Danse, Charles, Olivier

Biographie


(selon son acte de naissance in Archives de Paris VK3 43) le 27 février 1807 à Metz (Moselle), de Danse, François, Olivier, né à Beauvais, pharmacien, et de Regnaud, Marie, Madeleine, son épouse, née à Hesse Cassel, (par erreur le 1er janvier 1767 à Beauvais dans lOise mais le 27 mars 1807 à Metz, Moselle in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives de Paris VK3 25 et surtout in Archives de Paris VK3 43, où le brevet de sa croix est encore déposé, mais le 27 février 1807 dans son extrait dacte de naissance) ; son père était entré au service en 1793 et avait fait les campagnes d’Allemagne, d’Espagne et de Russie, où il était resté prisonnier depuis la capitulation de Dresde jusqu’au traité de Paris, mis à la demi-solde en 1814, puis en retraite en 1815 comme pharmacien major ; rentré dans la classe civile, le père tenait chez lui « toutes les réunions préparatoires pour les élections libérales du [ancien)] XIe arrondissement » [au 52 bis, rue de Vaugirard] et pouvait invoquer le témoignage du lieutenant-colonel Chartry-Lafosse quant à ses sentiments patriotiques. Ex-pharmacien. Il était le frère de Danse, Marie, Gabriel, Léopold, qui fut tué dans les combats. Lui-même fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe et d’une contusion à la tête. Il fut soigné par le docteur Lenormand. Danse rapportait ainsi leur participation aux combats de Juillet, dans une lettre où il sollicitait une nomination de sous-lieutenant dans un régiment de cavalerie : « […] Les premiers cris des Parisiens en juillet dernier appelèrent mon frère et moi sous les armes. Revêtu de son habit de garde national, il chercha à se rendre utile à la cause commune pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Il se porta sur divers points. Il fut tué d’un coup de feu sur la barricade de la rue de la Chaussée-d’Antin, aux débouchés des rues de Provence et de Saint-Nicolas. Plusieurs amis qui se trouvaient près de lui le virent tomber sans se plaindre. Pendant cet événement affreux pour ma famille, j’étais moi-même sous les armes dans les quartiers de la rue de Rohan et du Louvre, cherchant par toutes mes forces et mon habitude au maniement des armes à repousser nos ennemis. Blessé moi-même au bas de la jambe, par une balle et ayant reçu à la tête une contusion assez forte, je ne suis rentré que le 29 à 7 heures du soir. Tout en rendant à mon malheureux frère tous les regrets qu’il laisse à tous ceux qui l’ont connu, je n’ai pas moins attaché quelques soins à la guérison de mes blessures et, dès les premiers projets de l’organisation de la garde nationale à cheval, je me suis présenté et j’en fait partie. Mais, sentant que ma force et mes sentiments peuvent être plus utilement employés, j’ai l’honneur de vous demander, général, une sous-lieutenance dans un des régiments qui s’organisent en but de récompense nationale et je vous avoue, général, que je me verrai placé avec plaisir dans un régiment de cavalerie, ayant une grande habitude de l’exercice du cheval […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je soussigné, Ratier, Marie, François, Simon, Gustave, avocat à Paris, certifie, pour rendre hommage à la vérité, que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, Charles, Olivier, Danse s’est constamment montré partout où l’honneur a appelé les vrais amis de la liberté légale. Les faits particuliers qui sont à ma connaissance personnelle attestent son dévouement à la bonne cause et celui de sa famille. Dans la journée du 28, réuni à plusieurs gardes nationaux, au nombre desquels était alors son frère, Marie, Gabriel, Léopold Danse, il a parcouru les différents quartiers de Paris, se portant dans les lieux où la présence de bons citoyens pouvait être utile à la cause publique. Dans la journée du 29, il combattait dans les quartiers du Palais-Royal et des Tuileries. Cependant qu’il risquait sa vie pour son pays, son frère, plus malheureux puisqu’il n’a pas joui de notre triomphe, fut atteint d’un coup de feu à mes côtés sur les barricades de la rue du Mont-Blanc. Je dois ajouter encore que quelques heures après que j’eus rapporté chez son père le corps de notre malheureux ami, encore sous le coup, je vis entrer Charles Danse, pouvant à peine marcher. Il avait été atteint d’une balle à la jambe. » Signé, le 10 septembre 1830 : Ratier, demeurant 3, place des Victoires. Le deuxième était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Charles, Olivier, Danse est sorti en armes dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. » Signé : Darfeuille, Isidore, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Briard illisible, 62, rue de la Chaussée-d’Antin ; Monniot ou Bonniot, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Dardon, marchand épicier, demeurant 62, rue de la Chaussée-d’Antin ; Mignand illisible, sous-lieutenant de la compagnie, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Faivre, demeurant 49, rue de la Chaussée-d’Antin ; Berniard, H., demeurant 7, rue Chauchat, qui ajoutait : « J’atteste que Charles Danse était déjà parti de chez lui, tout armé, quand avec d’autres amis nous étions allés le prendre pour aller ensemble contre nos ennemis. » ; Bretel, demeurant 47, rue de la Chaussée-d’Antin ; Thuruinge, F. demeurant 47, rue de la Chaussée-d’Antin. Le troisième ainsi rédigé : « Je certifie que M. Charles, Olivier Danse a bravement combattu pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Je signalerai entre autres la journée du 27 (lire 29 ?), dans laquelle son courage vraiment héroïque lui a attiré sur le champ de bataille rue de Rohan le commandement de notre compagnie, faible de munitions mais redoutable par son courage et son dévouement. » Signé le 10 septembre 1830 : Guyardin, A., (voir Guyardin, Achille) grenadier de la garde national, demeurant 6, rue de Lancry. Danse fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Dans sa séance du 11 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, laissait cette recommandation à son sujet : « M. Bixio (voir Bixio, Giacomo, Alexandro) demande que l’on rectifie l’âge et les qualités de M. Danse ; on aurait porté le père en place et lieu du fils. » Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur ; il permuta avec un officier d’infanterie. Il délivra, le 12 décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Longuet, Auguste, Constantin : « Je, soussigné, Charles, Olivier Danse, sous-lieutenant désigné par la Commission des récompenses nationales pour prix de ma coopération active aux journées de Juillet, demeurant rue du Mont-Blanc, n° 47, déclare vrais et authentiques les faits suivants : Le 29 juillet, j’étais avec un grand nombre de citoyens armés en station sur la place de la Bourse, lorsque nous fûmes convenus de nous transporter du côté de la rue de Richelieu, où la fusillade se faisait entendre. Nous marchions vers ce point, en descendant la rue Vivienne. Je reconnus alors M. Constantin Longuet, dont je suis l’ancien ami et que je n’avais pas vu depuis longtemps. Je lui témoignai la satisfaction que j’éprouvais à nous voir réunis dans une telle circonstance. Il était armé d’un long poignard de marine, sa vue ne lui permettant pas d’arme propre à atteindre un ennemi de loin. Il me demanda si mon frère était des nôtres, je lui répondis qu’il s’était dirigé sur un autre point. Je ne m’attendais pas hélas à le trouver mort en rentrant chez mon frère. Au bas de la rue de Richelieu, le désordre, le nombre des citoyens et la fusillade qui venait de la rue Saint-Honoré firent que nous nous perdîmes de vue. Je n’eus occasion de revoir M. Longuet que deux jours après. Il vient s’affliger avec ma famille sur la perte que nous avons faite le 29 juillet dans la personne de mon frère aîné, tué sur une barricade. Je répondrai dans toute circonstance du patriotisme et de l’honneur de M. Longuet. Je connais beaucoup la famille à laquelle il s’est allié. Un tel choix est encore une preuve de ses opinions libérales. J’ai délivré avec un grand plaisir le présent certificat pour servir à un bon citoyen, si l’occasion s’en présente. » Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Danse, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Sous-lieutenant démissionnaire sur les listes de la mairie, il prêta son serment de décoré de Juillet, le 3 août 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 3 août 1831. Il était indiqué sur le registre de la mairie comme sous-lieutenant démissionnaire. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Pendant la Révolution de Février, il était membre du club des clubs comme membre du club des Prévoyants. Il demeurait 47, rue de la Chaussée-d’Antin en 1830-1831 (47, rue du Mont-Blanc in Archives nationales F/1dIII/39 mais cest la même rue…). Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 272 (sous le nom de Dause) ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment, idem état nominatif des citoyens qui n’ont pas retiré de la mairie les croix et les brevets de la décoration de Juillet ; Archives de Paris VK3 29, séance du 11 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Longuet, Auguste, Constantin ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, le 30 juillet 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales et enfin lettre en date du 20 avril 1831, adressée au ministre de l’Intérieur par l’Ecole royale de cavalerie de Saumur ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, état nominatif des sous-lieutenants présentés par la Commission des récompenses nationales, promus à ce grade le 19 décembre 1830, actuellement à l’Ecole de Saumur, réclamant la première mise qui leur a été accordée par l’arrêté du 2 janvier 1831 (sous le nom de Dance) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Comité révolutionnaire, Club des clubs et la Commission, chez Garnier, Paris, 1850, pp. 47, 49, 57, 87, 95, 124 ; Les Clubs et les Clubistes, Histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848, Alphonse Lucas, Dentu, Paris, 1851, p. 56.

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