Crampon, Jean, Louis

Biographie


Né vers 1789 à Franvillers (Somme), fils de Crampon, François, voiturier, et de Caron, Marie, Françoise. Cabaretier à Pozières (Somme) en 1823, voiturier à Pozières en 1826, voiturier ou garçon de chantier de maçonnerie en 1830. Il était en train de construire des barricades, le 28 juillet entre 17 et 18 heures sur le boulevard Poissonnière, quand il eut la poitrine traversée par une balle ; transporté dans la maison du 20, rue Saint-Fiacre, il mourut quelques heures plus tard. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le certificat suivant établissait les circonstances de son décès : « Moi, Stoffel, âgé de quarante-cinq ans, concierge de la maison rue Saint-Fiacre n° 20, et du n° 9 sur le boulevard Poissonnière, déclare que le 28 juillet 1830 entre 5e 6 heures du soir, le nommé Jean-Louis Crampon, âgé de quarante et un ans, étant en devoir de faire des barricades sur ledit boulevard où il a eu le malheur d’être traversé d’une balle à la poitrine, où à l’instant même il a été porté à la susdite maison n° 20, rue Saint-Fiacre et il a reçu les soins les plus empressés par le sieur Jal, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant à ladite maison ; mais il est décédé trois heures et demie après la blessure reçue et il m’a déclaré ses nom et prénoms et sa demeure qui sont déclarés dans son acte de décès au (ancien) IIIe arrondissement ; le 29 juillet, jour suivant, il a été porté avec d’autres morts au cimetière Montmartre […]. » Signé, le 6 août 1830 : Stoffel, concierge, demeurant 20, rue Saint-Fiacre ; Zal, docteur en médecine, demeurant 20, rue Saint-Fiacre ; ..., directeur de la caisse syndicale des boulangers ; Lefaure, demeurant 9, bd Poissonnière ; Jaquinet, bottier ; Didier, confiseur, demeurant 9, bd Poissonnière ; Rouvairol, fabricant de parapluies, demeurant 9, bd Poissonnière ; Bach..., étudiant en droit, demeurant 20, rue Saint-Fiacre ; Lallemand-Dumoutier, employé ; Jacquel, commis miroitier ; Delagrave, rentier ; ..., caissier de la Compagnie des Quatre-Canaux, nt 20, rue Saint-Fiacre. Le 18 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Briault, Joseph, cordonnier, demeurant 13, passage Sainte-Marie ; Bertringer, Pierre, homme de peine, demeurant 58, passage Sainte-Marie ; Charpentier, Louis, Honoré, concierge, demeurant 9, rue Taranne. Ils attestèrent que Crampon, Jean, Louis « a été tué d’un coup de feu dans la poitrine en combattant le 28 juillet 1830 rue Saint-Fiacre ». Il laissait une veuve, Ducastel, Marie, Catherine, Geneviève, née un jour avant le 1er prairial an VI à Beaucourt (Somme) (bien Ducastel, Marie, Catherine, Geneviève, fille de Ducastel, Nicolas, propriétaire, et de Leclercq, Marianne dans l’acte de naissance), qu’il avait épousée le 12 janvier 1823 à Beaucourt ; sur l’acte de mariage, Crampon, Jean, Louis est indiqué comme manouvrier, son père décédé le 1er août 1820 à Franvillers, sa mère décédée le 20 octobre 1814 à Franvillers ; Ducastel, Geneviève (sic) est indiquée comme la fille de feu Ducastel, Nicolas et de Leclercq, Marie, Anne, ménagère, et comme étant couturière. Elle reçut un secours de cent francs, le 18 août 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (à l’adresse indiquée sur les registres de la mairie du 25, rue de Babylone), fut pensionnée de cinq cents francs, et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et deux enfants, Charles, Auguste, né le 24 octobre 1823 à Pozières (Somme), et Pierre, Jean-Louis, Hyacinthe, né le 2 novembre 1826 à Pozières, qui furent pensionnés et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et du côté paternel : de Crampon, Jean-Baptiste, meunier, subrogé-tuteur, demeurant à Franvillers en 1831 ; de Carton, Louis, Henri, garçon de recettes, demeurant 67, rue de la Verrerie en 1834 ; de Pinabel, Pierre, cocher, demeurant 27, rue de Cléry, en qualité d’ami ; de Senilon, Louis, Rémy, marchand grainetier, demeurant 7, rue de Verneuil en qualité d’ami ; et du côté maternel : de Lizard, Jean-Baptiste, frotteur, 94, rue Saint-Dominique en 1834, en qualité d’ami ; de Favre, Jean-Baptiste, commissionnaire, demeurant 30, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1834, en qualité d’ami. Charles, Auguste reçut trois cents francs de frais de trousseau en 1832 ; en 1833, il était élève, pour un prix annuel de six cent cinquante francs de pension, à l’école des arts et métiers de Charonne « parce la santé de l’enfant, qui avait nécessité jusqu’alors les soins de sa mère, s’est amélioré et permet qu’il reçoive dans l’établissement de Charonne l’éducation qui assurera son avenir ». Peu après, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet qu’il était d’un caractère léger et ajoutait : « Très peu de progrès, beaucoup de paresse. » En 1835, Charles, Auguste était élève dans la pension Rivail rue de Sèvres, en 1836, destiné à une profession industrielle, il était élève dans une école de Charonne. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Charles, Auguste et Pierre, Jean-Louis, Hyacinthe furent de ceux-là. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. En 1840, Charles, Auguste fut recommandé par la mairie du (ancien) Xe arrondissement pour être placé chez Labrouste, architecte, 13, rue de Tournon « homme aussi consciencieux que distingué », qui devait le recevoir gratuitement et le mettre à même de gagner sa vie aussi tôt que possible. Pierre reçut sept cents francs de frais de pension en 1834 et trois cents francs pour frais de trousseau en 1836 ; il était élève de la même pension Rivail en 1835, puis au collège Bourbon en 1844 et se destinait à faire l’école de Saint-Cyr. Pierre, Jean-Louis, Hyacinthe, aux termes de la décision de la Commission en date du 22 janvier 1834, dont la faible santé réclamait des soins, fut laissé aux soins de sa mère et fréquentait l’école de M. Laze ou Laye ou Lallier illisible, 7 ou 13, rue des Marais-Saint-Germain, maison d’éducation élémentaire afin de le préparer à des études plus complètes. Crampon, Jean, Louis demeurait à Franvillers en 1823 ; à Pozières en 1823-1826 ; à Saint-Ouen en 1830 ; sa veuve, 101 rue de Lille en 1831 ; 9, rue de Verneuil vers 1832 ; 7, rue de Verneuil en 1834 in Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels mais bien 9, rue de Verneuil en 1834 in Archives nationales F/15/2557-2559 ; 6, rue du Dragon en 1835. Le nom de Crampon (J.-L. Crampon) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 49 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 34 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des orphelins dont les bulletins individuels ont été remis le 16 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Secours à domicile de la Ville de Paris, bureau de bienfaisance du Xe arrondissement, 9, rue de Varennes, service des orphelins de Juillet, note pour servir à la rédaction des certificats de vie, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, Etat des titres de pension qui ont été envoyés à la mairie du [ancien] Xe arrondissement, comme appartenant à des orphelins de Juillet qui y ont été domiciliés, une feuille volante des sommes à payer, idem dossiers individuels, idem dossier individuel de Revêche, idem Etat de la remise opérée entre les mains de M. Pairou, secrétaire-trésorier du bureau de bienfaisance, des fonds, des titres de pension et de rente appartenant aux orphelins de Juillet sous la tutelle de la commission municipale du (ancien) Xe arrondissement, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement, état nominatif des orphelins et orphelines de Juillet du (ancien) Xe arrondissement existant au 1er janvier 1833 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Xe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831 ; Etat nominatif des orphelins de Juillet qui, ayant atteint leur septième année et cessé d’avoir droit au secours annuel de 250 francs liquidé en leur faveur, ont été rayés des registres du Trésor comme étant dans le cas d’obtenir jusqu’à l’âge de dix-huit ans, un autre secours de 700 francs en vertu de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, Xe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 Xe arrondissement ; année 1839 Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beguin ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Braun ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/56 Crampot in dossier Gamsie ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 bulletin de surveillance spéciale de Pierre, Jean-Louis, Hyacinthe et dossier (ancien) Xe arrondissement et lettre en date du 29 mai 1834 et aussi un état officiel des orphelins (ancien) Xe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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