Cras, Gaspard, François
Biographie
Né en janvier 1805 à Bapaume (Pas-de-Calais). Plombier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales créée après la Révolution de février. Il donnait, le 1er mai 1848, le récit suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant la Révolution de février et avant : « […] A participé avec le courage le plus héroïque à la prise d’une pièce de canon le 24 février dernier. Appartenant à la deuxième batterie, commandée par par le citoyen Roux, ex-commissaire du gouvernement à Mantes. Je fus commis à sa garde dans la barricade où je restais pendant trois jours, sans désemparer. Ces faits sont d’abord attestés par le citoyen Roux. J’ai pris nos noms et les remis au citoyen Berger, maire et membre de la convention (??). Ils sont également affirmés par le citoyen Désiré, qui remplissait alors les fonctions de sergent-major. C’est en raison de ces actes de patriotisme que le soussigné vient près de vous, citoyen préfet solliciter un emploi d’inspecteur aux halles et marchés de Paris. […] Ci-joint un certificat, qu’il n’a pas fait valoir en 1830, qui vous prouvera jusqu’à l’évidence combien il a mérité de la patrie. » Sa lettre était apostillée par Roux, qui certifiait que « le citoyen a été placé en surveillance près de la 2e batterie, barricade de la rue Bergère, faubourg Montmartre et qu’il est resté à son poste jusqu’à la reddition des canons » ; par Désiré « faisant partie de la barricade et remplissant les fonctions de sergent-major », demeurant 5 bis, rue de La Tour-d’Auvergne ; par Berger. Le certificat qui attestait sa participation aux combats de Juillet était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Frémont, chef de poste à la ville, certifions qu’il est à notre connaissance que pendant les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, le sieur Gaspard Cras a rempli ses devoirs en bon Français, qu’il a montré le plus grand dévouement pour le triomphe de la liberté, en combattant à la place de Grève, au Louvre, à la caserne Babylone, à l’Ecole militaire, au château de Saint-Cloud et ainsi qu’à Rambouillet, ayant été avec nous ; qu’en outre il a fait le service comme garde mobile ; attestons aussi qu’il a été légèrement atteint d’un coup de sabre au-dessus de la main droite. » Signé le 17 août 1830 : Frémont, chef de poste ; Millot, marchand de vins, demeurant 11, rue des Petites-Ecuries ; Gilquart, marbrier, demeurant 11, rue des Petites-Ecuries ; Madini illisible. Il fut proposé par cette Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié à Bulton, Louise en 1848. Il demeurait 7, rue de l’Empereur à Montmartre en 1848. Archives de la préfecture de police AA 381.