Cornu, Jean-Baptiste, Marie
Biographie
Né le 6 avril 1807 à Clamecy (Nièvre). Ouvrier sellier. Il fut légèrement blessé au pied droit, le 29 juillet sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à se battre, de participer à la prise des Tuileries, de poursuivre les Suisses qui s’enfuyaient sur les Champs-Elysées, de retourner au Palais-Royal puis de monter la garde aux Tuileries jusqu’au 3 août. Le 30 juillet, il participa à des patrouilles dans le bois de Boulogne, qui n’eurent pour résultat que la saisie « de beaucoup d’effets que nous avons trouvés enfouis en terre, principalement dans l’habitation d’un garde forestier qui nous était désignée comme contenant des armes et des gendarmes d’élite. Le bon ordre fut si bien observé que des tableaux représentant divers membres de l’ex-famille royale furent conservés intacts et déposés avec les effets » chez Casimir Perier. Le 6 novembre 1830, sans ouvrage depuis un mois, réduit « à la dernière extrémité », il sollicita de prendre du service dans le 17e régiment d’infanterie. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Thoyot, Ch, élève de l’Ecole polytechnique, lui délivra le certificat suivant : « […] Commandant le poste de la grille du pont tournant des Tuileries, du 30 juillet au 3 août, certifie que M. Cornu aîné est resté au poste pendant tout ce temps et s’est acquitté avec zèle et intelligence des ordres reçus. Le 30 juillet vers le matin, il commanda six hommes en reconnaissance au bois de Boulogne et le 31 il en fit une seconde du côté du calvaire. Il fit ensuite jusqu’au 3 août le service de nuit au petit poste établi à l’angle de la terrasse située du côté du pont Louis. Partout M. Cornu mérita les éloges de ses compagnons d’armes et l’approbation de ses chefs. » Et cet autre : « […] Ayant reçu pour la compagnie de volontaires qu’il commandait au poste de la grille du pont tournant des Tuileries un drapeau aux couleurs nationales envoyé par le major Carel, crut ne pouvoir le remettre en meilleurs mains qu’en celles de M. Cornu aîné, auquel il le confia de l’assentiment de toute la compagnie. » Cornu et Thoyot avaient de bonnes relations et correspondaient ensemble ; Thoyot ajoutait par exemple dans la lettre par laquelle il lui faisait parvenir son certificat : « Si vous voyez quelques-uns de nos braves, assurez-les du souvenir agréable que je conserve de nos relations mutuelles. Dites-leur que s’ils désirent des certificats, ils n’ont qu’à s’adresser à notre ancien sergent, Petit, Jean, auquel j’en ai remis un général pour toute la compagnie lors d’une visite qu’il me fit à mon dernier voyage de Paris. » Rollet, électeur et propriétaire du (ancien) IIe arrondissement, certifia que Cornu « a fait le service aux Tuileries depuis le 29 juillet jusqu’au 3 août, qu’il s’est fait inscrire pour être de la garde nationale mobile ; ne pouvant quitter son poste pour aller à la municipalité, qu’il est porté sur la liste qui a été envoyée à chaque maire et qu’en outre la liste générale a été déposée dans les temps au conseil municipal ainsi qu’à l’Hôtel de ville. » Milon, Augustin, Casimir, Henry (voir ce nom), comme organisateur du poste, certifia les mêmes faits. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 19 juillet, et son brevet le 28 juin 1834. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut réformé en 1836 du 48e de ligne pour infirmités contractées au service et sollicita un emploi. Il fut condamné, le 21 décembre 1840, à quinze jours de prison pour contravention aux lois sur l’enseignement. Il commandait, en 1846, le bataillon cantonal de la garde nationale d’Oizy (Nièvre). En 1850, les renseignements de police indiquaient à son sujet qu’il était célibataire et ajoutaient : « Bon ouvrier relieur, mais qui a le défaut de boire outre mesure. Il est célibataire et n’a aucune charge de famille. » Il demeurait 19, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830 à l’Estaminet belge ; à Latrault, commune de Breugnon (Nièvre) en 1831 ; 9, place des Boucheries-Saint-Jacques chez Thévin en 1847-1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79.