Cornu, Auguste, Pierre
Biographie
Né le 13 janvier 1814 à … (Seine-et-??). Argenteur. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février. Son dossier est annoté de l’indication qu’il avait combattu pendant la révolution de 1830, pendant l’émeute républicaine des 5 et 6 juin 1832, pendant l’émeute d’avril 1834, qu’il avait participé au soulèvement de mai 1839 et enfin qu’il avait participé à la Révolution de février. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Le nommé Auguste Cornu, garde national dans la VIe légion, demeurant à Paris, rue Phelippeaux n° 27, a l’honneur de vous exposer que le mardi 22 février 1848, accompagné d’autres gardes nationaux ils sont allés aux Champs-Elysées prendre connaissance de ce qui se passait ainsi que dans la rue Saint-Honoré, qu’ayant vu beaucoup de mouvement entre des groupes de jeunes gens et chargés par des gardes municipaux, il rentra chez lui à 9 heures du soir et se procura des armes, partit immédiatement, entraînant avec lui et ses camarades tous ceux qui se trouvaient sur leur passage, faisant faire des barricades, de distance en distance ; n’ayant pas réuni tous ceux dont il pouvait recevoir pour soutenir le choc en cas d’attaque, il rentra ; le lendemain, il repartit, en garde national, à 8 heures du matin, et se mit en rassemblant son monde à parcourir le quartier, criant Vive la réforme ! A bas le ministère ! Arrivés au coin de la rue Phélipeaux et de celle du Temple, ils rencontrèrent des citoyens armés, qui, déclarant que c’étaient des mouchards en gardes nationaux, venaient pour tirer sur eux, crièrent A mort ! A mort ! L’exposant leur montra qu’ils venaient au contraire pour les défendre, les engageant à venir avec eux à la mairie. Arrivés au coin de la rue de Vendôme, un capitaine et plusieurs officiers sont venus pour les délivrer, sachant qu’on en voulait à leurs jours. Les jeunes gens qui retenaient l’exposant et ses camarades portaient un drapeau rouge ; un des officiers se jeta dessus pour s’en emparer ; alors l’exposant et ses camarades se sont empressés de faire rendre le drapeau, disant : « Au lieu de désarmer ces braves camarades, venez vous joindre à eux pour prêter main forte et briser les chaînes qui nous attachent depuis si longtemps et qui privent chaque citoyen de sa liberté. » L’exposant, pendant les quatre journées de Février, n’a pas arrêté un seul moment et n’a cessé de prouver son dévouement pour la république, en se trouvant presque à toutes les affaires où le danger existait, notamment au Château d’eau de la place du Palais-National. C’est pour quoi, citoyens, l’exposant vous supplie de prendre sa demande en considération et se recommande à votre bienveillance pour obtenir une mention honorable. » Sa demande était apostillée des noms suivants : Monnin, demeurant 42, rue Phélipeau ; Denis, sous-lieutenant, demeurant 27, rue Philipeaux ; Miné, demeurant 27, rue Philipeaux ; Chauvin, demeurant 93, rue du Temple ; Delarue, demeurant 27, rue Philipeaux ; Vatonne, demeurant 25, rue Philipeaux ou 29, rue Philipeaux illisible ; Thibaut, demeurant 30, rue Philipeaux ; Laurent, demeurant 27, rue Philipeaux ; Dercheu…, demeurant 1, rue Aumaire ; Virey, demeurant 27, rue Philipeaux ; Lelièvre, décoré de Juillet (à retrouver), demeurant 35, rue des Gravilliers ; Chenu illisible, demeurant 27, rue Philipeaux ; Artault, demeurant 1, rue Aumaire ; Chassaigne, demeurant 1, rue du Temple ; Charon, demeurant 24, rue Sueplan illisible. Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour le signe honorifique qui devait être institué pour perpétuer le souvenir de la Révolution de février, mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de deux enfants en 1848 Il demeurait 27, rue Philipeaux en 1848. Archives de la préfecture de police AA 380.