Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon
Biographie
Né le 13 juin 1790 à Valenciennes (Nord). Ex-employé des contributions indirectes, puis adjudant sous-officier au 2e escadron de la 1re légion des chasseurs à cheval de la Meuse à partir du 20 mai 1814, licencié en juillet suivant avec l’Armée de la Loire, puis négociant en vins et liqueurs durant sa proscription à Bruxelles. Il adressa, en août 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « En 1815, j’étais employé des contributions indirectes. Lors du retour de Napoléon, l’administration adressa à tous les employés sous sa dépendance une circulaire par laquelle elle les prévenait que la patrie était en danger et que ceux d’entre eux qui prendraient les armes pour sa défense auraient des droits à sa reconnaissance mais encore obtiendraient de l’avancement, de préférence à tout autre. La patrie en danger, il n’en fallut pas davantage, je partis et fis la campagne de Waterloo, comme adjudant du 1er chasseurs volontaires à cheval du département de la Meuse. Pour m’habiller, m’armer, me monter et m’équiper, j’employai mon cautionnement, qui était de trois mille francs. Après le licenciement de l’Armée de la Loire, je fus réclamer le bénéfice des promesses de l’administration, on me dit que j’étais rayé des cadres. J’eus beau solliciter, je n’obtins jamais rien. Pour avoir servi ma patrie, je fus même poursuivi comme un criminel et forcé de m’expatrier pendant quatre années ; après quoi, je rentrai en France, où je vécus des produits de différentes petites places que j’occupai dans le commerce, mais insuffisantes à mes besoins. » Réfugié à Bruxelles en 1815-1819, il était négociant en vins et liqueurs et le commissaire de police lui délivra un certificat attestant qu’il n’avait fait l’objet d’aucune plainte pendant tout le temps de son séjour. Il combattit en juillet 1830. Il était porteur d’un certificat attestant qu’il avait apporté à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré Vannier, Louis, Aristide (voir ce nom), qui avait été blessé d’un coup de feu reçu à l’aine gauche au bout de la rue du Coq près du Louvre, après l’avoir chargé sur ses épaules. A cette même ambulance, il reçut de la poudre et des balles pour retourner au feu. Ce certificat était signé, le 16 août 1830, par Jeanne (voir ce nom), demeurant 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Daler (voir ce nom), demeurant 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Setier, Louis, Paschal (voir ce nom), secrétaire de l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Un autre certificat, plus détaillé, reprenait les mêmes faits : « Nous, soussignés, gardes nationaux et volontaires bourgeois de la ville de Paris (ancien) IVe arrondissement, certifions que le 29 juillet dernier à l’attaque du Louvre, du côté de la rue du Coq, un de nous venait d’être blessé d’un coup de feu, pour s’être trop avancé sur la place et était exposé à perdre la vie par la vive fusillade des Suisses enfermés au Louvre et de la garde royale retranchée à l’hôtel de Beauvais, rue des Fromentaux n° 3, quand M. Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon, qui depuis le matin combattait avec nous, fut le ramasser à travers une grêle de balles, le chargea sur ses épaules, tira son coup de fusil sur la garde, dont il renversa un homme qui l’ajustait pour s’opposer à son passage et fut porter le blessé à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ainsi, par son sang-froid, il sauva la vie à l’un de nos braves compagnons. Après quoi, M. Coste revint au feu et nous guida sur la place du Palais-Royal, où il enleva de vive force le poste de gendarmerie, où il pénétra le premier, sans donner le temps aux gendarmes de se reconnaître et après avoir essuyé le feu du factionnaire. Après quoi, il nous distribua en deux pelotons pour assiéger les maisons de la rue Saint-Honoré où s’était retranchés plusieurs soldats de la garde royale, qu’il fit prisonniers. » Signé : Jubert, sous-lieutenant en demi-solde, demeurant 23, rue du Bouloy ; Boissus, demeurant 21, rue Croix-des-Petits-Champs ; Dubois, demeurant 25, rue du Bouloy ; Chenel, ancien courrier de l’Empereur, demeurant 19, rue Jean-de-l’Epine ; Mollard, demeurant 24, rue du Bouloy ; Prèce, Pierre, demeurant 26, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux ; Seguien, Pierre, Nicolas, Joseph (voir ce nom), demeurant hôtel du Rhône, 21, rue du Bouloy ; Rabot, marchand de vins, demeurant 27, rue du Bouloy ; Robert, demeurant 21, rue du Bouloy ; Brière, demeurant 21, rue du Bouloy. Un autre certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, soldats de la garde nationale et volontaires bourgeois de la ville de Paris, certifions que le 27 juillet 1830, M. Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon est arrivé dans la capitale vers les 11 heures et demie du soir ; qu’instruit par la rumeur publique des attentats portés à nos libertés dès le matin de la journée du 28 du même mois, conjointement avec plusieurs de nous il dépava le devant de la maison n° 21, rue de Bouloy, où il avait passé la nuit, et porta les pavés dans les étages supérieurs, afin d’en armer les fenêtres de ladite maison. Après quoi, il fut à l’attaque du Louvre, où il se procura un fusil avec lequel il se battit toute la journée. Le lendemain 29, il contribua puissamment à la prise du Palais-Royal en escaladant le premier sous le feu de la garde royale la grille en face fermant la porte du côté et en face la cour des Fontaines. Après quoi, il se porta sur la place du Palais-Royal, où il sauva la vie à huit gardes royaux et à un Suisse, en leur faisant un rempart de son corps contre les volontaires bourgeois que la juste indignation portait à faire prompte justice en lavant du sang des soldats celui de leurs braves camarades massacrés autour d’eux. Dans cette occasion, M. Coste reçut même à la hanche droite divers coups qui le firent boiter pendant plusieurs jours. Certifions en outre, qu’en tout point, il s’est conduit avec honneur, bravoure et intrépidité. » Signé : Chardot, propriétaire à Saulon-la-Chapelle (Côte-d’Or), demeurant 142, rue Saint-Honoré en 1830 ; Bourgeois, demeurant 25, rue du Bouloy ; Retrouven, demeurant 24, rue du Bouloy ; Seguien, Pierre, Nicolas, Joseph (voir ce nom), demeurant hôtel du Rhône, 21, rue du Bouloy ; Rabot, marchand de vins, demeurant 27, rue du Bouloy ; Robert, maître de l’hôtel du Rhône, 21, rue du Bouloy ; Brière, demeurant 21, rue du Bouloy. Une de ses lettres était, le 30 août 1830, apostillée ainsi par le colonel Brice (sans doute Brice, Joseph, Nicolas, lui aussi proscrit jusqu’en 1819 ?) : « Je connais le pétitionnaire, qui a été proscrit en même temps que moi pendant la durée de quatre ans. Il mérite sous tous les rapports la bienveillance du gouvernement. Il y a des droits, et sa conduite, particulièrement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, doit commander la sollicitude de monsieur le maréchal ministre de la Guerre. » Il sollicita une place de garde général des forêts ou de lieutenant dans la garde municipale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. En 1831, il était contrôleur des contributions indirectes et affirmait avoir prêté « de grand cœur » son serment à Louis-Philippe, en tant que fonctionnaire public. Il demeurait à Bruxelles (Belgique) en 1815-1819, dont 1391, rue Fossé-aux-Loups en 1819 ; hôtel du Rhône, 21, rue du Bouloy en 1831 ; à Meaux (Seine-et-Marne) (à Melun sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3, listes sur lesquelles il figure deux fois mais aussi in Archives nationales F/1dIII/39) en 1831. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 16 août 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.