Coullié, Julien, Gabriel
Biographie
Né le 1er février 1816 à Rennes (Ille-et-Vilaine) et donc âgé de quatorze ans en juillet 1830, fils de Coullié, Pierre, Marie (voir ce nom), menuisier, et de Dumoulin, Guillemette, Olive, son épouse. Imprimeur sur étoffes. Il fut tué sur le coup « victime de son dévouement et de son courage », d’un coup de lance, le 28 juillet place de l’Hôtel-de-Ville. Son corps fut ensuite descendu sous l’arcade du pont Notre-Dame et transporté à la Morgue. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. On trouve dans son dossier le certificat suivant, qui établissait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, imprimeur sur étoffes, certifie que le jeune Coullié est sorti de mes ateliers le mercredi 28 juillet dernier, ainsi que tous mes ouvriers à l’heure de midi et depuis ce moment il est venu à ma connaissance de divers côtés les renseignements les plus authentiques sur sa mort occasionnée par un coup de lance près le cœur, reçu dans ladite matinée. » Signé, le 9 août 1830 : Urbain, demeurant 29, quai de Bourbon dans l’île Saint-Louis. Suivaient les signatures de : Florent, imprimeur ; Barbier ; Dutraire ; Neveu ; Acaulet. Le 9 février devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Renard, Pierre, faiseur de limes, demeurant 8, rue Cocatrix ; Babin, François, brocanteur, demeurant 8, rue Cocatrix ; Garnier, Claude, marchand de vin, demeurant 12, rue Cocatrix. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Coullié, Julien, Gabriel et savoir que le 29 juillet « ce jeune homme s’étant trouvé dans une affaire engagée sur la place de l’Hôtel de ville, il y avait été tué et transporté sous l’arcade du pont Notre-Dame sur le bord de la rivière, qu’ils s’y sont transportés et y ont reconnu son cadavre percé d’un coup de lance, que l’un d’eux y a porté le fond d’un lit de sangle, à l’aide duquel ils l’ont transporté à la morgue ». Le 25 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Berthelot, Julien, relieur, demeurant 27, rue Saint-Jacques ; Renard, Pierre, faiseur de limes, demeurant 8, rue Cocatrix. Ils firent rétablir les prénoms de la mère, mal enregistrés sur l’acte de décès (Marie-Louise au lieu de Guillemette, Olive). Boucher, menuisier, demeurant 16, rue Cocatrix, délivra le certificat suivant en faveur de son père, en date du 10 août 1830 : « Je, soussigné, certifie que le nommé Coullié travaille chez moi depuis longtemps, en qualité de compagnon menuisier, qu’il a eu le malheur de perdre son fils, le 28 juillet dernier à la place de Grève et qu’il rendait service à ses parents par le fruit de son travail, vu que son père est infirme de la vue, ce qui l’oblige très souvent d’arrêter de travailler. » Le père, Coullié, Pierre, Marie, lui aussi combattant, reçut la médaille de Juillet et fut pensionné de deux cents francs comme ascendant d’une victime de Juillet. Julien, Gabriel demeurait chez son père, 8, rue Cocatrix. Le nom de Crouillié (J.-G. Crouillié) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Croullié, Julien, Gabriel) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de Crouillié, Julien, Gabriel) liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 (sous le nom de Crouillié, J.-G.).