Danse, Marie, Gabriel, Léopold

Biographie


Né vers 1804 à Bruges (Belgique) ; son père était entré au service en 1793 et avait fait les campagnes d’Allemagne, d’Espagne et de Russie, où il était resté prisonnier depuis la capitulation de Dresde jusqu’au traité de Paris, mis à la demi-solde en 1814, puis en retraite en 1815 comme pharmacien major ; rentré dans la classe civile, le père tenait chez lui « toutes les réunions préparatoires pour les élections libérales du [ancien)] XIe arrondissement » [au 52 bis, rue de Vaugirard] et pouvait invoquer le témoignage du lieutenant-colonel Chartry-Lafosse quant à ses sentiments patriotiques. Directeur de la Compagnie générale de dessèchement (ou plutôt cest son père qui était directeur ?), lui était employé. Il fut tué le 29 juillet vers 14 heures, d’une balle en pleine poitrine, au moment où il franchissait une barricade établie dans la rue du Mont-Blanc à la hauteur de la rue de Provence. Il était revêtu de son uniforme de garde national et armé de son fusil de munition. Il était le frère aîné de Danse, Charles, Olivier (voir ce nom), qui fut blessé dans les combats. Le Constitutionnel du 18 août 1830 rapporta à leur sujet : « Nous obtenons de plus en plus la preuve que dans toutes les classes les mêmes efforts de courage se sont fait remarquer : les deux fils de M. Danse, l’un des gérants de la Compagnie générale de dessèchement, se sont portés partout dans les trois jours ; l’aîné, plein du plus bel avenir et doué des plus précieuses qualités, trouva glorieusement la mort sur une des barricades le 29 ; l’autre, atteint de deux blessures, demeura à son poste jusqu’à la fin de cette sublime défense. Que de regrets déchirants, qui ne peuvent être adoucis que par la grandeur de la cause à défendre ! » Son frère, Charles, Olivier, rapportait ainsi la mort de Marie, Gabriel, Léopold : « […] Les premiers cris des Parisiens en juillet dernier appelèrent mon frère et moi sous les armes. Revêtu de son habit de garde national, il chercha à se rendre utile à la cause commune pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Il se porta sur divers points. Il fut tué d’un coup de feu sur la barricade de la rue de la Chaussée-d’Antin, aux débouchés des rues de Provence et de Saint-Nicolas. Plusieurs amis qui se trouvaient près de lui le virent tomber sans se plaindre. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le certificat suivant permettait d’établir les conditions de son décès : « Nous, soussignés […] déclarons pour rendre hommage à la vérité que M. Marie, Gabriel, Léopold Danse, âgé de vingt-six ans, l’un des directeurs de la Compagnie générale de dessèchement, a été tué le 29 juillet 1830 à 2 heures après-midi au moment où il franchissait une barricade établie dans la rue du Mont-Blanc à la hauteur de la rue de Provence ; que dans ce moment il était revêtu de son uniforme de l’ancienne garde nationale et armé de son fusil de munitions et qu’il a été atteint d’une balle à côté du sein droit et qu’il est mort sur le coup. » Signé, le 31 octobre 1831 : Ménil, Antoine, Clément, demeurant 6, rue Saint-Nicolas à la Chaussée-d’Antin ; Muriot, Jean-Marie, demeurant 37, rue du Mont-Blanc ; Durfeuille, Isidore, demeurant 45, rue du Mont-Blanc ; Guyardin, Achille (voir ce nom), demeurant 52, rue Basse-du-Rempart. On trouve dans le dossier de son frère le certificat suivant le concernant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Marie, Gabriel, Léopold Danse, a été tué d’un coup de feu dans la journée du 29 juillet, étant sous les armes et revêtu de l’uniforme de la garde nationale et qu’il s’était joint aux combattants dans les deux journées précédentes. » Signé : Durfeuille, Isidore, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Briard illisible, 62, rue de la Chaussée-d’Antin ; Monniot ou Bonniot, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Dardon, marchand épicier, demeurant 62, rue de la Chaussée-d’Antin ; Mignand illisible, sous-lieutenant de la compagnie, demeurant 45, rue de la Chaussée-d’Antin ; Faivre, demeurant 49, rue de la Chaussée-d’Antin ; Berniard, H., demeurant 7, rue Chauchat ; Bretel, demeurant 47, rue de la Chaussée-d’Antin. Danse, Marie, Gabriel, Léopold demeurait 47, rue de la Chaussée-d’Antin (mais 45, rue de la Chaussée-dAntin in Archives de Paris DM13 1). Le père de Danse fut proposé pour une pension mais la refusa. Le nom de Danse (M.-G.-L. Danse) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives de Paris DM13 1, préfecture du département de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Longuet, Auguste, Constantin ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Danse, Charles, Olivier ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, état de six demandes formées uniquement pour obtenir l’inscription au Panthéon du nom d’un égal nombre de victimes de Juillet et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (liste supplémentaire) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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