Darbourg, François

Biographie


Né en 1778 à Recoult (Ardennes). Ouvrier serrurier-mécanicien, ou encore éperonnier, chez Bertier, fondeur mécanicien 36, Grande-Rue de Reuilly. Il fut frappé, le 29 juillet pendant la prise du Louvre, d’une balle qui lui fracassa l’épaule droite, lui brisa la colonne vertébrale et ressortit par l’épaule gauche. Transporté d’abord chez le docteur Briquet (voir Briquet, Pierre) puis à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, il y mourut vers 16 heures. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 7 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Darbourg, Martin, bijoutier, demeurant 64, rue de Ménilmontant ; Fiévé, Jean, éperonnier, demeurant 95, rue du Faubourg-du-Temple ; Paignant, Nicolas, ouvrier en fer, demeurant 95, rue du Faubourg-du-Temple. Ils attestèrent que Darbourg, François « a été tué le 29 juillet 1830 à la prise du Louvre ». « Je, soussigné, docteur médecin, professeur agrégé près la faculté de Paris, demeurant rue Baillet, n° 5, certifie avoir reçu chez moi le 29 juillet dernier le nommé Darbour, François (sic), âgé de cinquante-deux ans, lequel venait d’être frappé d’une balle qui, après avoir fracassé l’épaule droite et brisé la colonne vertébrale, était sortie au-dessous de l’épaule gauche. Certifie de plus que cet homme est mort vers 4 heures de l’après-midi, peu d’instants après avoir été transporté de chez moi dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. » Signé, le 17 août 1830 : Briquet (voir Briquet, Pierre), demeurant 5, rue Baillet. Il était concubin depuis cinq ans avec Leclerc, Elisabeth, née le 1er novembre 1779 à Lavernay (Doubs), fille de Leclerc, Claude, François et de Tenez, sa femme, veuve de Vieille. Elle reçut un secours de vingt francs le 5 août 1830, un secours de dix francs le 24 août 1830, un secours de cinquante francs le 2 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 9 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 27 octobre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 5 janvier 1831, un secours de vingt-cinq francs le 4 février 1831, un secours de vingt-cinq francs le 4 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Elle présenta deux bons certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, propriétaire d’une maison située à Paris, grande rue de Reuilly n° 59, certifie que le nommé François Darbourg demeure chez moi depuis dix-huit mois, qu’il vivait maritalement depuis cinq ans avec la nommée Elisabeth Leclerc en bonne intelligence. » Signé, le 4 août 1830 : Jacquot, propriétaire. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Bertier, fondeur-mécanicien grande rue de Reuilly n° 36, certifie que le nommé Darbourg, François, l’un de mes ouvriers, âgé de cinquante-trois ans et que comme le prouve le certificat du docteur Briquet, et mort par suite d’une blessure qu’il a reçue, vivait maritalement avec la nommée Elisabeth Leclerc et ce depuis cinq ans et en bonne intelligence. » Signé, le 4 août 1830 : Bertier. Puis la police obtint les plus mauvais renseignements sur elle et elle se vit refuser la demande de pension qu’elle avait formulée : « La femme Leclerc a quitté depuis cinq mois le logement qu’elle occupait grande Rue de Reuilly, n° 59 ; et comme elle a déménagé sans payer et clandestinement elle s’est bien gardée d’indiquer sa nouvelle demeure, aussi ignore-t-on ce qu’elle est devenue. On cite avec indignation un trait de sa conduite qui n’est, en effet, pas à son éloge […] : à peine les cendres refroidies de son ami, le sieur Darbourg, sans répandre de larmes ni manifester des regrets feints ou réels, de suite et presque immédiatement le décès connu du sieur Darbourg, elle a fait choix d’un nouveau compagnon. C’est lui qui a fait son déménagement clandestin, et ils ont été ailleurs jouir du fruit de leurs rapines. Cette femme était culottière ; on dit qu’elle jouissait d’une certaine aisance. Elle était extrêmement intéressée, c’était le trait caractéristique de son naturel et le mobile de toutes ses actions. Aussi, dès le décès du sieur Darbourg, l’a-t-on vue courir ci et là, chez le commissaire du quartier, à la mairie, ne rêvant qu’intérêt, en un mot ne négligeant aucune des formalités et démarches que la mort de son ami nécessitait, afin que cette perte même lui fût encore profitable. Elle a réussi, en partie, car on dit que déjà elle a reçu diverses sommes du gouvernement. On n’a pas à se plaindre de sa moralité. Son âge la met à l’abri de graves soupçons mais on fait peu de cas d’elle et surtout de l’avidité qu’elle a mise à tirer parti de la mort de son ancien ami, depuis longtemps oublié. Ils vivaient ensemble depuis trois ans et demi. » Darbour n’avait pas d’enfant. Il était l’oncle de Darbourg, François. Il demeurait 59, Grande-Rue de Reuilly ; sa veuve, même adresse en 1831. Le nom de Darbour (F. Darbour) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées, et morts de Juillet, inscrits au Panthéon sans avoir donné lieu à liquider de pension ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Darbour, François) ; Archives nationales F 9 1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de Darbour, François), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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