Cresson, Pierre, Charles
Biographie
Né le 9 ventôse an VI (mais le 7 ventôse an VI in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris. Garçon maquignon, chargé de faire trotter les chevaux pendant les ventes au Marché aux chevaux. Il fut blessé de plusieurs graves contusions à la poitrine, le 29 juillet au Louvre. La mairie reprenait ainsi les avis médicaux sur la nature de ses blessures : « Grande gêne dans la respiration, suite d’une pneumonie grave, déterminée par une chute faite en combattant ; cette chute avait en outre occasionné des contusions très graves. » Il reçut un secours de quatre-vingts francs en août et de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Entre nous soussignés Lemelle, Désiré, demeurant rue de la Vieille-Tannerie n° 4, et Touroute, André, Alexandre, rue Maubuée n° 20, attestons avoir apporté nous-mêmes le nommé Cresson, Pierre, Charles depuis le Louvre jusqu’à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois où il s’est trouvé un docteur qui l’a saigné. Il était sans connaissance par les blessures graves qu’il avait reçues à l’attaque du Louvre le 29 juillet. Le propriétaire et locataire de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois ont signé avec nous pour rendre hommage à la vérité. » Signé, le 2 février 1831 : Lemelle, Désiré, demeurant 4, rue de la Vieille-Tannerie ; Tourout, André, Alexandre, 20, rue Maubuée ; Callegary, chirurgien ; Leduc, demeurant dans le quartier de l’Hôtel de ville, qui attestait de plus avoir été présent quand Cresson était tombé et avait été foulé par la multitude ; Leblanc (voir ce nom), demeurant 21, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Jamain, armurier, demeurant 34, quai de la Mégisserie, qui précisait « J’atteste que le nommé Cresson est venu faire mettre un chien à son pistolet et a pris un sabre illisible qu’il m’a renvoyé le 30 juillet, étant cassé » ; fille Vautrin, demeurant 27, rue Saint-Germain-l’Auxerrois qui précisait « Je soussigne et atteste avoir vu le nommé Cresson qu’on lui a pansé ses blessures le 29 juillet en face de chez nous » ; ... illisible, demeurant 23, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, qui attestait avoir vu Cresson être saigné devant sa porte ; Pringault, demeurant 25, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, qui attestait avoir vu Cresson être pansé ; Bonnard, demeurant 30, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Lamel (voir Lamel, Jacques), demeurant 6, rue de la Sonnerie ; Launay, demeurant 4, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Guillemin, demeurant 4, rue du Petit-Crucifix. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que le sieur Pierre, Charles Cresson, âgé de trente-deux ans, demeurant à Paris, rue du Petit-Crucifix n° 4, a, le 29 juillet 1830, vers 1 heure de l’après-midi, été foulé aux pieds par les Parisiens lors de la prise du Louvre, que son corps a été couvert de contusions, et surtout la poitrine, d’où il est résulté une violente inflammation des poumons qui a mis sa vie en très grand danger. En ce moment, il est encore en convalescence, ne peut se livrer à ses travaux ; ses blessures et les suites nécessiteront entièrement cinq à six semaines d’incapacité de travail. » Signé, le 26 août 1830 : Berthelot (voir ce nom), demeurant dans le quartier des Lombards. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean, Emiliani Pelvey, commissaire-priseur au département de la Seine, demeurant à paris, boulevard Poissonnière n° 25, certifie à tous ceux qu’il appartiendra et comme étant de notoriété publique que le sieur Cresson, trotteur au marché aux chevaux, était bien portant et parfaitement en état de travailler avant les 27, 28 et 29 juillet dernier et que ce n’est que depuis cette époque et par suite des blessures graves qu’il a reçues à la prise du Louvre qu’il a cessé d’être apte au travail et de me prêter son ministère dans les ventes de chevaux que je fais régulièrement deux fois par semaine au marché aux chevaux. » Signé, le 6 février 1831 : Pelvey, Jean, Emilien, commissaire-priseur, demeurant 25, bd Poissonnière. Le quatrième certificat, ainsi rédigé, à peu près identique : « Je, soussigné, Jean, Emiliani Pelvey, commissaire-priseur au département de la Seine, demeurant à paris, boulevard Poissonnière n° 25, ordinairement chargé des ventes de chevaux qui se font aux enchères chaque semaine sur le marché aux chevaux, certifie à tous ceux qu’il appartiendra et comme étant de notoriété publique que le sieur Pierre, Charles Cresson, trotteur au marché aux chevaux, et ordinairement chargé par moi depuis plus d’un an de faire trotter les chevaux compris dans mes ventes, n’a pu me prêter son ministre et monter à cheval depuis les mémorables journées de juillet 1830, vu son état extrêmement souffrant causé par les contusions et blessures qu’il a reçues en se distinguant à la prise du Louvre. Je certifie de plus que je n’ai jamais eu qu’à me louer de lui et qu’il est digne des égards de la Commission des récompenses nationales. » Signé, le 13 janvier 1831 : Pelvey, Jean, Emilien, commissaire-priseur, demeurant 25, bd Poissonnière. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Cresson a été admis trotteur au marché aux chevaux et qu’il est porteur d’une médaille qui l’autorise à ce sujet ; mais que depuis les circonstances du mois de juillet ses blessures ont tellement nuit à sa santé que depuis il n’a que très peu exercé son service. » Signé, le 9 février 1831 : Diguet, inspecteur spécial du marché aux chevaux. Le commissaire de police du quartier Saint-Marcel, en légalisant la signature de Diguet, ajoutait l’apostille suivante : « Le commissaire de police du quartier Saint-Marcel se plaît à rendre justice de la bonne conduite du sieur Cresson. Aucune plainte n’ayant été portée contre lui jusqu’à ce jour. » Cresson était célibataire en juillet 1830. Il reçut un secours de vingt francs, le 4 septembre 1830, un secours de vingt francs, le 13 septembre, un secours de trente francs (sous le nom de Cresson, Pierre, Jacques), le 24 septembre, un secours de vingt francs, le 2 octobre, un secours de vingt-cinq francs, le 11 octobre 1830, un autre de la même somme le 20 octobre 1830, un secours de cinquante francs, le 5 novembre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 15 décembre 1830, et pourtant un secours de cinquante francs, le 31 janvier 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 12 août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint de contusions à la poitrine, lesquelles ont été suivies d’accidents inflammatoires au poumon du côté gauche, avec plusieurs récidives et altérations de la voix. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint de contusions qui ont entraîné une incapacité temporaire (deux ans) et qu’il doit être rangé dans la deuxième classe des blessés. » Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, une indemnité de six cents francs lui fut versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il demeurait 6, rue des Lavandiers en 1830 ; 4, rue du Petit-Crucifix (7, rue du Petit-Crucifix in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 du mois de décembre ; mais bien 4, rue du Petit-Crucifix au mois de janvier dans la même source et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste de diminution de capacité, quatre fois III, Enregistrement des bons délivrés etc. et VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales) en 1830-1831 ; 3, rue du Rempart en août et octobre 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 16 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 17 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 76 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste de diminution de capacité, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés indemnitaires deux ans), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales, idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe.