Dalloz, Jean-Roland

Biographie


Né le 12 juillet 1788 (mais le 27 juillet 1788 in Archives nationales F/1dIII/86) à Moussières ou aux Moûtiers dans l’arrondissement de Saint-Claude (Jura). Ex-greffier ou employé aux assurances en 1835 sur les listes de la mairie. L’Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, par Frédéric Fayot, ancien professeur d’histoire dans plusieurs universités étrangères, tome 4e et 47e de la collection de l’histoire de France par Anquetil, donnait (selon Dalloz lui-même, à vérifier donc) le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « M. Dalloz, Jean-Rolland (sic), dont nous avons signalé la belle conduite dans un de nos précédents volumes, est né aux Moussières, arrondissement de Saint-Claude (Jura). Il avait été nommé en 1812 greffier de la justice de paix du canton des Bouchaux. On le destitua en 1815. Le grief qui lui fut reproché était d’avoir organisé et fait guerroyer une compagnie franche et d’avoir dirigé un service militaire actif aux avant-postes, lorsque les ennemis couvraient notre sol ; et l’on ose encore dire que ces vieux et stupides Bourbons aimaient le pays !!! Dalloz a été proscrit pendant plusieurs années à cause de ce fait et de ses opinions politiques. Si notre Empereur était resté, une croix de la Légion d’honneur eût bientôt couvert sa poitrine. C’est parce que la fortune se joue trop souvent des conduites généreuses et les bafoue pour ainsi dire que les nations qui ne restent indépendantes ou ne reprennent possession de leurs droits que par elles, doivent défendre le parti ou la mémoire des hommes qui les ont tenues. Le 28 juillet, M. Dalloz faisait partie de la compagnie qui était conduite par un national et brave officier de la vieille armée, M. Thiery, lequel a commandé pendant toute cette journée le feu depuis 1 heure de l’après-midi jusqu’à 8 heures du soir. M. Dalloz ne s’est retiré qu’à la fin du combat et après la retraite de la garde royale par le faubourg Saint-Denis. Le 29, il était au Palais-Royal et au Louvre ; il a marché sur Rambouillet et a été l’un des premiers citoyens inscrits sur les contrôles de la garde nationale mobile du (ancien) Ve arrondissement. Une récompense reconnaîtra enfin ce long dévouement à la France, cette belle conduite dans des circonstances diverses et difficiles. » Il fut membre de la Société des condamnés politiques, instituée après la révolution de Juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (par erreur sous le nom de Daloz, Jean-Roland sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 20 novembre 1830 et comme « ex-garde national mobile et soldat des trois journées », le certificat suivant en faveur de Langlard, Généreux : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Généreux Langlard a pris une part active dans les glorieuses journées de Juillet et qu’il a mérité par sa conduite patriotique l’admiration des bons citoyens qui ont été témoins de son courage. » Il signa un certificat de notoriété en faveur de Collet, Fortuné (éclaircir ce point certificat pour 1848 ou pour 1830 ?). Il était l’une des personnes que la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, signalait comme susceptible de donner des renseignements tendant à confirmer la participation de Raymond, Jean, Antoine aux combats de Juillet, précisant : « Renseignements à prendre chez MM. Dalloze-Descarré, rue Saint-Denis n° 244. » Il reçut (sous le nom de Dalloz, Jean-Roland), auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé, une gratification de douze francs en 1835, de cinq francs et trente centimes en 1837 à confirmer ou vérifier, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1835, suite à une demande de secours qu’il sollicita, le ministère de l’Intérieur demandait au préfet de police de recueillir des renseignements à son sujet (sous le nom de Dalloz). Dans sa séance du 7 août 1844, la Commission de répartition des secours décida l’ajournement de la demande qu’il avait faite, de renouvellement d’un secours à lui attribuer comme ancien condamné politique sous la Restauration. Dans sa séance du 7 mars 1845, elle décida l’attribution d’un secours de cent francs une fois payé. En 1848, il était marchand d’objets divers et participa, bien qu’âgé de soixante ans, à la révolution de Février ; il eut le, sans doute peu mince, plaisir d’être de ceux qui se saisirent du trône de Louis-Philippe et le portèrent sur la place de la Bastille, où il fut brûlé au pied de la colonne de Juillet. Le 12 juin 1848, il adressait à la nouvelle Commission des récompenses nationales le récit suivant de sa participation à la révolution de Février : « […] Citoyens membres, celui qui a perdu sa fortune pour défendre l’indépendance de son pays et qui compte trente-deux années de malheur pour la cause de la liberté a bien droit à quelques égards. Décoré de la croix spéciale de Juillet, et qui n’est point resté dans l’inaction aux journées de février, où il a contribué de toutes ses forces à chasser cette dynastie dont il avait tant à se plaindre. Il était au nombre de ceux qui ont enlevé le trône des Tuileries et qui l’ont conduit place de la Bastille, où il fut brûlé. » Il sollicitait un emploi et une « récompense pécuniaire dont il a le plus grand besoin, car il ne possède plus rien ». Il joignait à sa demande un certificat signé, le 6 août 1848, de Collet, Fortuné (voir ce nom), vice-président des décorés de Juillet, qui l’avait « constamment rencontré […] pendant la lutte », et de Leleu, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Dalloz, Jean, Roland, est un des patriotes éprouvés de longue date, dont la belle conduite en juillet est attestée par la croix de Juillet, qui lui a été décernée à cette époque. Depuis il a toujours été en opposition avec la monarchie qui s’était substituée à la volonté nationale et, en février 1848, il a été un des premiers à montrer la plus énergique résistance. Le 22, il animait les groupes et les excitait sur la place de la Révolution pour décontenancer la troupe. Le 23, il parcourait les quartiers qui se montraient les plus animés, notamment les rue Saint-Martin, Grenetat et Bourg-L’Abbé et le soir il était présent à l’affaire de l’hôtel des Affaires étrangères ; de là, il passa la nuit à organiser l’attaque pour le lendemain et, le 24, il se porta sur le château, où il entra sans coup férir avec les premiers citoyens ; il était un de ceux qui ont arraché le trône pour en faire justice plus tard sur la place de la Bastille. » La Commission des récompenses nationales le recommanda unanimement pour une place d’adjudant dans une propriété nationale et la récompense honorifique. Il avait, lui-même délivré le certificat suivant en faveur du même Collet, Fortuné : « Il est de notoriété publique que son républicanisme incontestable l’a toujours mêlé à toutes les luttes avec la royauté depuis plus de trente ans. Le 22 février 1848, il a commencé la résistance en mettant sa croix de Juillet, lacérant les affiches de la police et incitant les groupes à tenir contre la troupe sur la place de la Révolution. Le 23 dès le matin, rue Saint-Martin, Grenetat et Bourg-Labbé contre les municipaux qui défendaient les magasins de Lepage, à la place des Victoires où avec Leleu on a fraternisé avec la troupe malgré les efforts du général d’Houditot. Mais le soir, aussitôt après la trahison de l’hôtel des Capucines, le citoyen Collet a repris l’uniforme d’officier de la garde nationale dont il ne faisait plus partie depuis plus d’un an, a rallié des combattants épars, a fait construire des barricades et a marché sur le château ; à la hauteur de la rue Nationale, il a entendu des coups de fusil du côté de la place, il s’y est porté à la course et a pris part à la prise du corps de garde des municipaux. Cependant le Palais national était pris, les troupes avaient fait leur soumission et l’on entrait par toutes les portes dans le château des Tuileries. C’est en passant au milieu d’un régiment de cuirassiers et d’un bataillon de chasseurs que Collet et sa troupe sont entrés par la grande grille par laquelle la duchesse d’Orléans et les princes venaient de sortir. Quand il eut pénétré jusque dans le château, il revint sur ses pas et se joignit à l’escorte des citoyens désignés pour constituer le gouvernement provisoire, a assisté à tout ce grand drame de l’hôtel de ville, a été chargé de plusieurs missions et notamment de faire imprimer la première proclamation à l’ex-imprimerie royale à onze heures du soir et n’a enfin quitté l’hôtel de ville qu’à 4 heures du matin avec le citoyen Charles Thomas. Quand il y est revenu à 9 heures, n’ayant pas pris de laissez-passer, il n’a pu y pénétrer ce qui explique comment il n’a été revêtu d’aucun emploi. » En 1849, il était indiqué comme courtier d’assurances. Il reçut un secours de quarante francs sans doute en 1849, un secours de soixante francs en 1850 et en 1851, à titre de décoré de la croix de Juillet. Il est inscrit pour un secours de francs en octobre 1852, de la préfecture de police, en tant qu’ancien condamné politique. Il reçut un secours de soixante francs en 1852, comme décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 224, rue Saint-Denis (mais 244, rue Saint-Denis in Archives nationales F/1dIII/35 B et deux fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. aussi 244, rue Saint-Denis in Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Raymond, Jean, Antoine) en 1831 ; 19, rue du Faubourg-du-Temple en 1835 ; 29, rue Lemercier aux Batignolles vers 1840 in Archives de Paris VD 6 356 n° 6 ; 9, rue de la Borde-Saint-Honoré (ou 9, rue de la Ronde-Saint-Honoré) en 1848 et depuis plusieurs années ; 9, rue Saint-Paul en 1849-1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Liste des décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés pour participer à la répartition des quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement suivant mandat de pareille somme reçu le 28 juillet 1835, Liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au sixième arrondissement par un mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement par mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Dalloz) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Collet, Fortuné ; Archives nationales F/1dIII/86 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Condamnés politiques sous la Restauration, Commission de répartition des secours, séance du 7 août 1844, pièce 315 ; Archives de la préfecture de police AA 366, séance du 7 mars 1845 ; Archives de la préfecture de police AA 366, séance du 7 mars 1845, séance du 28 décembre 1846 ; Archives de la préfecture de police AA 368, Rapport au ministre de la Police générale, en date du 4 octobre 1852, minute 224 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79 (sous le nom de Daloz, Jean, Roland), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Daloz, Jean, Roland), idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Daloz, Jean, Roland), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Dalloz, Jean, Roland) ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Langlard, Généreux ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Raymond, Jean, Antoine.

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