Croizat, Jean-Marie
Biographie
Né vers 1770 à Condrieux (Rhône). Ancien militaire, devenu rentier. Il était le père de Croizat, Aristide décoré de la Croix de Juillet, de Pierre, Louis, Gabriel et de Benoît, tous trois combattants de Juillet. Croizat père ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales mais déposa un dossier à la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir un grade pour chacun de ses deux derniers fils, qui n’étaient que simple soldat, et un emploi pour lui-même. Il joignait à sa demande le certificat suivant qui établissait les services qu’avaient rendus ses trois fils pendant les combats de Juillet : « Les soussignés, maire du (ancien) IXe arrondissement, chef de bataillon, major, officiers et sous-officiers de votre dévouée garde nationale (île Saint-Louis) de la IXe légion exposent respectueusement à Votre Majesté que les trois fils de M. Croizat (sic), négociant probe, tombé avec honneur des affaires, demeurant quai de Béthune n° 26, se sont distingués d’une manière remarquable par leur courage, en juillet dernier. Nous serions heureux si vous daigniez lui accorder un emploi, qu’il mérite sous tous les rapports. Ce besoin est d’autant plus urgent pour lui que nous certifions que de trois fils que M. Croizat avait, deux sont partis pour l’armée, sans attendre l’appel de la loi, et que le troisième, teneur de livres de la maison Chocat à Courbevoie, quoiqu’ayant un remplaçant à l’armée, porté pour la décoration spéciale pour sa belle conduite en juillet, l’unique et insuffisant appui d’un père, d’une mère et de trois jeunes sœurs, n’en attend pas moins le moment où, le sort de ses parents mieux assuré, il lui sera permis de se dévouer tout entier au service de l’excellent roi de notre choix et à la patrie. Mais son père, qui a mérité l’estime de tous ceux qui l’ont connu, ayant besoin d’un emploi quelconque, nous sollicitons de votre bonté, avec le plus grand respect, celui de receveur des droits de navigation, auquel l’habitude des affaires et un commerce de vingt-cinq ans fait avec honneur sur la Loire, la Saône et le Rhône le rendent très propre. » Signé, le 17 mars 1831 : Cronier, maire du (ancien) IXe arrondissement ; Riçois illisible, chef du 4e bataillon de la IXe légion ; Gaillard, major de la IXe légion ; Fruneau, capitaine de voltigeurs de la IXe légion ; Bouquero, capitaine de grenadiers de la IXe légion ; Jantier ou Jautier, sous-lieutenant de la IXe légion ; Bompierre (voir Bompierre, Sébastien, François ?), sous-lieutenant de grenadiers du 4e bataillon de la IXe légion ; Lanquetin, lieutenant de la IXe légion ; Charrier, sergent de la IXe légion ; Mars, sergent de grenadiers de la IXe légion ; Gouin illisible, sergent de grenadiers de la IXe légion. On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant, délivré le 14 janvier 1831, par Marchal (voir Marchal, Jean-Baptiste), demeurant 44, passage Choiseul : « Je, soussigné, ancien officier supérieur de cavalerie, ayant commandé et dirigé les braves ouvriers dans les journées des 28 et 29 juillet sur les divers points relatés dans ma notice, certifie que les sieurs Louis, Gabriel Croizat (sic) et son frère Benoît Croizat (sic) se sont bravement battus à nos côtés sur la place de l’Hôtel-de-Ville le 28 et à la porte Saint-Antoine. Ils m’ont parfaitement secondé, dans le but de prévenir tout pillage et que ces braves feront une bonne acquisition pour le corps où ils serviront. » Suivait l’indication suivante : « Benoît Croizat, soldat au 23e de ligne ; Pierre, Louis, Gabriel, soldat au 67e de ligne ; le premier, Benoît, s’est particulièrement distingué et ne mérite pas moins que son frère, Aristide, la décoration spéciale que la Commission lui a accordée. Les deux premiers sont partis sans attendre l’appel de la loi et Aristide a un remplaçant à l’armée. » Croizat père demeurait 26, quai de Béthune en 1831. Archives de la préfecture de police AA 381 (sous le nom de Croisat, Jean-Marie mais il signe bien Croizat).