de Loquet, Félix) ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 16 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 17 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 103 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Fischer, Antoney, Lax ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la seconde sous le numéro 127 et la troisième sous le numéro 506) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical et dossier Décorations ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12 ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 12 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 4 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police et état des personnes désignées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dans l’administration ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Coquet, Félix, Pierre, François) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cabarin ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guéroult, Jean-François, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Mesure, Léonard, Louis ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Wirth, François, Ignace ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70.