Coqueval, Philippe
Biographie
Né le 26 février 1795 à Cosne (Nièvre). Négociant. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Lorsque la première troupe, qui s’est emparée du Louvre et des Tuileries, déboucha sur le quai, venant de la rue de la Monnaie, nous avons vu un brave citoyen non armé, indiquer aux citoyens comment on pourrait franchir les barricades pour se porter sur le Louvre. Quelques patriotes hésitaient sur la direction. Alors il arracha un fusil et se porta le premier sur le point qu’il indiquait ; on le suivit sous une pluie de balles. Il entra un des premiers dans le Louvre ; il protégea ensuite des blessés suisses. On l’a revu au Carrousel. Le poste qui est sur la place, au coin de la rue de Rohan, tirait sur les patriotes. Le même brave fit quelques dispositions nouvelles, attaqua le poste, à la tête de ceux qui le suivaient, et le prit sans coup férir. Il alla ensuite faire le coup de feu sur les Suisses retranchés dans les maisons au coin des rues Saint-Honoré, Richelieu et Rohan. Tous les combattants ont remarqué cet homme intrépide. Il se nomme Coqueval (rue Saint-Denis, 319). On nous a dit ensuite que madame Coqueval faisait pendant les dernières fusillades, une quête très productive dans le voisinage de la porte Saint-Martin. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Mercredi 28 juillet] Vers les 9 heures, un capitaine du 50e régiment, venant du côté de la rue Saint-Denis, se trouva près le théâtre Saint-Martin, entouré d’un groupe d’ouvriers : M. Coqueval s’étant approché de lui, le félicita, au nom de la population parisienne, de la conduite que la ligne avait tenue la veille. Il l’assura que le peuple ne voyait dans les officiers et soldats que de vrais Français, de bons et loyaux militaires qui rougiraient de servir d’instruments au despotisme et de diriger contre leurs concitoyens les armes qu’ils ne tiennent que pour combattre l’étranger. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut, au titre de récompense nationale, nommé commis à la fonderie royale de Nevers, aux appointements de mille francs. Il demeurait 319, rue Saint-Denis en 1831. Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 140-141 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 197-198 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des personnes qui ont obtenu des emplois ou de l’avancement dans le département de la Marine sur les demandes de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Annales maritimes et coloniales, recueil des lois et ordonnances royales, partie officielle, 23e année, 2e série, Paris, imprimerie royale, 1838, p. 123.