Croizat, Jean-Pierre
Biographie
Né le 9 ventôse an III (2 février 1794) à Uckange (Moselle) (mais à Moûtiers en Savoie in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé), fils de Croizat, Benoist, charpentier, et de Matis, Marguerite, son épouse. Scieur de long ou serrurier. Il fut blessé d’un coup de mitraille reçue dans la jambe droite, alors que, armé, il commandait un peloton sur le pont des Arts. Marié et père d’un enfant, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du [ancien] VIIe arrondissement (mais pourtant son dossier est à en-tête du (ancien) Ve arrondissement in Archives nationales F/1dIII/51). Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, une indemnité de six cents francs lui fut versée sur deux ans (j’ai pourtant bien la 1re catégorie de la 2e classe in Archives nationales F/1dIII/82). Il reçut, à titre de blessé de la pourtant 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1838, sa blessure ayant résisté à tous les soins, il sollicita l’obtention d’une pension. Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. En 1840, la police donna comme renseignement sur son compte que c’était « un ouvrier laborieux, homme d’ordre et d’économie ». Il reçut un secours de quarante francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1842 et en 1843. En 1844, « aux approches de l’hiver, ne pouvant travailler, par le manque d’ouvrage et la souffrance de ses blessures, […] dénué de tout moyen d’existence, et en proie à la plus profonde misère », il sollicita un secours et obtint vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1845, de soixante-cinq francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847, de quarante francs en janvier 1848, à titre de blessé de Juillet. En 1849, les renseignements recueillis sur son compte étaient ainsi relatés : « […] Actuellement sans ouvrage, il se trouve dans la plus profonde misère et ne vit depuis quelque temps que d’aumônes. Il a été obligé de renvoyer dans son pays natal sa femme et son enfant à cause de son extrême gêne. Sa position est digne de la sollicitude de l’administration, le susnommé jouissant d’ailleurs d’une excellente réputation ». Il reçut cette année-là un secours de quatre-vingts francs. En 1850, « poursuivi de fréquentes maladies qui le privent d’exercer sa profession pour pourvoir et subvenir sa famille, […] venant de faire une chute qui lui a fracturé l’épaule gauche », il sollicita de nouveau des secours et obtint quarante ou cinquante francs en 1850, à titre de blessé de Juillet, puis cinquante en 1851. En 1852, la même administration relatait à son sujet ; « Il a été longtemps sans ouvrage mais il travaille actuellement et gagne environ trois francs par jour. Sa femme ne s’occupe que de son ménage ; cependant elle fait de temps à autre quelques journées. Ce ménage n’est pas à l’aise et vit avec économie pour ne pas contracter de dettes. La conduite morale et politique du sieur Croizat est bonne. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, en 1853, en 1854 et de quarante francs en 1855. Il mourut en 1855. Il demeurait 4, rue de Berry en 1830 ; 61, rue Lafayette (mais une fois sur deux à Notre-Dame-de-Liesse dans l’Aisne et l’autre fois bien 61, rue Lafayette in Archives nationales F/1dIII/36 ; 61, rue Lafayette in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831 ; 119, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1838 ; 6, rue Regrattier dans l’île Saint-Louis (un loyer annuel de cent vingt francs) en 1844-1855. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 56 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 77 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 12-13 état des blessés indemnitaires (sous le nom de Croizat, Pierre, Jean) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 2e classe 1re catégorie (sous le nom de Croizat, Jean, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Croizat, Pierre, Jean), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Croizat, Pierre, Jean).